Il y a les mamans parfaites…et moi !

Il y a les mamans parfaites…et moi !

Nous connaissons toutes au moins une femme qui nous renvoie à nos défauts, et qui passe à nos yeux, pour la mère parfaite. Avec ses adorables enfants, propres et bien habillés, elle arrive à l’école élégante, maquillée, et à l’heure, elle. Voire, en avance.

A l’inverse, moi j’arrive 2 minutes avant la sonnerie, je me gare en vitesse à cheval sur le trottoir pour détacher mes enfants, m’apercevoir qu’une à des chaussettes dépareillées et que l’autre à une trace de chocolat autour des lèvres…tant pis, je n’ai pas le temps de rectifier. Un rapide bisou et je leur lance un « à toute à l’heure mes amours ! » avant de remarquer le sac de sport resté sous la banquette….oups. Puis, un petit salut de la main à madame parfaite, qui discute depuis 10 minutes avec le directeur de l’APEL où elle s’apprête à s’engager, et je constate, encore une fois, à quel point elle est impeccable, alors qu’il n’est pas 8h du matin, et que de mon côté je ne suis pas coiffée, que je n’ai pas camouflé mes cernes, et que mon café est, ce matin encore, en train de refroidir sur la table de ma cuisine…

Mais rassurez-vous ! Je n’ai pas toujours été si débordée : moi aussi j’ai été une maman parfaite,…avant d’avoir des enfants ! J’aime avoir une maison impeccable, une décoration digne d’un magazine danois, manger des petits plats fait maison équilibrés, avoir le temps de lire des histoires à mes enfants après le dîner, dans le calme et dans une salle de jeux remplie de jouets en bois bien alignés sur l’étagère. Enfin, j’aimerais, mais ce n’est pas toujours si simple. Le jour où j’essaie de faire de jolies tresses à ma fille, mon aîné cherche sa chaussure partout en m’appelant pendant que mon bébé se réveille et pleure en réclamant son biberon ; le petit marché bio est trop loin pour que je ne puisse y aller régulièrement, alors je me contente de faire une soupe avec des légumes surgelés déjà coupés, ce qui au passage me fait gagner un temps inestimable ; ma salle de bain ressemble à une pataugeoire après 18h30 mais comme je suis déjà bien occupée à mettre les pyjamas de chacun, je réussis rarement à la nettoyer avant d’aller prendre une douche à mon tour le soir venu… les exemples sont nombreux. Avoir des principes, c’était bien, mais je ne pouvais en avoir que parce que j’avais le temps et le calme nécessaire pour y réfléchir. L’avantage c’est qu’y repenser me donne des objectifs au quotidien, et qu’arrivée à ce stade, je crois que je ne peux que m’améliorer.

Je reste pensive quelques secondes, puis, je vois arriver en courant une femme et son petit garçon, encore plus en retard que moi donc. Alors oui, lorsque je regarde cette maman parfaite à mes yeux, je me remémore mes défauts. Mais pourquoi toujours penser à ce que je fais mal ? J’ai des qualités moi-aussi. Mes enfants n’ont pas l’air si malheureux, si ? Ma maison n’est pas impeccable, mais au moins on en a une, et il ne faut pas exagérer, j’arrive à la maintenir dans un état « acceptable ». Mes enfants mangent parfois (ok, souvent) des pâtes, mais puisqu’ils aiment ça, est-ce embêtant ? Il y a aussi chez moi des moments de calme, où le petit dernier gazouille sur son joli tapis d’éveil pendant que les deux grands jouent gentiment ou regardent des livres. J’arrive alors à m’asseoir 3 minutes en sentant l’odeur du dîner qui cuit dans le four, avant d’entendre la clé tourner dans la serrure, annonçant le retour de mon mari, qui tout guilleret, me remercie pour ce que j’ai fait de ma journée. Alors peut-être qu’en public je passe parfois pour la maman débordée, qui ne gère pas grand chose, mais en y réfléchissant bien, je ne fais pas tout mal. Même si 5 minutes plus tard mon plat aura brûlé, et que je me rendrais compte que je n’ai pas rendu le papier si important à la maîtresse et que le bouton de mon pantalon est ouvert, sans doute depuis le début de l’après-midi.

Je prends tout de même le temps de faire beaucoup de choses avec mes enfants, et à leurs yeux je suis sûrement déjà très bien. Ils grandissent correctement, s’épanouissent, ont l’air heureux, et personne n’a jamais déposé de plainte contre moi, alors j’imagine que tout ce que je fais pour eux n’est déjà pas si mal. Et puis, que veux dire être une maman parfaite ? Qui définit les critères ? Qui donne les notes ? Tiens, au fait, je ne suis jamais allée chez cette maman que j’admire tant. Je ne sais pas à quoi ressemble sa maison, elle n’est peut-être pas aussi bien que la mienne ? Qui me dit qu’elle cuisine tout elle-même? Que les lits de ses enfants sont faits à 8h du matin, et que ses papiers sont tous à jour et en ordre ? Elle se lève peut-être très tôt le matin parce qu’elle arrive à faire une sieste chaque jour? Elle a peut-être une aide le soir après l’école ? Qu’en sais-je ?

Alors aujourd’hui, pas le temps de m’apitoyer sur moi-même, ni de me comparer à cette femme que je prend pour modèle. C’est décidé, je suis une mère parfaite pour mes enfants, parce que justement, je suis leur maman, et qu’aucune autre ne pourrait les aimer comme je les aime. Que je donne le meilleur de moi-même pour m’en occuper, mais que j’ai aussi mes faiblesses et mes limites. Que je suis partie avec des principes mais que je n’ai pas encore toutes les clés pour les mettre en application, alors tant pis si je dois parfois en mettre certaines de coté. Qu’on a le droit d’être parfois à bout et de demander un peu d’aide, à sa famille, à une aide ménagère, à une babysitter. Que les modèles qu’on aperçoit dans les magazines ou sur instagram ne sont que des images prises à un instant T et longuement travaillées, mais que ce n’est pas la vraie vie.

Moi je suis souvent fatiguée, je n’ai jamais été très organisée, ni ordonnée, ni une grande cuisinière, une décoratrice hors pair ou une styliste affirmée, alors je trouve que je ne m’en sors pas si mal. Aujourd’hui c’est décidé, je serais une mère parfaitement imparfaite pour mes enfants, et tant pis pour le regard des autres.

Alice de Champs