Les vacances, le temps de l’insouciance.. Enfin… pas pour les mamans !

Les vacances, le temps de l’insouciance.. Enfin… pas pour les mamans !

Le temps des vacances, celui de l’insouciance, oui mais pas forcément pour les parents ! Trois mamans nous confient leurs problématiques, leurs contraintes, leurs priorités, leurs choix de parents, leurs convictions et leurs appréhensions dans l’organisation des vacances d’été de la famille.

  • Trouver le bon mode de garde

« Le mois de Juillet a débuté. Les vacances des enfants cette année commencent le 6, ouf, on a gagné une semaine. Maman de 3 enfants et un quatrième en décembre je travaille 38 heures par semaine. Nous avons déménagé il y a quelques mois. Passant de 14 heures de route de toute famille à 30 minutes de chez les grands-parents. C’est d’une grande aide mais nous souhaitons que les séjours chez les grands-parents restent un moment de joie et non une contrainte. Dans notre nouvelle ville, il n’y a pas de centre aéré. Sur les deux mois de grandes vacances, mon mari et moi prenons trois semaines et demie, elles nous sont imposées. Le reste du temps j’ai pris une baby-sitter et nous comptons sur les grands-parents. J’essaye au maximum le week-end et le mercredi de faire des trucs originaux sans partir très loin ; dans une nouvelle région tout est à découvrir.

Sur les trois semaines de vacances nous aurons dix jours à nous cinq pour nous retrouver, déconnecter et se recentrer sur notre famille. En vacances, comme pendant toute l’année, j’ai souvent le sentiment de culpabiliser surtout que nous sommes dans une ville où peu de maman travaillent. L’objectif est vraiment de trouver un mode de garde pour les enfants qui ne soit pas pesant ni pour eux ni pour nos familles. De passer de bons moments en famille avec de beaux souvenirs. »

Mathilde

  • L’art de composer

« Avec seulement 5 semaines de congés payés par an, et les deux parents qui travaillent, la problématique de « quoi faire des enfants en vacances ? » commence dès l’entrée en maternelle, et les vacances scolaires sont un vrai casse-tête.

Pour ce qui est de l’été nous nous étions posé la question de prendre quelqu’un à domicile pour que ce soit plus confortable pour les enfants mais le coût nous a vite fait envisager d’autres solutions.

Depuis deux ans (mon aîné est en moyenne section, mon deuxième en petite section), j’applique le même programme : deux semaines de centre aéré, une semaine chez mes beaux-parents, une semaine chez mes parents, les trois semaines en août juste nous, puis je resollicite les grands-parents pour le « reliquat fin de vacances ».

Mais il faut composer avec celui qui a horreur du centre aéré (et ça me culpabilise toujours de les y mettre, moi qui avais la chance de rester à la maison ou de partir pendant les deux mois à leur âge…), les aller-retours le week-end pour récupérer/déposer les enfants, le centre aéré qui n’a pas de disponibilité pour tel ou tel jour…

Pour le moment, nous avons de la chance, nous n’en n’avons « que » deux à caser (notre troisième est encore chez une assistante maternelle), j’ai des copines arrangeantes qui peuvent me dépanner une journée et les grands- parents sont en forme et les accueillent avec plaisir.

Auront-ils encore la santé pour prendre tous nos enfants quand notre troisième rentrera à l’école ? (Oui, je me pose déjà la question…. Anticipation quand tu nous tiens !)

Pour le moment ça a l’air de fonctionner comme ça, alors je croise les doigts avant chaque été ! »

Anne-Lucie

  • L’art du management participatif et responsable

« Le départ en vacances peut paraître un vrai casse-tête pour une maman de six enfants mineurs, n’ayant pas de résidence secondaire fixe. Je crois que j’ai essayé pas mal de formules : de « l’infaillible » sur laquelle tout le monde pouvait se reposer les yeux fermés (puisqu’elle aurait pensé à tout) à la « woodstock » qui part avec le strict minimum (mais se retrouve finalement contrainte d’aller racheter sur place et explose le budget vacances) …. J’ai fait pas mal de tentatives intermédiaires, mais j’ai évolué assez rapidement vers un art du management participatif et responsable : je délègue, j’accompagne selon les compétences personnelles et je laisse chacun assumer la part de responsabilité qui est la sienne. Puis nous célébrons le succès ou remédions à l’éventuelle erreur.

