Qui sont les parents hélicoptères ?

Qui sont les parents hélicoptères ?

Cette expression ne vous dit rien ? Alors visualisez un hélicoptère qui vole au-dessus d’un convoi ou d’une personnalité pour la protéger en permanence, prévenir les difficultés et dangers possibles. Vous l’avez ? Un parent hélicoptère se comporte de la même manière avec son enfant. Il a tendance à trop intervenir, trop surveiller, trop protéger.

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Tous hélicoptères ?

Nous avons, sans aucun doute, tous en nous une part d’hélicoptère, de maman poule. Depuis que notre enfant est né, le besoin de le protéger est inscrit dans nos entrailles. La peur qu’il lui arrive quelque chose ne quitte jamais tout à fait notre esprit, même si la plupart du temps, au quotidien, nous la faisons taire.

Mais cette tendance à planer au-dessus de son enfant et à intervenir au moindre danger peut se révéler néfaste voire toxique.

Les excès de la surprotection

Quel est le message que le parent hélicoptère envoie à son enfant ? « Le monde n’est pas sécurisé, je ne te fais pas confiance. »

Que va comprendre et retenir l’enfant ? « Je ne peux pas affronter le monde, je ne peux pas réussir tout seul. »

Nous touchons ici du doigt le danger de cette surprotection qui, partant de bonnes intentions, entrave l’enfant dans son besoin d’autonomie. Il est fondamental pour l’enfant de faire ses propres expériences, de se confronter au risque mais aussi à l’échec. C’est alors qu’il apprendra de ses erreurs, progressera et prendra confiance en lui. Impossible si son père ou sa mère est en permanence derrière lui pour l’empêcher de tomber ou de se tromper !

Trouver l’équilibre

Comment trouver la bonne attitude qui protège légitimement sans surprotéger excessivement ?

Montrer au lieu de faire à la place : Que ce soit pour l’habillement, la cuisine, le bricolage ou encore les devoirs, nous avons souvent tendance par souci d’efficacité ou de prudence, à vouloir faire à la place de l’enfant. Reprenons l’habitude de lui montrer, de le guider, mais en le laissant faire seul.

Laisser jouer et s’ennuyer : Halte à la course à l’éveil à tout prix et à la surstimulation, retrouvons les bienfaits de l’ennui et du jeu libre ! Laissez votre enfant tranquille si vous avez tendance à lui proposer sans arrêt des activités et soyez sûr qu’il vous remerciera !

* Apprendre à poser des choix : Pour les petits, prenons l’habitude de leur proposer des alternatives pour leur faire exercer leur volonté et leur capacité de décision (veux-tu mettre ce pantalon ou cette jupe ? préfères-tu un fruit ou une compote ?) et pour les plus grands, aidons-les à tenir leur engagement (choix d’une activité, projet…)

* Dépasser l’échec : Un verre renversé, un puzzle inabouti, un devoir raté… Ce ne sont pas là de simples échecs mais de véritables occasions d’apprendre et de progresser ! C’est à nous de le rappeler sans cesse à l’enfant en l’encourageant à réparer ou recommencer pour mieux faire.

* Apprendre à gérer frustration et conflit : Qu’il est tentant de se précipiter pour consoler après une dispute, voire d’intervenir si l’on estime que son enfant subit une injustice ! En réalité, on gagne beaucoup à prendre du recul, le laisser faire et en parler ensuite avec lui. Idem pour un caprice ou une colère : l’enfant doit petit à petit connaître, comprendre et canaliser ses émotions.

Prendre des risques mesurés : En fonction de l’âge de l’enfant, de ses capacités et de sa personnalité, apprenez-lui à se lancer un défi qui représente un certain risque mais adapté (grimper à cette branche, éplucher une carotte, porter un plat, partir à vélo, aller acheter seul le pain…)

Retrouver son rôle de parent

Un parent n’est pas un copain ni un garde du corps mais un guide qui accompagne et sait s’effacer. Rappelez-vous que le meilleur service à rendre à votre enfant, pour lui donner les clés de l’autonomie et de l’épanouissement est de lui faire confiance !

Finalement, il s’agit d’accepter de ne pas pouvoir être toujours derrière son enfant mais de le pousser au(x) bon(s) moment(s) hors du nid, seule manière pour lui de déployer ses ailes.

Plutôt qu’un hélicoptère imposant et bruyant, apprenons donc à être un ULM, léger et discret !

 

Photo : Virginie Hamon pour Maman Vogue

Clarisse de Bailliencourt

Quand elle n'enseigne pas la littérature à des collégiens et lycéens, Clarisse fait l'école à la maison pour ses 4 petits blonds !

Expatriée depuis 10 ans en Afrique, elle est éprise de voyages, de découvertes et de slow life.

Vous trouverez sous sa plume des billets d'humeur, une réflexion autour de la maternité et l'éducation ainsi que des conseils de cuisine, de lecture et d'organisation !