« L’enfant du milieu », astuces pour l’aider à trouver sa place

« L’enfant du milieu », astuces pour l’aider à trouver sa place

Chez Maman Vogue, nous n’aimons pas trop les étiquettes. Cependant, force est de constater que « l’enfant du milieu » a parfois plus de difficultés que ses frères et sœurs à trouver sa place. Voici quelques astuces pour l’accompagner.

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Ménager une place unique

Ni l’aîné, ni le benjamin, le milieu se définit trop souvent en relatif aux autres positions dans la fratrie. L’enfant positionné au milieu reçoit des sobriquets peu reluisants comme « enfant sandwich » par exemple. Pourtant, l’arrivée de chaque enfant est unique et chaque place existe en tant que telle. Ajoutons que sa place résiste au temps qui passe ; que nous ayons 5 ou 70 ans, nous restons la petite et la grande sœur de. Redonnons du sens à cette place, cessons de l’identifier en relatif à une autre. Avant d’être un groupe organisé par âge, une fratrie est une addition d’individualités avec des forces et des faiblesses, des qualités et des défauts individuels. Comme dans une équipe, chaque enfant apporte sa couleur à une fratrie, quelle que soit sa place.

Nous pouvons aussi valoriser le rapport que chaque enfant entretient avec les autres. Après tout, celui du milieu a la possibilité de s’inspirer des plus âgés, de grandir par des jeux peut-être plus élaborés. Et en même temps, il peut aider les plus jeunes et s’adapter à des plus petits, plus faibles. La place peut donc être envisagée comme une source de richesse : l’enfant du milieu a une chance décuplée de développer une relation privilégiée avec tous ses frères et sœurs, puisqu’il est proche de tous en âge.

Décoller les étiquettes

On a tendance à justifier certains attributs et comportements des enfants (et même des adultes) par leur place dans la fratrie. « Oh lui c’est un aîné donc il est autoritaire », « elle est au milieu, elle cherche beaucoup l’attention ». Il est indéniable que nous nous définissons toujours par rapport aux autres. Que l’on soit enfant ou adulte, l’autre est un miroir. Ce n’est cependant pas une raison pour coller des étiquettes sur les comportements de nos enfants. Cela reviendrait à dire que deux aînés ont des personnalités similaires, que leurs comportements ne sont compréhensibles que parce qu’ils sont dictés par leur position par rapport à leurs frères et sœurs. Cette tendance naturelle et involontaire est lourde de conséquences. D’abord, c’est une façon de nier l’unicité de chaque personne ce qui est nuisible pour l’estime de soi. « Je ne suis rien de plus que ce que les autres sont déjà ». Puis, nos enfants se raccrochent souvent à l’idée que nous nous faisons d’eux (et que nous projetons). Si nous collons l’étiquette « le gentil » ou « le terrible » sur un enfant, il va naturellement s’y conformer. Ce n’est pas le meilleur moyen de les pousser à déployer leur propre personnalité.

Eviter les comparaisons

Dans la même veine que notre point sur les étiquettes. Nous sommes toujours tentés de comparer, c’est naturel. Nous avons aussi un penchant pour la réutilisation des recettes qui ont fonctionné. « Je berçais son frère comme ci, ça va aussi marcher pour elle » ou « je ne comprends pas, nous avons préparé l’entrée à l’école de mon deuxième comme pour le premier et pourtant, ça ne se passe pas du tout de la même façon ». Vous avez sûrement déjà vécu cette grande gifle envoyée par la réalité.  Nos enfants sont des personnes différentes qui, même s’ils reçoivent une éducation et un amour similaire voire carrément identique, ne réagissent pas du tout de la même façon. Parce qu’ils ont des personnalités différentes.

