Aller voir un ostéopathe pendant sa grossesse : Les réponses d’un professionnel

Aller voir un ostéopathe pendant sa grossesse : Les réponses d’un professionnel

Nous sommes nombreuses à subir des maux de grossesse et parmi d’autres moyens, un ostéopathe peut venir les soulager efficacement. Comment, pourquoi ?

Antoine Douard, du centre médical Terra (974), ostéopathe spécialisé dans la prise en charge de la femme enceinte et du nourrisson, répond à plusieurs de nos interrogations :

Pourquoi et comment vous êtes-vous formé dans cette spécialisation de la femme enceinte et du nourrisson ?
J’ai toujours voulu évoluer dans le domaine de la santé, d’ailleurs la majorité de ma famille est dans le corps médical. Ma mère est kinésithérapeute, mon frère, mon oncle et cousin sont également dans ce domaine (étiopathes). Je me suis formé dans la thérapie manuelle au sens large. C’est l’évolution de l’ostéopathie, plus intégrée qu’auparavant dans le parcours médical qui a motivé ce choix. Cette spécialisation de la femme enceinte et du nourrisson me permet d’avoir un lien privilégié avec l’enfant et je m’amuse beaucoup de voir les parents s’approprier certaines techniques.

Comment l’ostéopathie peut-elle agir efficacement sur les maux de grossesse récurrents ? 
L’ostéopathie a effectivement une efficacité sur certaines affections récurrentes de la femme enceinte comme par exemple :
-Les douleurs du dos et les douleurs lombaires :  par des techniques dites « lentes » (ex: fasciathérapie, tissulaires, TGO : traitement général ostéopathique), on va venir mobiliser des parties du corps dont la fonction est atteinte. Ces troubles articulaires pouvant entraîner maux de tête, sciatalgies, douleurs costales, canal carpien… La mobilisation de ces structures articulaires améliore le quotidien de la femme enceinte.

-Il y a également de bons résultats sur la sphère digestive pour les maux comme la constipation (côlon) et les reflux (estomac et œsophage), en agissant sur la mobilité de ces organes.

-Pour les nausées/vomissements dans les premiers mois, l’ostéopathie pourra aider mais les résultats sont plus inconstants.

Peut-on résumer ces actions par le fait de mobiliser les tissus ?
Oui, disons qu’améliorer la mobilité de ces tissus sera le meilleur moyen pour qu’ils ne soient plus symptomatiques. Nous aidons la patiente à retrouver cette mobilité qui lui permettra d’être soulagée pendant sa grossesse. Les patientes peuvent aussi s’approprier certains mouvements à faire elles-mêmes dans leur quotidien.

Il y a t’il des techniques ostéo plus recommandées que d’autres pour ces maux de femme enceinte ?
Pas vraiment, ce sont le motif de consultation et les symptômes qui indiquent à l’ostéopathe vers quelle technique se diriger. Toutes les techniques ostéopathiques tendent à faire retrouver une mobilité à une partie du corps. La seule contre-indication sera la douleur.

De nombreuses femmes enceintes qui ont peur d’accoucher en siège se demandent si l’ostéopathie peut aider à « retourner » le bébé ?
C’est une demande assez fréquente effectivement. Sous conseil du gynécologue, c’est une prise en charge habituellement réalisée par les ostéopathes.  Ce sont des techniques indirectes : c’est-à-dire qu’on ne manipule pas le ventre. Lors de blocages mécaniques chez la femme enceinte, la mobilité du bébé peut être gênée. C’est en les libérant (colonne vertébrale et bassin principalement) que le bébé peut retrouver une mobilité et un meilleur positionnement. Ces techniques sont indolores.

Même si l’on n’a pas ou peu de maux, est-il recommandé de consulter un ostéo avant d’accoucher pour que notre corps et le bébé s’y préparent ?

Il est conseillé de voir son ostéopathe comme à son habitude. En fin de grossesse, il est effectivement plus intéressant de consulter afin de préparer le bassin à sa mobilité en vue de de l’accouchement. Cette mobilisation articulaire permettra une ouverture optimale des voies de passage lors de l’engagement de l’enfant.

Pensez-vous qu’il faille « croire » à l’ostéopathie pour que ça marche ?
Ce n’est pas vraiment une question de croyance mais il faut que la personne se sente concernée et soit actrice lors de sa prise en charge. Il est parfois aussi plus intéressant de travailler en équipe. Travailler avec les sages-femmes aident à cela au quotidien.

A choisir quelles serait la séance à privilégier pour aller consulter lors d’une grossesse : pendant, post accouchement pour le bébé, post-accouchement pour la femme ?
A choisir je conseillerai la consultation entre la 36 / 39 semaines afin de préparer le bassin à l’accouchement et celle post-partum pour le bébé. Pour la mère, lors des 6 premiers mois, il y a déjà la prise en charge des sages-femmes et kinésithérapeutes lors de la rééducation qui sauront prévenir certains troubles.

Et pour les nourrissons : quand et pourquoi consulter ?
La consultation du nourrisson se fait dans les premiers jours ou semaines après l’accouchement, en fonction de la fatigue de la mère principalement. Il y a quatre sphères de prise en charge pour le nourrisson : sphère digestive haute et basse (reflux, constipation et coliques), sphère crânienne (déformations des os du crâne) et un bilan fonctionnel afin de prévenir certains troubles liés à la mobilité (le torticolis étant la plus fréquente).

Faut-il obligatoirement aller voir un ostéo spécialisé dans la femme enceinte et nourrisson ou pas nécessairement : tous les ostéos peuvent le faire ?

