Ma vie de maman : je fais ce que je peux, avec tout mon cœur et toute mon énergie 

Ma vie de maman : je fais ce que je peux, avec tout mon cœur et toute mon énergie 

Vous avez réussi à arriver à l’heure à la crèche, avec le chèque du mois et même un goûter fait maison (qui vous a pris une heure la veille parce que vous cuisinez trop rarement) et pourtant, ils râlent parce que vous refusez de vous arrêter acheter une glace

Vous avez fait une partie de Memory avec patience et plaisir partagé mais le TGV du dimanche soir est quand même presque pire de celui de la semaine

Vous avez lu deux histoires, en faisant les voix, êtes revenue 4 fois redonner un baiser, un biberon d’eau, accompagner un pipi et retrouver un playmobil soit-disant indispensable pour dormir et pourtant, 45 minutes après les avoir couchés, quand vous vous décidez à dire « non », des larmes viennent illustrer le théâtral « t’es pas gentille »

Vous avez lavé en trombe le maillot préféré parce que vous vous rappelez que demain c’est la journée excursion à la piscine , vous avez tous plié et préparé dans le sac de Pat Patrouille, celui que vous avez accepté d’acheter pour faire plaisir (même si il est franchement infect) et pourtant, votre refus de lui mettre ses bottes à sa place (il est tellement fatigué) déclenche une crise de larmes à n’en plus finir

Après votre journée, vous avez fêté Halloween, et vous êtes même farcie la tournée de collecte de bonbons sous la pluie. Vous avez souri devant leur plaisir, avez porté le seau de bonbons, avez participé aux chansons qui accompagnent la tournée, et pourtant lorsque vous refusez la troisième sucette ce soir-là…la sorcière c’est vous.

Vous avez enchaîné le 18-20h sans respirer mais avez réussi à anéantir toute trace du passage des enfants (y compris flaques d’eau dans la baignoire, nourriture par terre, vaisselle du dîner, vêtements pas rangés, manteaux et bottes,…) avant qu’il ne rentre du boulot, fourbu et stressé. Manque de chance, une petite décapotable de métal traînait dans le couloir…C’est vrai que ça fait mal sous les pieds…Et vous vous prenez un « mais ils ne peuvent pas ranger pour une fois, c’est toujours le bordel ici »

Vous avez recousu le bouton de la chemise qu’il portait ce matin quand il est parti au boulot, avez publié vos photos sur le Famileo de votre belle-famille sur votre pause déjeuner, vous êtes arrêtée en chemin le soir acheter les bagels qu’il aime tant et qu’il sera content de trouver demain au réveil…oui mais ce soir, vous avez préparé des courgettes farcies, avec beaucoup d’amour, et vous avez oublié qu’il déteste ça…

Jamais contents ! Jamais assez ! Toujours quelque chose qui ne va pas !

Evidemment, Certaines en riront, d’autres seront choquées, peut-être que vous compatirez, peut-être que vous me trouvez ridicule à me mettre une telle pression pour bien faire… « Quel goujat ce mari ! Quels ingrats ces enfants »… Mais non, mon mari, il est super et mes enfants ils sont juste normaux. Alors à quoi bon faire tout ça ? A quoi bon se donner du mal pour démontrer aux autres qu’on les aime ? A quoi bon essayer de faire plaisir à tout le monde si personne n’y accorde aucune valeur ? J’aimerais bien moi que quelqu’un prépare mon sac le soir, m’affaler sur le canapé sans rien faire et venir glisser mes pieds sous la table pour dîner…J’aurais largement préféré prendre un bon bain que cuisiner et vous mettre au lit aussi tôt que possible plutôt que de courir les rues avec spider-man pour récolter en plus des friandises, une bonne bronchite !

Et puis à quoi bon si à la fin ils ne voient que ce qui n’est pas fait ? Voilà qui alimente mon manque d’estime de moi, ma propre pression à vouloir que tout soit parfait, ma culpabilité permanente. Evidemment, nos enfants ne mesurent pas la quantité de pensées et d’actions, le volume d’énergie que je mobilise à leur service et c’est normal. Plus ils grandiront, plus ils l’appréhenderont (j’espère). Je ne peux pas leur en tenir rigueur. Mais mon mari, lui, peut apprendre à équilibrer les reproches et la gratitude. Lui, a conscience de la patience et de l’abnégation dont il faut faire preuve pour être une maman et une épouse aujourd’hui. Lui ne peut pas faire semblant de me prendre pour Mary Poppins qui claque des doigts pour mettre toute la maison en ordre !

Est-ce que je suis nulle ? Est-ce que je ne suis pas capable de bien faire ? Est-ce que j’ai le droit d’être agacée qu’on ne retienne que le détail qui ne va pas au lieu de la figure d’ensemble ? Est-ce que je suis capricieuse de vouloir un peu de gratitude de temps en temps ?

Non, je fais ce que je peux, avec tout mon cœur et toute mon énergie ; sans me poser de questions, tout simplement et comme vous toutes. Et je continue d’espérer que cela laissera plus de souvenirs que le reste.

Et merci à ma maman de me prendre pour la battante que je ne suis pas, à mes collègues de parc si reconnaissantes que j’ai pensé à attraper un paquet de BN avant de venir, aux amies qui ont souvent un bon mot commençant par « Mais comment tu fais pour… », à ceux qui ne remarquent pas mes cernes et mes deux chaussettes différentes, aux copains qui ramassent discrètement la petite décapotable de métal et apportent une bonne bouteille de vin… Heureusement que vous êtes là pour regonfler ma confiance en moi et me donner la force de continuer !

Alors messieurs et vous aussi les jeunes, apprenez à dire merci, à reconnaître que votre quotidien n’est certes pas parfait mais qu’il serait moins doux et plus compliqué si les artisans invisibles que nous sommes n’étaient pas là, à voir le verre à moitié plein de temps en temps, à valoriser nos efforts même si le résultat n’est pas toujours à la hauteur de vos attentes !

Prendre soin de soi, un principe non négociable !

Il y a les mamans parfaites et moi…

Paola Marceau

Working mum de 2, la maternité est pour elle un sujet intarissable d'échanges et de questionnements et une aventure galvanisante au quotidien.

Elle partage avec joie son vécu, ses interrogations et ses petits tips !