Elles témoignent de leur accouchement dans l’eau !

Elles témoignent de leur accouchement dans l’eau !

Depuis son apparition dans les années 80, l’ accouchement dans l’eau suscite envie ou interrogation. Dans une volonté de se réapproprier leur corps et d’accompagner leur bébé de la manière la plus naturelle possible, nombreuses sont les femmes souhaitant une approche physiologique de la naissance.

En parallèle, les parents peuvent être amenés, dans leur réflexion autour d’un projet de naissance, à prendre conscience des bénéfices de l’eau lors de l’accouchement.

Pour répondre à leurs attentes, des structures (maisons de naissance, unités de naissance dédiées au sein de maternités, salles nature…) s’efforcent de mettre à leur disposition un environnement porteur : lieu soigné, présence encourageante, matériel adapté pour le travail et l’accouchement, incluant des piscines, grandes baignoires ou douches spacieuses pour faciliter le travail et/ou l’accouchement.
Car en effet, le moment propice pour entrer dans l’eau est déterminant. Dans l’ouvrage de référence  “J’accouche bientôt : que faire de la douleur”, Maïtie Trelaün indique que l’eau peut être une alliée soit :

  • en début de travail pour laisser s’installer un effet relaxant, en ayant par exemple recours à l’immersion dans un bain pendant au moins 1/2h (mais pas plus de 2h)
  • ou bien une fois que le travail est bien lancé (les études se basent sur une dilatation de 5 cm au minimum), l’eau peut permettre d’atténuer la sensation douloureuse des contractions et de l’expulsion.

Mais comment se déroule un accouchement dans l’eau et que ressent-on ? Parole aux mamans !

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“Un cocon douillet et rassurant”

Yaël habite en Belgique : « Avant que je sois enceinte de notre 3e enfant, une amie m’a raconté son accouchement dans l’eau physiologique , des étoiles plein les yeux… cela m’a fait rêver !

Notre aîné avait dû être déclenché et les douleurs des contractions m’avaient tellement traumatisée que j’ai demandé la péridurale pour mon deuxième accouchement alors que j’étais déjà à 7 cm de dilatation et que tout allait vraiment bien.

Pour cette 3e grossesse, je me sentais prête et je désirais vivre cette aventure d’une naissance moins médicalisée, plus naturelle. J’ai donc décidé d’être suivie par une équipe de sage-femmes libérales à Bruxelles. Elles ont pris le temps, à chaque rendez-vous, de me demander comment je me sentais, si j’avais des appréhensions. Et plus le jour J arrivait, plus je me sentais en paix. Après avoir été préparée en auto-hypnose, c’est dans la baignoire de la salle nature de la clinique que notre petit Basile est né.

Je n’avais pas particulièrement prévu d’accoucher dans l’eau. On m’en avait parlé mais l’idée d’être complètement nue à ce moment là me rebutait un peu. Pourtant, le jour venu, lorsque la sage-femme me l’a proposé, j’ai été très enthousiaste et j’ai eu raison : dans l’eau chaude j’étais tellement bien !

De plus, le bain me contenait, créant comme un cocon douillet et rassurant. Mon mari était avec moi et me massait le bas du dos à chaque contraction. J’étais dans ma bulle, faisant complètement abstraction de ce qui était à l’extérieur de la baignoire. C’était en réalité beaucoup plus intime. Cela m’a aidée à me concentrer sur la naissance de notre enfant davantage que sur la douleur, à accompagner son passage et sa venue au monde, de toutes mes forces, de toute ma personne.

Cette naissance fut si belle et magique que je rêve déjà d’accoucher à nouveau ! »

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“Je me suis sentie enveloppée dans une chaleur bienfaisante”

Juliette, sage-femme, a accouché près de Barcelone : “J’ai accouché dans une maison de naissance privée qui s’apelle Migjorn. La grossesse était physiologique et j’étais confiante sur le fait que je voulais accoucher tranquille, sans que personne ne me donne d’ordre, ou ne me touche sans ma permission. C’est pourquoi j’ai choisi cet endroit, tenu par des sages-femmes bienveillantes, qui, je le savais, me laisseraient accoucher sans interférer dans notre expérience.

Bien consciente que l’eau est un moyen magique pour soulager les tensions musculaires, j’avais dans l’idée d’utiliser leur baignoire d’accouchement au cours du travail. Je savais que j’accoucherais où je me sentirai le mieux, sans penser du tout à accoucher finalement dans l’eau.