Tout ostéopathe « exclusif » (c’est à dire non kinésithérapeute-ostéopathe) est formé pour prendre en charge les femmes enceintes et les nourrissons. Mais je recommande d’en voir un spécialisé car la pratiques et la théorie se perdent avec le temps et des formations régulières, à défaut d’être dans un environnement pluridisciplinaire, sont nécessaires pour rester pour rester à niveau.

 Merci Antoine Douard pour votre éclairage !

 

Elles témoignent de l’action ostéopathique sur leurs maux de grossesse :

Joséphine

De quels genres de maux souffriez-vous pendant votre grossesse ?

Joséphine, 31 ans : Pour ma part, j’ai eu de nombreux maux de grossesse mais surtout je souffrais de maux de dos et d’une sciatique à la fin de ma grossesse : enfants à bas âge à porter + prise de poids importante et aussi des mauvaises postures.  Pour ma précédente grossesse, sur la fin, j’avais eu grosse sciatique qui m’avait fait souffrir pendant 1 mois après la naissance. Je ne pouvais plus poser le pied par terre donc je n’ai pas pris le risque de recommencer pour cette grossesse.

Mathilde, 27 ans : Lors du second et troisième trimestre je souffrais de douleurs lombaires et sciatiques, d’insomnies et de rétention d’eau. Sur les recommandations de mon entourage j’ai donc décidé de consulter un ostéopathe.

Marie

Delphine, 30 ans : Je souffrais d’importantes douleurs au sacrum entrainant des difficultés pour se relever et pour marcher. J’avais aussi des sensations de blocages au niveau du bassin et de l’acidité et brûlures d’estomac.

Marie, 36 ans : De base j’ai des problèmes de double scoliose donc mes grossesses accentuaient ces douleurs au dos et au bassin et aussi par des mauvaises postures et le manque de mobilité régulière à ces endroits. Pour ma dernière grossesse, j’avais aussi une tension particulièrement basse et gênante au quotidien et des nausées assez fortes au 1er trimestre.

A quel moment et combien de fois êtes-vous allez consulter un ostéopathe ?

Joséphine : Je suis allée voir mon oséto deux fois au 6ème et 9ème mois mais il y a eu le confinement et un été à vadrouiller.

Mathilde : Je n’ai malheureusement pu consulter qu’une seule fois, à la fin de mon second trimestre, avec le COVID, j’ai préféré limiter mes déplacements.

Delphine: j’ai consulté 3 fois entre le 6ème et 8ème mois de grossesse.

Marie : J’ai consulté 3 fois pendant ma dernière grossesse du 4ème au 9ème mois et 2 fois après pour moi et pour mon bébé.

Quels bienfaits en avez-vous retirés ?

Joséphine : Ça a bien soulagé mon dos et tout remis en place

Mathilde : Un bien être lors de la séance, des muscles détendus et un sommeil plus apaisé. L’ostéopathe m’a aussi montré des exercices à réaliser chez moi afin de soulager mes douleurs lombaires.

Delphine: Total déblocage du sacrum ! Le rêve ! Ce qui a aussi permis que le sacrum fasse son boulot au moment de l’accouchement et que ça ne finisse pas en césarienne. Je pense que cette naissance s’est aussi bien passée car mon bassin était bien ouvert. Pour les brûlures d’estomac, ça a bien amélioré la situation aussi mais j’avais un traitement et en fin de grossesse, ça allait mieux. Donc je ne sais pas vraiment ce qui a joué…

Marie : Un soulagement immédiat et durable de mes douleurs de dos et lombaires. J’ai remarqué que lorsque je passais les stades de 3/ 4 mois, 6 mois et le dernier mois, mes douleurs revenaient car mon dos devait bouger à nouveau en fonction du poids de mon ventre. Donc chaque visite était un soulagement pour 2, 3 mois. Au quotidien, ca m’a changé ma dernière grossesse. Pour ma tension, je n’ai pas pensé à le dire à mon ostéo sur le moment car je pensais qu’il ne pourrait agir que sur mon mal de dos mais des techniques respiratoires accompagnées de mobilisations auraient pu être améliorer mon quotidien. 

Recommanderiez-vous l’ostéopathie pour des futures mamans ?

Joséphine : Oui absolument et si la maman n’a pas de maux de grossesse, je recommande d’y aller au moins avant l’accouchement pour ouvrir le bassin et après accouchement pour tout remettre en place.

Mathilde : Oui à 100%. Malgré une légère appréhension, j’ai vraiment ressenti un soulagement et un bien-être une fois la séance terminée. 

Delphine : OUI +++

Marie : ou bien sûr, je le recommande à toutes les futures mamans !  Au moins avant l’accouchement pour préparer son corps au passage du bébé et après pour que tout le monde se remette bien : mère et enfant. C’est une approche médicale douce et efficace et qui, maintenant je le sais mieux, peut agir sur beaucoup de maux et troubles dans notre coprs.

 

 Photo : @littleartsiesco.myshopify.com

 

Marie-Gabrielle Gerard

Mariée, 3 petites filles pétillantes. J’essaie, avec mon intuition et ma formation, d’établir des ponts humains, de mettre des mots sur ce qui est parfois indicible pour favoriser “cette authentique culture de proximité et de conversation “ qu’est, je le crois profondément, la communication. Rédactrice en chef du pôle témoignages de Maman Vogue, j’ai beaucoup de plaisir à aller à la rencontre de ces femmes, de ces mamans, qui acceptent de nous partager un bout de leur expérience de vie pour nous encourager. Ces témoignages incarnent la vraie vie des mamans ! Plus je grandis dans la maternité, plus je me rends compte qu’elle est loin d’être une théorie telle une recette de cuisine mais bien une expérience humaine, unique à chacune, et dans laquelle notre cœur agit souvent le mieux.