L’hygiène naturelle infantile : une solution pour les pleurs du bébé à ne pas négliger

L’hygiène naturelle infantile : une solution pour les pleurs du bébé à ne pas négliger

L’hygiène naturelle infantile ou HNI est une méthode de communication qui s’établit entre la mère (ou le père) et son bébé au sujet de ses besoins d’élimination. L’enfant, dès sa naissance, manifeste de façon plus ou moins perceptible son envie d’uriner ou de déféquer. Si la maman y est sensible et à l’écoute, elle peut agir pour aider son petit en proposant un récipient pour recueillir la production du petit. Et au fil du temps, cette communication se renforce pour l’épanouissement de tous. Cette pratique fonctionne depuis la nuit des temps en Asie notamment. C’est véritablement un must dans l’arsenal du maternage proximal par le respect que l’on témoigne alors à son enfant.

Le bébé ne porte pas de couches ou en tout cas moins qu’un bébé qui grandit de façon « conventionnelle ».

Les avantages collatéraux sont énormes, d’un point de vue financier et écologique bien sûr, mais aussi sur le développement psychique (l’impact de se savoir compris) et physique (meilleure musculature de la région de la vessie) du bébé. Si ce besoin d’être aidé pour se soulager (besoin qui n’est pas vital) n’est pas pris en compte, le petit renoncera à se faire entendre. Et ce renoncement se fera après plusieurs tentatives pour se faire comprendre : en hurlant, le plus souvent. Ce que l’on appelle « coliques du nourrisson » semble être tout simplement un appel du bébé pour l’aider à éliminer. S’agissant spécifiquement de la réaction du nouveau-né pour être entendu, il est intéressant de noter qu’Ingrid Bauer, (auteur de sans couches, c’est la liberté aux éditions l’Instant Présent) prévient qu’un bébé à qui on ne répond pas à un de ses besoins, renoncera alors, après des efforts désespérés à l’exprimer. Mais ce renoncement se fera au détriment de futures compétences sociales.

Pourtant l’hygiène naturelle infantile reste une pratique confidentielle. Beaucoup de parents y sont réticents même s’ils sont séduits par les valeurs que cette façon d’être véhicule. Et ce, essentiellement pour trois raisons :

  1. L’absence de « mode d’emploi ».
  2. L’idée, pourtant erronée, de l’importance de l’investissement en temps.
  3. La vision peu engageante de voir sa maison transformée en pissotière.

Toutes ces réticences sont bien compréhensibles, mais battues en brèche dès lors que l’on est confronté aux cris inconsolables et ingérables du bébé. Parce que ces cris, qui ont lieu souvent le soir jusqu’à tard dans la nuit, qui sont épuisants nerveusement et physiquement, et qui durent pendant les 3 premiers mois de l’enfant, n’ont pas de solutions satisfaisantes pour les faire cesser. Alors que l’HNI donne des résultats bluffants pour ce problème. Problème provoqué simplement par ignorance de la gestion des besoins d’élimination du petit.

Quand ce genre de crise arrive, la première pseudo-solution conseillée aux parents désemparés est de considérer que le petit évacue du stress, qu’il en a besoin. Qu’il s’agirait d’un besoin physiologique.

En conséquence, laisser pleurer en étant présent, ou même en se tenant à l’écart, s’imposerait. Le bébé évacuerait un stress de la journée, de la naissance ou de la grossesse, ou encore le malaise provoqué par le déclin du jour. Effectivement, le corps humain régule par les larmes le trop plein d’hormones du stress, tel que le cortisol.

Aletha Solter et Catherine Gueguen, dans leurs livres respectifs, (« Pleurs et colère des enfants et des bébés » aux éditions Jouvence et « Pour une enfance heureuse » aux éditions j’ai lu) expliquent ce mécanisme et l’importance de ne pas distraire l’enfant pour qu’il cesse de pleurer, mais au contraire de rester présent et d’accompagner cette tempête émotionnelle.

 

C’est un passage indispensable pour le bon développement de l’enfant et qui se présente régulièrement pendant toute l’enfance. Mais, les hurlements dont il est question ici génèrent encore plus de stress, et ne rentrent pas dans le cadre de l’évacuation d’émotions. À environ trois mois, les pleurs cessent car le bébé finit par renoncer à se faire comprendre. Sachant cela, trouver inhumain de laisser un bébé pleurer seul est parfaitement sain.

Variante proposée pour soit-disant soulager le petit : la tétine. Mais, outre que c’est une façon de faire taire l’enfant, avec encore une fois, pour rançon le renoncement par le bébé de manifester un besoin, la tétine présente l’inconvénient majeur de provoquer une hyper salivation qui modifie les sécrétions stomacales et intestinales et à force génère une constipation plus ou moins chronique.