Après une semaine de signes avant-coureurs, le travail en soi a duré 8 heures, avec un passage succinct dans la baignoire à mi-parcours ; lorsque les contractions sont devenues plus intenses et que je n’arrivais plus à trouver une position confortable, la sage-femme m’a de nouveau proposé la baignoire. Ce fut merveilleux. Je me suis sentie enveloppée dans une chaleur bienfaisante, jusqu’à ce que les contractions reprennent. Petit à petit, j’ai ressenti les contractions plus intenses et après avoir dit « là ça fait mal, je n’y arriverai pas », j’ai senti un déblocage et une envie impérieuse de pousser à chaque contraction. J’ai senti le visage de ma fille progresser et, grâce à sa poche des eaux et à l’eau chaude qui m’entourait, mon périnée a été protégé, avant de sortir de l’eau pour la délivrance du placenta.

Ce fut un très bel accouchement et je suis persuadée que sans l’eau chaude j’aurais eu plus de mal à me détendre et me laisser aller (condition primordiale pour accoucher).

Futures mamans : faites vous confiance ! Votre corps sait accoucher. Chantez, riez, criez, et surtout enveloppez-vous de tout l’amour possible. Car l’ocytocine est une hormone timide et nous devons prendre soin de lui laisser sa place. Et faites confiance à votre bébé ! »

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“Le regard de mon bébé m’a aidée à reprendre mon souffle”

« Je m’appelle Zoé, j’ai accouché de mon 1er enfant à la maison de naissance de st jean du Languedoc à Toulouse, le 16 novembre dernier.

Depuis toujours je rêvais d’un accouchement dans l’eau, je voulais que mon bébé profite du seul élément qu’il ait toujours connu encore quelques instants, sans changement de température, sans bruit inconnu … Le papa, surfer par ailleurs, a de suite aimé cette idée !

Mais c’est une fois enceinte que j’ai su que la péridurale était incompatible avec un accouchement dans l’eau et qu’il fallait trouver un lieu non conventionnel qui accepte ce type d’accouchement.

Pour cette première grossesse, j’ai fait beaucoup de recherches pour me préparer au mieux, autant pour mon bien être que celui de mon bébé. Je me suis entourée des bonnes personnes en changeant si nécessaire.

J’ai fait notamment du yoga spécial femme enceinte, avec un travail de respiration dans des bains à bulles.

3 jours avant le terme j’ai rencontré une acupunctrice. Quelques heures après ce rendez-vous  le travail a débuté. J’ai pris un bain, puis j’ai fait du ballon, j’ai dansé, chanté … Lorsque les contractions sont devenues plus douloureuses, j’ai effectué des exercices d’haptonomie et de respiration avec le papa. Une fois les contractions trop douloureuses nous sommes partis à la maison de naissance.

Après avoir pris une douche, la sage-femme me propose le bain.  J’hésite car j’ai peur d’y aller trop tôt, finalement j’accepte. Il faut 10 minutes pour que la baignoire se remplisse, j’ai hâte d’y être, d’être en apesanteur et d’avoir les contractions atténuées par la chaleur de l’eau.

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Grosse erreur, il suffit que je touche le fond de la baignoire pour me relever aussitôt tant cela déclenche des contractions beaucoup plus fortes. Je commence à douter de moi, les contractions sont si douloureuses et puissantes. J’oublie tous les exercices d’haptonomie et de respiration. J’ai l’impression de ne plus rien maîtriser et de n’être que douleur. Je m’appuie le front contre la parois de la baignoire pour me refermer sur moi même et ne plus ressentir cette souffrance. Je change de position, je tente de retrouver mon souffle et trouver un visage rassurant tout en me passant le jet dans le bas du dos où le papa tente de me masser.

La sage-femme me dit de me positionner autrement mais je ne l’entends pas, les contractions s’enchaînent tellement vite que j’ai l’impression de ne pas avoir le temps de reprendre mon souffle. La sage femme nous dit qu’elle revient dans 5 minutes le temps d’aller chercher le matériel pour accueillir bébé. Je commence alors à crier d’une voie rauque et à vouloir pousser. La sage-femme revient en courant et je crie qu’il n’y a plus d’eau dans la baignoire (il y a eu une mauvaise manipulation) tout en ayant envie de pousser, j’ai peur que bébé arrive alors qu’il n’y a plus assez d’eau . Elle veut m’ausculter mais c’est trop pour moi. Je veux pousser, je m’installe, je cale mes pieds sur le rebord de la baignoire,  mes mains sont agrippées à des barres d’appuis pendant que l’eau remonte. Je pousse, je pousse encore et encore. Bébé descend puis remonte tandis que mon moral, lui, ne remonte pas, je me dis “je vais mourir”, c’est la première fois que je vis une telle épreuve. Tout va si vite et si doucement à la fois. Je suis perdue, j’écoute mon corps mais je suis à bout de force. J’ai besoin d’aide. « Allez bébé, sors, allez vas-y. Il faut m’aider ». Je n’arrive plus à respirer correctement, la sage-femme me guide et je sens les mains de mon compagnon dans mon dos. Je pousse de toute les forces mais rien ne se passe, je perds pied. J’ai une drôle de sensation en bas, elle me dit que c’est la poche des eaux. Elle me fait toucher les cheveux de bébé. Je tente de me remobiliser mais j’ai l’impression que ça ne passera pas. J’ai l’impression que je pousse depuis une éternité. Je ne sais plus quoi faire. Je pousse encore de toutes mes forces de tout mon corps de toute mon énergie et je sens quelque chose sur moi. J’ouvre les yeux tout en continuant de pousser. Je ne suis que souffle, tension, énergie jusqu’à ce que deux yeux me regardent fixement et je comprends que mon bébé est sur moi.

