Quand « déménagement » rime avec « recommencement »

Quand « déménagement » rime avec « recommencement »

Pour la 3ème fois en 4 ans, cet été, nous déménageons. Mon mari, par son travail, doit changer de région régulièrement, et nous avons fait le choix de rester ensemble, ce qui sous-entend que nous déménagions en famille.

Publicités

Si j’apprécie de ne jamais rentrer dans une routine, je dois avouer que tout quitter a parfois un goût amer. En fait, c’est même parfois un véritable arrachement, puisqu’il faut quitter ville, amis, maison, habitudes. Et tout recommencer ailleurs, différemment.

Nous sommes arrivés ici il y a deux, ans, venant de l’autre coté de la France, ne connaissant personne. Très vite, nous avons été accueillis chaleureusement et nous sommes sentis bien. Nous avons aménagé et décoré la maison à notre goût, puis découvert la région à travers promenades et visites, fondé des amitiés, dont certaines disparaîtront avec le temps, alors que d’autres résisteront à l’éloignement. Au bout d’un an, beaucoup sont partis et d’autres personnes sont arrivées, comme pour nous rappeler que nous ne serons pas ici éternellement. Et tout juste deux ans après avoir posé nos cartons, nous devons déjà les refaire. Inlassablement, les refaire, car nous savons que ce ne sera pas notre dernière mutation ( d’ailleurs nous les poserons pour à peine un an). Pas de chance, je suis plutôt une femme nostalgique, et ressasse avec émotion mes souvenirs, alors que mon mari, beaucoup moins matérialiste, peut quitter un endroit où il s’est plu, sans aucun regret. Enfin qu’importe, après les démarches administratives, la recherche de logement, d’écoles, de déménageurs et les nombreux dossiers qui vont avec, l’heure est aux cartons pour le moment ! Et ce n’est pas une mince affaire ! Il faut trier, ranger et classer tous les placards de la maison, jeter et vendre le superflu ou l’abîmé, essayer d’être raisonnable et méthodique, sans se morfondre dans les souvenirs… Pour se simplifier la tâche, nous (je…) ferons ça avec les enfants à côté, les crèches n’étant pas totalement ré ouvertes depuis le confinement

Dans la joie de « refaire » notre vie subsiste une pointe d’appréhension. Comment allons nous être accueillis ? Comment sera cette ville ? Et le logement ? Allons nous rencontrer du monde ? Ou au contraire être seuls ? Nous quittons ce que nous avons pour tout recommencer. C’est à la fois excitant et terrifiant. Les enfants aussi doivent s’adapter, et nous devons, malgré nos inquiétudes, les soutenir et les réconforter, car c’est, pour eux aussi, une nouvelle aventure, un nouveau chapitre dans leurs petites vies.

Mais si ce n’est pas toujours une mince affaire, déménager en vaut la chandelle, car cela permet de se dépasser, de faire de belles découvertes et de jolies rencontres, et on en sort gagnant par tout ce que l’on vit et que l’on apprend. Il faut un peu de temps pour prendre de nouvelles habitudes, fonder à nouveau des amitiés et se sentir bien, mais c’est faisable !

Alors certes, déménagement rime avec recommencement, mais il rime aussi avec enrichissement!

Alice de Champs