Reste la promenade, mais encore une fois le bébé distrait et parfois sidéré tait sa souffrance.

En résumé, ces méthodes sont des canards boiteux qui, dans le meilleur des cas, camouflent le problème sans le résoudre.

À savoir, si l’accouchement a été difficile ou a nécessité une césarienne, une séance d’ostéopathie peut, apporter un soulagement, d’un autre ordre, au bébé et contribuer à son bien-être.

Face à ces hurlements et si on accepte de considérer qu’il s’agit de gérer un problème d’élimination, la question qui se pose pour mettre en place l’hygiène naturelle infantile est de savoir comment s’y prendre, puisqu’il n’y a pas de procédure à suivre mais un concept à appréhender. Pour les réfractaires, ou simplement les hésitants par manque d’informations, on peut proposer, ici, une trame, limitée dans le temps et qui présente, entre autres avantages, de se sentir actif et d’avoir une corde en plus à son arc !

Le maître mot pour la sérénité de cette expérience est de se dire qu’on ne se lance pas sans filet de sécurité. En effet, des morceaux d’alèses de 50 cm sur 50 cm remplacent les couches !

La façon d’opérer est une sorte de feuille de route à utiliser à son gré. Et ce, dès le retour de la maternité, jusqu’aux trois mois de l’enfant ou au-delà, tant qu’il ne se déplace pas tout seul. Le strict minimum, en somme, qui a pour but de neutraliser d’éventuels hurlements.

Le bébé est allongé sans couche, à portée de vue, éventuellement sur une peau d’agneau pour le confort. Cette peau est facultative mais elle un apporte un plus au calme et régule la température. Pour information, les peaux d’agneaux de la ferme Albrech, dans les Vosges, sont les seules à être garanties sans présence de métaux lourds et autres toxiques. Par ailleurs, les peaux dites mimosa sont impérativement à proscrire à cause de leur tannage. Un enfant ne doit jamais dormir sur une peau de mouton mimosa.

Sur la peau d’agneau (ou directement sur le matelas) on met un carré d’alèse d’environ 50 cm de côté. Ces morceaux d’alèses peuvent être confectionnés à partir de celles, biologiques, de Vertbaudet ou celles toutes faites de chez écopitchoun, spécialiste de l’HNI, qui vend aussi du tissu au mètre pour en confectionner soi-même. Mais n’importe quelle alèse imperméable fait l’affaire ! Et quand on prend bébé dans ses bras, on garde une alèse sous ou un lange sous ses fesses.

Tout autour du bébé, on cale un coussin d’allaitement dont le remplissage est en balles d’épeautre. Les coussins d’allaitement en microbilles de polystyrène sont à fuir, car ils provoquent une transpiration excessive de la tête du petit.

On peut ajouter une petite couverture sur le bas du corps et on change l’alèse dès qu’elle est mouillée. C’est tout, et c’est le début de l’HNI ! À essayer n’importe quand dans la journée. L’idéal étant d’observer si l’on repère des signaux ! Car rapidement, on s’aperçoit que le bébé manifeste par des gestes ou des petits grognements son besoin d’élimination.

Une fois repérés ces petits signaux, il suffit de l’installer sur le pot, allongé ou en position dite de la grenouille, dans les bras du parent, qui tient le pot coincé entre les jambes ! Regarder des photos de bébés tenus ainsi sur le pot est très utile pour comprendre la posture adéquate. Et on accompagne le pipi avec le son « psssss » pour établir une communication qui se renforcera si l’on continue. Mais se contenter de changer l’alèse suffit, puisqu’il semble que le bébé se sente pris en charge de ce point de vu là et donc ne cherche pas à hurler sa détresse.

Alors, bien sûr, il y a des ratés sans conséquences grâce à la présence de l’alèse. Des ajustements, améliorations, et approfondissements sont à prévoir si l’on veut persévérer. Encore une fois, on reste ici dans la perspective d’éviter des hurlements le jour, le soir ou même la nuit !

D’ailleurs, Ingrid Bauer remarque que c’est plus facile de pratiquer l’HNI la nuit du fait d’une plus grande disponibilité de la mère, à condition de pratiquer le cododo. La nuit l’enfant gigote, s’agite pour manifester un besoin, que ce soit de faim ou de faire pipi, d’ailleurs. Mais ne se réveille jamais en criant.

Pour conclure, l’investissement en temps est minime. Et à l’aune de la torture infligée par ces cris, le jeu en vaut la chandelle. Si l’on veut continuer, la lecture de l’ouvrage d’Ingrid Bauer « sans couches, c’est la liberté » est important pour en comprendre la démarche.

Rachel Le Barz

 

Crédit photo : Nathalie Coster pour Maman Vogue