« Mon bébé est un très grand prématuré né à 6 mois » : conséquences et séquelles

« Mon bébé est un très grand prématuré né à 6 mois » : conséquences et séquelles

L’histoire commence par un fort désir d’enfant, depuis….toujours.

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Un premier enfant

L’envie de construire ma famille. Ensuite il y a l’attente, quand certaines tombent enceinte en claquant des doigts moi j’ai attendu, presque un an c’est beaucoup ou peu cela dépend des histoires mais pour moi c’était tellement long, plus on me disait d’arrêter d’y penser et plus j’y pensais ! J’imaginais comment je l’annoncerai au papa, à mes proches, j’idéalisais tout comme je sais bien le faire. Et un jour enfin, à la période de l’année que je préfère (Décembre) ça y est je suis enceinte ! Le bonheur, la joie ! La grossesse se passe très bien. Je ne suis pas malade, je me sens parfaitement bien ! Pourtant au terme de 33 semaines j’ai des contractions, je suis hospitalisée pour essayer de ne pas accoucher trop tôt et lorsqu’on m’annonce que je peux rentrer chez moi je perds les eaux !

Coup de chance je suis à l’hôpital, l’accouchement se passe bien mon fils pèse 2kg400 il va bien ! Je ne réalise pas tout de suite ce qu’il se passe je suis dans l’euphorie du moment, le bébé que j’ai attendu depuis si longtemps.

On me dit qu’il va bien, qu’il n’a pas besoin d’assistance respiratoire, je ne m’inquiète donc pas.  On le met dans une couveuse mais on m’explique que je peux le voir quand je veux et encore une fois je ne réalise pas trop et me contente de cette situation.  Le lendemain mon bébé est amené dans ma chambre, nous sommes très surveillés je n’ai qu’une envie : sortir de l’hôpital avec lui mais il faut attendre qu’il prenne du poids, au total 15 jours qui me semblent interminable…

Je ne savais pas ce qui m’attendait par la suite…

Un très grand prématuré né à 6 mois

Environ 2 ans après nous décidons d’agrandir notre famille, notre fils nous comble de bonheur mais nous ne voulons pas qu’il soit seul, nous avions toujours envisagé d’avoir au moins  2 enfants. Comme pour l’aîné la grossesse se passe bien, je sais que j’ai un risque d’accouchement prématuré alors je fais attention mais tous les examens montrent que tout va bien. Soudain le 29 juillet 2017, tout s’accélère, les contractions, les urgences, l’ambulance…j’accouche le matin du 30 juillet d’un tout petit bébé d’1kg200 à 6 mois de grossesse. Je ne sais pas pourquoi cela arrive, je pense à mon fils aîné qui est à la maison avec un ami, à mon bébé, son visage à peine formé tout rouge, et le premier sentiment est : « mais qu’est ce que j’ai fait ? » « J’ai brisé tout l’équilibre de ma famille »…

3 mois de couveuse

On m’explique que tout va bien se passer, qu’il faut juste être très patient car mon bébé va rester en couveuse jusqu’au terme annoncé de l’accouchement : 3 mois. 3 mois à faire des aller-retour entre la maison et l’hôpital et entre chacun de mes garçons. Pour l’aîné j’ai trouvé très difficile de rester hospitalisé 15 jours mais je ne savais pas à quel point cela serait bien plus horrible 3 ans plus tard de rentrer chez moi sans mon bébé. Quand normalement on célèbre la naissance d’un enfant moi j’étais avec les médecins et les infirmières de la neonat à faire dû peau à peau avec mon fils. Je n’ai pas eu les visites de la famille et des amis, pas de champagne ni de toast à la santé du « divin enfant » à la place des infirmières, qui bien sûr sont très douces, compréhensives, prêtes à tout pour vous permettre de passer du temps avec votre bébé mais moi j’avais juste envie d’être seule avec lui et surtout pas dans un hôpital.

Me retrouver seule pour pleurer

Parfois, j’avais simplement envie de me retrouver seule pour pleurer mais dans le service de néonatalogie c’est impossible. Il y a le personnel de l’hôpital, le bruit incessant des machines et les autres parents, il faut oublier l’intimité. J’aimerais rester avec mon bébé toute la journée, le laisser à l’hôpital me déchire le cœur mais son grand frère m’attend à la maison. J’ai à ce moment-là le sentiment de n’être bien nulle part.

Aujourd’hui il faut faire le deuil de ces accouchements, accepter que cela se soit passé comme ça et que ça ne changera pas. Le lien n’est pas moins fort avec mes fils, nous nous sommes proches et complices. Comment l’ont-ils vécu et ressenti ? Eux seuls pourront répondre un jour (ou pas).

 Mais lorsqu’on me demande « tu vas faire un 3ème enfant  ? » je dis non poliment et au fond de moi je me dis que j’aimerais ne serait-ce que l’envisager mais est-ce raisonnable ? Que se passera-t-il la prochaine fois ? Les médecins ne savent pas pourquoi j’accouche plus tôt ! Il n’y a pas d’explication, c’est comme ça… c’est difficile à entendre quand on sait que mettre un enfant au monde est la chose la plus naturelle au monde et bien pas pour moi. Je le vis comme vraiment comme un échec.

Mon deuxième fils a des séquelles suite à sa très grande prématurité, un retard psychomoteur important qui l’empêche de marcher pour l’instant.  Comment ne pas me sentir coupable de cela ? Aujourd’hui je me concentre sur l’avenir et j’essaie, non pas d’oublier leur venue au monde mais de vivre avec et comme l’a dit un célèbre écrivain que j’adore et qui parle très bien de la maternité « et que ne durent que les moments doux » avec mes 2 garçons,  car je suis aussi consciente que  même si cela n’a pas été facile  que j’ai de la chance qu’ils soient là.

Laetitia
Crédit photo : Anne Claire De Colombel