Témoignage : j’ai accouché à domicile

Témoignage : j’ai accouché à domicile

Je m’appelle Laurène, j’ai trois enfants et deux d’entre eux sont nés à domicile dans le cadre d’un accouchement accompagné à domicile (AAD).

Publicités

Ce choix de l’accouchement à domicile, nous l’avions déjà discuté avec mon mari lors de la grossesse de notre aîné et puis finalement nous avons décidé d’aller à la maternité, ne sachant pas trop à quoi nous attendre. J’avais malgré tout en tête d’accoucher de façon physiologique : sans péridurale, en gardant toute ma mobilité, y compris pendant l’expulsion et avec le moins d’intervention médicale possible. Je ne souhaitais d’ailleurs pas accoucher allongée, cette position étant considérée comme étant anti-physio et la plus mauvaise qui soit pour le périnée de la maman tout comme pour la descente du bébé.

Mes choix ont été respectés, malgré un déclenchement spectaculaire et des suites de couche compliquées. Je n’ai en revanche pas trop apprécié le séjour en maternité et c’est en grande partie pour cela que nous avons très vite décidé que j’accoucherai à la maison pour notre deuxième enfant. Vu que de toutes les façons je ne voulais pas de péridurale et un accouchement le plus physiologique possible, autant être chez moi, là où je me sentais le plus en sécurité pour accoucher !

Au début de cette seconde grossesse, j’ai rencontré une sage-femme pratiquant l’accouchement à domicile avec qui nous avons tout de suite accroché. En dehors des échographies, c’est elle qui a assuré le suivi de grossesse, elle me connaissait donc par cœur. Ce choix était pour nous celui de la physiologie, de l’intimité mais aussi de la sécurité, car les AAD sont en fait aussi sécure que les naissances à l’hôpital (cela a été démontré par de nombreuses études), à condition bien sûr d’avoir une grossesse à bas risque et aucun antécédent, sans quoi un AAD n’est de toutes les façons pas possible. Bien sûr, si quoi que ce soit arrivé pendant le travail, un transfert a lieu et la sage-femme est équipée pour les premiers soins d’urgence.

Nous étions donc en confiance totale, et cette deuxième naissance a été un moment incroyable : cinq heures dont quatre passées dans ma baignoire, avec le soutien de mon mari, dans l’intimité de notre cocon. Dès le début du travail, nous avons appelé la sage-femme pour qu’elle suive l’évolution et qu’elle arrive une fois le travail bien lancé. A la fin, les contractions étaient très intenses et douloureuses, mais je savais pourquoi elles étaient là et mon mari comme ma sage-femme étaient là pour m’accompagner et m’entourer de bienveillance. J’avais d’ailleurs suivi des préparations en sophrologie et fait du yoga prénatal, nous y avions parlé des différentes étapes de la naissance physio, je savais donc un peu ce qu’il se passait, y compris pendant la fameuse phase de désespérance (pendant laquelle j’ai quand même demandé à m’arrêter là alors que mon bébé sortait !!).

C’est donc tout naturellement que nous avons planifié un nouvel accouchement à domicile pour notre petit troisième qui est né il y a quelques mois. Cette fois-ci nous avons emprunté la piscine de naissance de notre sage-femme, la même que pour notre deuxième enfant, et notre fils est né dans l’eau, dans notre salon ! Je l’ai d’ailleurs attrapé moi-même à sa sortie, au bout de quatre heures de travail. Un moment incroyable, à nouveau tellement puissant et plein de douceur, encore plus beau que mon premier AAD. La douleur est là certes, mais on apprend à traverser chaque vague, l’une après l’autre. Le fait d’être mobile aide beaucoup, et mon mari me massait fortement les reins à chaque contraction, ce qui aidait énormément. Notre sage-femme, qui est arrivée pendant le travail, n’est d’ailleurs intervenue qu’une fois notre fils né, pour vérifier que tout allait bien.

Je me sens extrêmement chanceuse d’avoir pu aller au bout de ces projets, d’autant que l’AAD est très mal vu en France, tout comme les sages-femmes le pratiquant et dont la loi exige qu’elles souscrivent des assurances d’un montant tout à fait prohibitif pour pouvoir exercer. D’ailleurs, même si ce choix était à l’origine tout à fait personnel, il est devenu un choix militant au fil du temps et j’espère de tout cœur qu’un jour les femmes puissent choisir facilement et sereinement leur lieu de naissance, comme cela se fait déjà dans d’autres pays, notamment le Royaume-Uni.

Quelques ressources sur l’AAD :

Pour se renseigner, soutenir et défendre l’AAD :

– l’Association Professionnelle de l’accouchement accompagné à domicile (APAAD) http://www.apaad.fr/  et sur FB

– le Collectif de Défense de l’Accouchement à Domicile (CDAAD) https://cdaad.org/

à retrouver aussi sur FB

– Marie Accouche Là, le blog de Marie-Hélène Lahaye qui milite avec force pour l’accouchement « respecté » et notamment l’AAD, avec cet article particulièrement percutant : https://marieaccouchela.net/index.php/2014/09/23/si-je-navais-pas-accouche-a-lhopital-je-serais-morte-et-mon-bebe-aussi-ah-bon/

Très beaux films sur la naissance physio et l’AAD :

– Accoucher autrement : https://www.facebook.com/accoucherautrement/

– L’art d’accoucher https://lartdaccoucher.com/

Bien d’autres existent mais ceux-là sont récents et donc plus d’actualité !

Laurene Hauguel

Crédit photo : @sweetynoemie x @candiceheninparis