Alors restons créatifs et aux aguets pour inventer de nouvelles façons de composer avec chaque personnalité. De nouveaux moments de qualité, de nouveaux langages de l’amour. Cela sera aussi une façon d’apprendre à chaque enfant à exister par lui-même et non seulement en réaction aux autres. Ils développeront l’estime d’eux-mêmes et seront capables de s’affranchir du jugement ou du regard des autres. Chacun a ses propres talents et ses propres capacités, valorisons-les sans les comparer à celles du voisin. Valorisez la singularité de chacun, sans la dépeindre diamétralement opposée à celle des autres.

Enfin, les attitudes ne sont pas linéaires. Un enfant peut être colérique à une période de sa vie et s’assagir à une autre. Un enfant expansif peut devenir taiseux. Coller des étiquettes va à l’encontre de la reconnaissance de l’état de la personne à l’instant T. Restons vigilants à accueillir les émotions et les comportements de nos enfants pas uniquement comme des manifestations de leur personnalité mais aussi comme un état passager. Un état qui n’est pas toujours confortable pour un parent mais qui peut être juste le signe d’autre chose que nous pouvons essayer de décoder ensemble.

Faire le deuil de sa propre position dans la fratrie

Nous avons tous un ressenti plus ou moins positif de notre rapport à la fratrie et de notre position dans celle-ci. L’enfance laisse souvent des traces et c’est aussi sa richesse. Cependant, il nous arrive de projeter nos anciennes émotions sur nos enfants. Par exemple, nous pouvons avoir été frustrés d’avoir dû donner l’exemple en tant qu’aîné. Alors nous nous efforcerons peut-être d’éviter de reproduire cela avec notre propre enfant. Cependant, peut-être que lui, il aime ça. Naturellement, il est à l’aise avec les consignes et aime mener une bande. Un autre exemple : peut-être que nous avons adoré être le chouchou, le petit dernier que tout le monde protégeait. Oui mais voilà, notre petit dernier à nous en a assez d’être la risée de ses frères et sœurs parce que « papa et maman lui passent tout ». Et si vous avez eu l’impression d’être justement pris en sandwich, sachez que votre deuxième est peut-être très épanoui dans cette position.

Une des solutions pour éviter de reproduire les réflexes de l’éducation que nous avons reçue est d’en faire le deuil. Le deuil des parents qui n’ont pas eu la réaction que j’attendais à un certain moment, le deuil du rôle que nous avons peut-être subi, le deuil d’une relation apaisée avec la famille mais aussi le deuil d’une enfance que nous avons adorée, le deuil des parents aux petits soins, le deuil des soirées de fou rire entre frères et sœurs. Maintenant, vous avez votre propre famille et tout l’espace disponible pour inventer vos propres fous rires, vos relations et vous enrichir les uns des autres. Garder du recul par rapport à notre héritage familial permet aussi d’en alléger le poids sur les épaules de nos propres enfants.

Enfin, quelques astuces en vrac :

  • Soyez attentifs aux ressentis de vos enfants. Certains s’accommodent parfaitement de la distribution des rôles dans une famille, d’autres non. Trouver une place pour chacun et parfois s’isoler du groupe peuvent être des leviers d’action temporaires.
  • Ménagez un moment de qualité unique avec chacun. Un jeu, un sport, une activité, un livre, une discussion, un trajet,…les besoins s’expriment naturellement et vous sentirez naturellement ce qui convient à chaque relation. Expérimentez des choses, au pire vous aurez appris.
  • Valorisez la fratrie. Une fratrie, c’est un groupe, une équipe. On est souvent plus forts ensemble.
  • Faites appel aux ressources extérieures. Si votre enfant peine à trouver sa place à la maison, peut-être s’épanouira-t-il temporairement mieux chez ses grands-parents. Qui seront heureux de l’avoir pour eux tous seuls une nuit par semaine. Vous pouvez aussi lui proposer de « s’exporter » dans un autre groupe comme des cousins ou la famille de son meilleur ami. Attention à envoyer le bon message : vous ne l’isolez pas pour vous en débarrasser.

 

Photo : @brianaautran.com