Peut-on tout confier à son conjoint ?

Peut-on tout confier à son conjoint ?

Sur le papier, on se dit que la question ne mérite pas d’être posée.
Évidemment qu’à notre conjoint, on peut tout lui confier. L’égalité des sexes, le partage des tâches, tout ça est acquis, non?
Et pourtant.
Si je m’en réfère à mes (nombreuses) discussions entre copines, il semblerait, que dans la réalité, pas tout à fait…

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Petit tour d’horizon de ce que j’ai dernièrement « confié » à mon conjoint, et le bilan -plus ou moins réussi- des missions exécutées.

Emmener la cadette chez le pédiatre

Je précise que la tâche n’était ici que de l’emmener, le rendez-vous téléphonique étant pris par mes soins, la date et heure envoyées par message bien en amont de façon à être notée dans l’agenda, le carnet de santé et le carnet de chèque prêts dans l’entrée.
Quinze minutes avant ledit rendez-vous, je m’étonnais d’avoir toujours ma fille sur les bras et aucun taxi conduit par mon conjoint qui passe la chercher.
« Ce n’est pas demain? », me questionna-t-il de son bureau quand je l’appelai pour m’assurer qu’il n’avait pas oublié.
Il avait donc oublié, tout comme le nom du pédiatre, que je dus lui rappeler quand il se trouva devant les plaques du cabinet.
A son retour, il m’annonça que le médecin avait donné un traitement mais oublié de faire l’ordonnance. À croire que l’oubli était le thème de la soirée.
Taux de réussite : 5%.

Préparer le goûter pour l’école

Mon mantra en ce mois de septembre était de déléguer. Cette année, la charge mentale ne passerait pas par moi. À mon conjoint, entre autres, la tâche de s’occuper du sac d’école et d’y mettre leur goûter.
Heureuse qui comme Ulysse, le voyage fut vite avorté, le soir où je me fis alpaguer par le personnel du périscolaire : « Ce serait bien de mettre une gourde pour que vos enfants puissent boire « . À les nourrir, l’homme avait bien pensé, mais pas à les hydrater.
Taux de réussite : 30%.

 

Mes états d’âme

Une altercation avec la voisine, des soucis au travail, des doutes sur ma capacité à bien m’occuper des enfants… Les raisons de lui confier mes états d’âme ne manquent pas.
Toujours, mon conjoint m’écoute.
Rarement, il m’apaise.
Comme dans ces moments-là, l’idée est d’aller mieux, et vite, je me tourne désormais vers les personnes compétentes en la matière.
Mes amies et ma mère, on n’a pas fait plus efficace pour me remonter le moral.
Taux de réussite : 40%.

Faire les courses

Chez nous, couple moderne du nouveau millénaire, les courses, c’est chacun son tour.
Il y a juste une légère différence dans nos façons de faire. Je vérifie en passant à la caisse que j’ai bien pris ce qu’il y avait sur la liste, alors que lui, pas.
Tout dans la tête, c’est bien connu (surtout le nom du pédiatre).
Une semaine sur deux, les courses sont donc faites aux trois quarts.
Taux de réussite : 60%.

Refaire les toilettes

Elles étaient moches, pourtant c’est LA seule pièce où on peut s’enfermer sans être importunée (si tant est que les tambourinements à la porte ne soient pas considérés comme une source de dérangement).
Mon conjoint a réussi à faire de cette pièce insalubre des latrines royales : mur bleu nuit, bibliothèque intégrée, bougies et cactus à volonté.
Le seul bémol, c’est qu’il n’a pas réparé la chasse d’eau.
Mais l’évacuation est-elle si importante du moment qu’on a la déco ?
Taux de réussite : 80%.

Se remettre en question

Fort heureusement, c’est une des choses pour lesquelles il excelle. Et c’est aussi la raison qui fait que, malgré les nombreux échecs de ses autres missions, je le garde !
Taux de réussite : 100%.

photo : @weheartit