Le stress de la maternelle : une exception française

Le stress de la maternelle : une exception française

Mon enfant a deux ans, faut-il l’inscrire à la maternelle ? Il est si petit… A défaut d’école, si je lui enseignais dès à présent ?

Il a trois ans, vite, ne prenons pas de retard, on nous répète tellement que les apprentissages précoces sont fondamentaux… L’école maternelle est tellement ancrée dans la culture française, ce n’est certainement pas sans raison…

Certains enfants adorent la maternelle. Certains l’apprécient, mais ont déjà mal au ventre… quand d’autres ne s’y retrouvent pas…

Et si ? Et si déjà l’enfant subissait notre stress… Et si déjà nos attentes le dépassaient, parfois l’écrasaient… On nous donne des exemples formidables d’enfants qui ont su lire à 5 ans ou même parfois 3 ou 4 ans! Et si notre enfant allait être en retard ?

Aujourd’hui, je vous propose un billet pour réfléchir à cette question.

 L’école maternelle, une exception française

Dans de nombreux pays, les enfants grandissent sans école, dans des jardins d’enfants.

  • Au Danemark, pas de programme, autonomie et estime de soi sont encouragées.
  • Au Canada, maternelle possible seulement à partir de 5 ans.
  • En Italie, aucune programmation, expérimentation, invention et créativité sont à l’honneur.
  • En Finlande, instruction obligatoire uniquement à partir de 7 ans. Ceci dit, depuis 2001, tous les enfants doivent avoir réaliser une année de pré-primaire. Beaucoup de jeux et quelques apprentissages pour ceux qui vont à l’école maternelle. Pas de programme et d’exigences particulières. Aux évaluations internationales PISA, les résultats sont excellents.

De nombreux pays créent toutefois des systèmes proches de la maternelle française.

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La maternelle française

Le programme de la maternelle est à retrouver sur Eduscol, ici.
Si le jeu y est encouragé, on y parle « évaluation »… alors même que l’instruction n’est pas obligatoire !

« L’évaluation constitue un outil de régulation dans l’activité professionnelle des enseignants […]. Elle repose sur une observation attentive et une interprétation de ce que chaque enfant dit ou fait. Chaque enseignant s’attache à mettre en valeur, au-delà du résultat obtenu, le cheminement de l’enfant et les progrès qu’il fait par rapport à lui-même. Il permet à chacun d’identifier ses réussites, d’en garder des traces, de percevoir leur évolution. »

Avant tout, l’école maternelle est présentée comme un lieu d’apprentissage pour la socialisation.

A l’école maternelle, on apprend également à devenir élève : « L’école maternelle initie ainsi la construction progressive d’une posture d’élève. »

L’école maternelle est donc une véritable école, la formation des enseignants pour accompagner les enfants en atteste. En effet, que l’enseignant soit enseignant en maternelle ou en primaire, sa formation est identique. Lors de cette formation, on nous répète l’importance de la maternelle pour construire les apprentissages et développer de premiers apprentissages scolaires.

La maternelle, indispensable ?

Aujourd’hui, il semble que la course à l’excellence démarre de plus en plus tôt. Ainsi, la fascination pour les lecteurs précoces grandit toujours plus. Alors, parfois, on insiste un peu (je ne parle pas ici des enfants qui sont en demande)… Mais un enfant qui sait reconnaître des mots sait-il toujours lire ? Lire, ce n’est pas seulement identifier des mots, lire, c’est comprendre.

Or, comme pour tout apprentissage hâté, le risque est d’avoir manqué une étape, étape manquée qui pourrait avoir des conséquences sur l’orthographe ou les lectures plus complexes.

Et puis, est-il si important de se hâter ?

M. est allée à l’école jusqu’au CE2, elle a connu trois années de maternelle, une année « matinées » et deux années complètes. Les évaluations précoces lui faisaient perdre pied. Les attentes l’étouffaient.  Alors qu’elle avait certaines connaissances à la maison, elle a « oublié » celles-ci une fois scolarisée. L’instruction en famille, la prise en compte de son rythme lui ont permis de retrouver ces connaissances.

L. est peu allée à l’école avant le CP. Elle a appris à lire et à compter à la maison, à sa demande, en butinant ici et là. Sans programme, sans attente, sans évaluation. Cette année, à 16 ans, en étant dyspraxique, elle a décroché le bac avec mention bien.

Et si, sans ou avec maternelle, nous donnions aux enfants le temps d’être enfant ? Le temps d’apprendre sans exigences adultes?

Isa LISE

Blogueuse, Autrice de guides pédagogiques, Conceptrice de Kits pédagogiques et Maman de deux filles extraordinaires

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