Ainsi, je leur rédige une liste synthétisant les besoins (quantité de sous-vêtements, de tenues de détente, de tenue du dimanche, chaussures de rando ou tong ; polaire ou tenue de plage) … et ils font leurs paquetages. Depuis son plus jeune âge la petite dernière « prépare son sac » avec un des grands qui lui lit la liste. Puis, je réévalue, valide, adapte, ou corrige. Ils sont ravis de choisir ce qu’ils préfèreront porter. Je demande de faire simple ou fixe le cadre des exigences (ne pas me mettre que deux slips, parce que c’est moi qui devrai faire tourner la machine …). Ma responsabilité à moi consiste à m’assurer qu’on voit les fonds de paniers de linge sale et que tout soit propre et plié avant … quel raccourci !!! Comme parents, nous nous réjouissons d’avoir appris à nos enfants à prendre une certaine part active à notre vie de famille et que je ne sois plus seule à porter tout ce petit monde, et arriver exténuée en vacances, n’ayant pas dormi de la nuit, de crainte d’avoir oublié quelque chose …. Bah oui, tant que ce n’est pas le lit parapluie ou la poussette (dont on a la joie de ne plus avoir à penser), j’ai finalement réalisé qu’il y avait peu d’oublis graves. Ceux-là sont sur une liste que j’ai élaborée bien en amont pour « tchequer » dans le tumulte de dernière minute. Mais surtout (yerk yerk yerk ) cela offre à MonAmour un accès direct à ma mémoire vive pour pouvoir se référer à ladite liste et répondre à l’astronomique question : « qu’est-ce qu’il y a encore à faire ? » .

Alors si nos départs en vacances se limitaient à une destination, ce serait le farniente ! Mais non, il y a le camp jeannette, le camp scout, l’aîné qui restera à la maison parce qu’il travaille, celui qui prendra le train ….. Alors je fais aussi un calendrier qui tient en une page avec des codes couleurs : qui arrive, qui repart, qui manquera dans la voiture etc … Les premières années, je le faisais surtout pour mettre mes idées au clair. Cette année, cela me sert à renvoyer chacun à son superpouvoir de « qui cherche trouve » au lieu de se tourner vers maman (qui elle, a le superpouvoir de répondre à toutes les questions) comme on interrogerait son enceinte connectée.

Alors, étant donné que ma famille a reçu la bénédiction d’avoir un enfant qui part déjà à l’école sans son cartable et revient sans son sac de sport … je ne vous cacherai pas certaines de mes craintes. Mais après tout, sans partir non plus en vacances nudistes, je suis forcée de constater qu’on peut faire de nos vacances un « autre temps » : celui où nous pouvons apprendre à apprivoiser le manque et réaliser finalement qu’on peut se passer de bien des choses, pourvu que le réel essentiel soit là : la soif de profiter de ces journées pour renforcer les liens tissés au sein de notre famille. »

Anne-Ghislaine

 

Marie-Gabrielle Gerard

Mariée, 3 petites filles pétillantes. J’essaie, avec mon intuition et ma formation, d’établir des ponts humains, de mettre des mots sur ce qui est parfois indicible pour favoriser “cette authentique culture de proximité et de conversation “ qu’est, je le crois profondément, la communication. Rédactrice en chef du pôle témoignages de Maman Vogue, j’ai beaucoup de plaisir à aller à la rencontre de ces femmes, de ces mamans, qui acceptent de nous partager un bout de leur expérience de vie pour nous encourager. Ces témoignages incarnent la vraie vie des mamans ! Plus je grandis dans la maternité, plus je me rends compte qu’elle est loin d’être une théorie telle une recette de cuisine mais bien une expérience humaine, unique à chacune, et dans laquelle notre cœur agit souvent le mieux.