Que faire si votre prénom préféré est pris par un proche ?

Que faire si votre prénom préféré est pris par un proche ?

Cette situation gênante voire parfois blessante dans laquelle nombre d’entre nous ont pu déjà se retrouver !

Certes il n’y a aucune loi du code civile qui n’interdise de prendre le prénom préféré d’un proche ni d’appeler deux membres de la même famille par le même prénom. Mais, de nos jours et dans nos pays, il existe une sorte de loi, de morale plutôt, qui estime qu’on ne peut le faire sous peine de trahison ou de ridicule.  Les deux n’étant pas les effets recherchés lorsqu’on attribue un prénom à notre enfant… De fait, cette morale de prénom est assez localisée dans le temps et géographiquement car nombre de sociétés/communautés, donnaient et donnent les mêmes prénoms entre deux générations, aux mêmes membres d’une famille…

Mais, en l’occurrence, comment se sortir de cette impasse ? Nulle impasse ! Il y a TOUJOURS une troisième voie à explorer ! un consensus, une solution qui serait acceptable pour tous.

Avant d’en arriver à cette situation, peut-être serait-il bien finalement de divulguer ses prénoms préférés aux proches lors de discussions ? un peu comme des directives anticipées ;). Dans l’idée qu’on est toujours plus à l’aise avant, que devant un fait accompli ! Les hormones de grossesse n’aidant pas non plus à garder son calme et à prendre du recul… On pourrait feinter en donnant deux prénoms préférés dont l’un est faux et l’autre vrai pour garder quand même un effet » surprise » à la naissance.

Mais si la situation se présente : qu’un bon ami, qu’une sœur, qu’une cousine, qu’un frère appelle son enfant comme nous voulions vraiment appeler le nôtre, nous pouvons :

1.Dans un premier temps, remettre en perspective, ce prénom, au calme avec notre conjoint :

  • Pourquoi est-ce que je veux appeler mon enfant comme ça ?
  • Il y a t’il une symbolique très personnelle à ce prénom ?
  • A-t-on eu déjà du mal à se mettre d’accord sur ce prénom ?
  • Est-ce pour la sonorité ? une question de goût ?

A ces questions, posées par écrit, on peut déjà avancer un peu dans ce schmilblick…

2. Puis se poser les questions de solutions satisfaisantes pour nous ?

  • Est-ce que ces deux enfants contemporains vont grandir l’un à côté de l’autre et se fréquenter très souvent ?
  • Est-ce que cela va les gêner dans leur vie ?
  • Dans les cas de fratrie, vont-ils aussi avoir le même nom  de famille ?
  • Est-ce que je peux l’appeler par ce prénom, en 2ème prénom ?
  • Est-ce qu’on pourrait trouver une variante de ce prénom ?
  • Est- ce que j’ai un autre prénom préféré que je peux lui donner ? Finalement notre naissance arrive après la leur, c’est le jeu… c’est la vie…
  • Est-ce qu’on peut regarder d’autres prénoms ?

A ces questions, vous aurez déjà votre réponse et une idée de ce que vous voulez vraiment et pourquoi, de manière plus raisonnée qu’émotive.

3.Puis vient la phase du dialogue avec le proche en question :

Il faut dans tous les cas en parler même si vous choisissez un autre prénom. De manière détendue ou sérieuse, au détour d’un diner ou d’un coup de téléphone, pour ne pas rester avec ses frustrations qui pourraient envenimer secrètement notre relation. Pour que les choses soient dites et claires.

« Bon il faut que je t’avoue un truc. «Paphnuce est un très joli prénom. On voulait/voudrait appeler notre enfant comme ça aussi ».

Attendez sa réaction immédiate. Soit la personne le savait: si vous vous êtes sentie trahie, dites-le-lui en vérité et tendrement. Soit, et dans la plupart des cas, elle n’y est pour rien car elle ne le savait pas !

« Est-ce que ça vous dérangerait si on maintenait ce prénom ?   En invitant la personne à ne pas vous répondre sur le coup mais prendre le temps de la réflexion.

« Expliquez que vous avez réfléchi, que vous vous êtes posé les bonnes questions et que :  » on désire maintenir ce choix pour telle et telle raisons (détaillez-les le plus précisément possible) » ou que « du coup, on va mettre Paphnuce en 2ème prénom » ou bien que « du coup on a changé de prénom.»

Dans le cas où d’un côté : « on voudrait maintenir ce choix » et de l’autre « oui mais nous ça nous gêne vraiment qu’ils aient le même prénom ».   Refaire les 3 étapes en décortiquant au maximum les « pourquoi » véritables de ces choix jusqu’à arriver, in fine, à une belle négo, un beau consensus digne de la diplomatie de l’OTAN, à une solution qui convient à tous.

Ce n’est, bien sûr, pas la recette miracle qui est exposée ici mais une voie d’issue à explorer pour que le choix de prénoms ne tourne pas en scène d’Adolphe/Adolfe où des tensions, qui n’ont pas de rapport finalement, pourraient profiter de la brèche pour jaillir.

Marie-Gabrielle GERARD

 

Photo : @etsy.me

Marie-Gabrielle Gerard

Maman de trois petites filles pétillantes. Consultante en communication. Passionnée et très curieuse, ce sont les sujets de réflexion psy et d'éducation que j'ai plaisir à explorer et à approfondir.

Maman débordée, organisée, ordonnée, désordonnée, patiente et impatiente, bien dans ses baskets et dépassée, bref j'aime les hauts et les bas de la vie de  maman ! Les voir grandir me passionne !