Quand l’accouchement se passe mal, le stress post-traumatique

Quand l’accouchement se passe mal, le stress post-traumatique

Le stress post-traumatique est un trouble anxieux qui se développe généralement après une situation très traumatisante comme un accident, la mort violente d’un proche, une attaque terroriste… Mais ce stress peut aussi se développer suite à un accouchement difficile : c’est ce qu’on appelle le syndrome de stress post-traumatique.
Dans certaines situations, l’origine apparaît claire, comme dans le cas d’une intervention en urgence, voire en cas de catastrophe ou de mort du bébé, mais ce sont quelquefois des circonstances plus banales qui génèrent chez la maman un sentiment de peur intense, d’impuissance, de mort imminente réactivant dans certains cas des situations vécues antérieurement.

L’accouchement est souvent imaginé, rêvé par les mamans qui se préparent à rencontrer (enfin) leur bébé. Certaines mamans écrivent même des plans de naissance, décident d’un accouchement sans péridurale, naturel, dans l’eau ou encore dans une position très étudiée.
Et puis les choses ne se passent pas comme prévu : bébé tarde à venir au monde ou au contraire arrive bien trop à l’avance, vous êtes déclenchée, vous ne gérez pas la douleur, vous avez les effets secondaires de la péridurale, vous paniquez, on utilise les forceps ou l’on vous parle de césarienne en urgence, bébé ne respire pas à la naissance… nombreuses sont les situations où l’angoisse prend le dessus. Vous avez peur pour vous et pour votre bébé.

Quelques heures, quelques jours et quelques mois plus tard, la déception, l’incompréhension et la tristesse prennent le dessus. « Cela ne devait pas se passer comme cela ». Vous ne gardez pour certaines aucun souvenir, une sorte de déni. Pour d’autres, bien des émotions vous submergent quand vous repensez à votre accouchement, vous avez le coeur serré, qui bat la chamade, et les larmes qui montent très vite.

Quand l’accouchement se passe mal : les facteurs de risque

L’accouchement constitue souvent la première hospitalisation vécue par la femme et les conditions ne sont pas toujours favorables à un accouchement serein.

Pour la majeure partie des femmes qui gardent un stress post traumatique suite à l’accouchement, on note :

  • un état d’anxiété important
  • une grossesse difficile
  • une dépression antérieure
  • plus de difficulté à traverser une épreuve (fausse-couche, bébé prématuré, perte d’un enfant)
  • histoire de traumatisme sexuel
  • accouchement antérieur traumatisant
  • le caractère non prévu de certaines interventions (césarienne, déclenchement, forceps ou ‘routine’ à caractère invasif ou non souhaitée)
  • la mobilité restreinte ou les contraintes physiques
  • la douleur : une expérience pire que prévue
  • des émotions difficiles : avoir eu peur, pour son bébé ou pour soi ; sentiment de perte de contrôle et d’impuissance ; sentiment d’humiliation ; état de choc, détresse émotionnelle …

Les impacts du stress post traumatique de l’accouchement

Les mamans sont déçues, en colère, culpabilisent… Les humeurs sont très changeantes.
Surtout lorsque c’est un premier enfant, la mère a peur de s’attacher à cet enfant. Elle préfère déléguer les tâches et ne pas trop s’en occuper. Elles se sentent de mauvaises mères et trouvent ce début de maternité très difficile. Souvent elles préfèrent rester seules, dans leur bulle. Sans mari, sans enfant. Elles veulent se retrouver et sont perdues en pensant à l’avenir.

Une des conséquences liées à ce stress post traumatique de l’accouchement est la dépression post partum, qui peut durer quelques semaines voire quelques mois.

Le traumatisme vécu par les femmes peut entraîner des difficultés dans la relation conjugale, notamment des difficultés de communication et sur le plan physique.

Il est très important que la maman parle. Qu’elle parle à son mari, à sa maman, à ses amies, à son bébé, à une psychologue… Il ne faut pas que le traumatisme s’installe au fond d’elle-même. Ce stress post-traumatique se guérit avec du temps, de l’aide extérieure, une nouvelle naissance par exemple. Gardez espoir !
Il y a des thérapies très courtes et ciblées qui existent spécialement pour traiter le stress post-traumatique en quelques séances comme l’EMDR et l’ICV. Autant travailler dessus le plus tôt possible pour construire la relation avec bébé sur des bases solides. Un travail thérapeutique peut être fait d’une manière efficace et rapide.

© Crédits photos Annaclick

 

Laure de Fazende

Journaliste spécialisée dans les joies et les petits tracas de la grossesse. Laure répond à vos interrogations, vous soutient, se réjouit avec vous de ce grand bonheur qu’est l’arrivée d’un bébé.

Jeune maman d'un petit bonhomme de 4 mois

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