Le complexe d’Oedipe : L’enfant amoureux de son parents

Le complexe d’Oedipe : L’enfant amoureux de son parents

« Moi quand je serai grande j’épouserai Papa » !!! Votre petit ange s’accroche au cou de son papa, grand –mère sourit avec douceur en évoquant Œdipe et vous vous sentez bien seule et désarmée face à cet enfant qui depuis peu vous lance un regard noir. Le complexe d’Œdipe parlons en !

Le Mythe d’Œdipe théorisé par Sigmund Freud

Dans la mythologie grecque, Œdipe connaît un destin tragique : Abandonné par ses parents à la naissance car l’Oracle leur avait prédit leur sort funeste ;  c’est devenu adulte qu’il tue son père Laïos lors d’un voyage et qu’il épouse sans le savoir sa mère Jocaste. Il se crèvera les yeux lorsqu’il découvrira la vérité.

Ce mythe, théorisé par Freud, se définit, comme le désir inconscient d’entretenir un rapport sexuel avec le parent de sexe opposé et d’éliminer le parent rival.

Selon lui, tous les enfants vont traverser cette période, durant laquelle ils éprouvent un sentiment d’amour violent envers leur parent de sexe opposé.

Les petits garçons sont donc amoureux de leur mère et considèrent leur père comme un rival, de même, les petites filles, amoureuses de leur père, considèrent leur mère comme rivale. Bien que l’on puisse parfois en douter, ils aiment cependant toujours leurs parents ! Cette étape du développement de l’enfant se situe aux alentours de trois à six ans. Précisons que ces phénomènes relèvent de l’inconscient de l’enfant.

En pratique

Cette phase du développement psychique va permettre à l’enfant :

  • D’intégrer les interdits parentaux et sociaux (meurtre et inceste)
  • De sortir de la relation fusionnelle d’avec sa mère
  • D’accéder à la différenciation sexuelle.

La résolution du complexe d’Œdipe aboutira au renoncement de l’enfant à prendre la place de son parent de sexe opposé. Vers 6 ans il commence à comprendre l’importance des règles et des interdits et accorde plus d’importance à ses amitiés.

Le rôle des parents

Il est très important. Inutile de fuir l’enfant ou à l’inverse d’entrer dans son jeu. On remet l’enfant «  à sa place » avec douceur et affection. « Moi aussi je t’aime comme mon enfant, pas comme mon mari, mon amoureux c’est ton Papa et un papa ou une maman ne peut pas se marier avec son enfant, c’est interdit ».

Rassurez votre enfant sur votre amour et la fierté que vous avez de le voir grandir. Douceur et fermeté ! N’hésitez pas à encourager les activités père-fils et mère-fille pour développer une relation positive avec chacun.

Education bienveillante et théorie de l’attachement

A noter, aujourd’hui, tous les apports connus de l’éducation bienveillante tendent à modérer la théorie de Freud imposant de canaliser les pulsions de l’enfant avec des limites strictes et rigides.  Isabelle Filliozat précise notamment que « l’humain n’est pas animé de pulsions à réprimer mais est un être social et que l’attachement est un besoin primaire ». La parentalité positive met l’accent sur le fait que «  les comportements jugés inadéquats ne  sont ni des caprices ni des provocations, mais des symptômes de besoins non satisfait notamment d’attachement et de liberté ». La théorie de l’attachement a été formalisée par le psychiatre et psychanalyste John Bowlby qui précise que le comportement infantile associé à l’attachement correspond à la recherche de proximité avec une figure d’attachement lors de situations de stress.