Ma fille me regarde, l’air de me dire que ça y est, elle est là, tout va bien. Elle est si belle…

Je me souviens du regard de mon bébé qui m’a aidée à reprendre mon souffle et, 5 mois après, j’en ai toujours les larmes aux yeux.

J’ai oublié la souffrance de l’accouchement mais pas cette puissance de vie qui est dégagée  par le corps.

C’est l’épreuve d’une vie que je suis fière d’avoir accomplie. Je tenais à accoucher dans l’eau et j’ai pu le faire.

Mais ce qui est le plus intense pour moi c’est l’accouchement physiologique et non juste le fait d’accoucher dans l’eau, mais j’ai pu le vivre grâce à mon envie de faire naître bébé dans l’eau. Dans une structure médicalisée et sans la possibilité d’accoucher dans l’eau j’aurais peut être craqué et demandé la péridurale.
Des conseils ?

  • Se documenter pour vivre un accouchement physiologique
  • S’entourer de professionnels compétents et à l’écoute et de personnes bienveillantes, que ce soit pendant la grossesse ou l’accouchement
  • Se faire confiance car malgré tout nous sommes « seules » dans cette aventure, malgré les mains bienveillantes posées sur nous et notre bébé prêt à s’ouvrir à la vie. »

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“ Être portée et bercée par l’eau est fantastique ! »

Aurélie, 32 ans, 3 enfants, habite en Suisse. « Ma propre cousine est sage-femme et c’est avec elle et mon mari que j’ai donné naissance à mes 3 enfants dans l’eau. Je pense que j’ai eu de la chance d’être si bien accompagnée.

Pour mon premier enfant, j’avais vraiment une forte envie au fond de moi d’un accouchement voie basse sans péridurale ! Et l’idée de pouvoir envisager un accouchement dans l’eau me plaisait bien ! Mais je n’ai pas fait de préparation spécialement pour ça. J’y suis plutôt allée au feeling, en me disant que je verrais bien comment ça se passera le jour J.

Mon aînée née en 2011. Le jour J, Vers 11h je ressens les premières contractions mais encore espacées et légères. On décide de partir à la mat. Je mange, j’attends que ma chambre soit prête, et je commence à contracter plus régulièrement, toutes les 3-4 Minutes. Tandis que ça devient de plus en plus désagréable mais supportable, ma cousine me prépare le bain. Quel soulagement ensuite d’être dans l’eau et de pouvoir se laisser porter. Les contractions se rapprochent et s’intensifient. J’ai les yeux fermés depuis que je suis entrée dans la baignoire…Je dors entre les contractions grâce à l’endorphine naturelle. J’ai de plus en plus mal  mais je suis toujours dans l’eau et cela me convient. Puis me vient l’envie de pousser, je dois encore laisser descendre bébé avant de pousser… au moment de pousser je ressens un énorme soulagement. Il aura fallu quelques poussées et bébé était dans mes bras ! Wouaw ! Giulia est née… Je reste dans l’eau, elle cherche tout de suite le sein et tète pour la première fois, entre temps a lieu la délivrance. Puis je sors de l’eau.

Lors de la naissance de ma 2ème, je bénéficie de la salle nature qui n’existait pas encore pour ma première. Je prends un peu d’huile de ricin pour aider a lancer le travail. Je n’ai pas attendu trop longtemps avant d’aller dans la baignoire, j’y suis tellement mieux ! Je gère au mieux les contractions, je me détends et laisse descendre bébé pendant les contractions. Je teste plusieurs positions mais celle qui me convient le mieux c’est assise/allongée en laissant flotter mon bassin, que je balance de droite à gauche pendant les contractions. A chaque contraction je respire fort et détends le plus possible mon bassin pour laisser descendre mon bébé, ça m’aide beaucoup d’imaginer la descente du bébé. La douce voix de ma cousine m’aide beaucoup. Je suis comme dans une sorte d’état hypnotique. Je blague entre les contractions mais plus le travail avance plus je me mets dans ma bulle. Je me dis que ça sera peut-être long alors j’essaie vraiment de me détendre au maximum.

Vers 16h, le contrôle indique que le travail avance bien. Mais juste après me vient de nouveau cette forte envie de pousser. Mon corps dirige seul et pousse sans que je sois capable de retenir quoi que ce soit ! Ma cousine me dit alors de pousser. Je demande si c’est pour bientôt et elle me dit que mon bébé est en train d’arriver. Je tends les bras et saisis mon bébé ! C’est allé si vite, je n’en reviens pas, je suis heureuse mais presque choquée. Et nous découvrons notre deuxième petite fille, Ellyn ! Après la délivrance,  je sors assez rapidement de l’eau. Une fois sur le lit, je prends ma fille dans les bras pour sa première tétée.

Enfin, notre garçon est également né au terme d’un accouchement dans l’eau similaire : merci la vie pour ce magnifique cadeau !

J’ai eu la chance de vivre 3 magnifiques accouchements… Être portée et bercée par l’eau est fantastique !
L’eau ne convient pas forcément à tout le monde, mais dans mon cas je trouvais les contractions désagréables en dehors du bain. Une fois dans le bain j’ai toujours été vite soulagée : le fait de se laisser aller et pouvoir bouger sans effort est vraiment agréable.
Ce que j’ai envie de transmettre aux futures mamans, c’est de croire en elles. Je n’ai pas fait beaucoup de préparation, mais dans ma tête je savais que j’étais capable ! Tout en gardant à l’esprit qu’on ne sait jamais ce qu’il peut se passer, j’étais aussi ouverte à l’échec !

Écoutez votre corps, LUI il sait ! »

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“Sortir son petit bébé de l’eau et le blottir contre soi, quel bonheur !”

Adèle, 32 ans, a accouché à Nanterre en décembre 2015 de son second enfant.

« J’ai fait une préparation en piscine pour mes deux accouchements, mais ce n’est pas une préparation d’ accouchement dans l’eau . J’ai fait aussi quelques séances de préparation avec une sage-femme (plutôt orientée sophrologie).
J’ai effectué une partie du travail à la maison, sur le ballon et dans un bain dans ma baignoire avant de partir à la maternité vers minuit. Le monitoring était très inconfortable pour moi, je n’avais qu’une hâte, rejoindre la salle nature avec sa grande baignoire.

Je suis entrée très rapidement dans l’eau, mon conjoint était derrière moi. L’eau chaude me rassurait et calmait les contractions.
Au bout de deux heures, les contractions sont devenues très régulières, la sage femme est repassée nous voir et nous a demandé de refaire un monitoring. Je ne souhaitais pas du tout sortir de l’eau et je sentais que bébé était proche. J’ai perdu les eaux, j’ai dit à mon mari « il arrive ! » mon mari a sonné, la sage femme est revenue, elle a juste pu constater que bébé arrivait.

J’ai pris une longue inspiration j’ai attrapé mon mari et j’ai soufflé sur la contraction. J’ai senti mon bébé qui glissait, j’ai vu sa petite tête de côté, sa petite oreille, je l’ai attrapé et l’ai sorti. Je l’ai pris contre moi. Le bonheur...
La poussée a été beaucoup plus facile que pour mon aîné. Je n’ai pas senti le « cercle de feu » et cette sensation d’être écartelée. Mon bébé a glissé presque tout seul, sur une contraction, comme un petit poisson. C’était vraiment une naissance très douce, très calme, merveilleuse.

Il était tout propre en sortant de l’eau. Un moment magique…

Je recommande à toutes les mamans d’accoucher dans l’eau si elles en ont l’occasion (il y a malheureusement très peu de maternités qui sont équipées pour cela et qui acceptent  d’accompagner ce type d’accouchement). Cela adoucit vraiment beaucoup les contractions et surtout l’expulsion. En revanche il faut bien penser à remettre de l’eau chaude régulièrement (confier ce rôle au papa !) pour que bébé n’ait pas froid lors de la naissance.

Par ailleurs, la sage femme a un rôle assez limité on a vraiment l’impression de donner naissance seule à son bébé c’est vraiment puissant.

Sortir son petit bébé de l’eau et le blottir contre soi, c’est un bonheur immense. Vraiment merveilleux ! »

La vague de l’accouchement dans l’eau vous atteindra-t-elle vous aussi…?

 

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