Le vrai challenge quand on devient parents

Le vrai challenge quand on devient parents

Ça y est. Nous sommes parents. Notre fille est née. On la découvre. On l’observe. On la vit. On la sent. On l’écoute. On l’embrasse. On l’enlace. Elle est là. Elle. Si déterminée, persévérante, dynamique, sensible. Tellement en demande. De nos bras, de notre amour, de notre attention.

Publicités

J’ai ressenti à sa naissance une injonction non pas à faire, mais à être. Être là. Être vraie. Être pleinement moi. Car c’est ce qu’elle semblait attendre. Que tout mon être réponde présent pour elle.

Que je sois. Sans faux semblant. Sans artifice. Sans échappatoire. Elle sent toujours quand je me force, quand mon intention n’est pas juste. Particulièrement quand je ne mets pas de mots. Ses émotions, ses réactions, en sont décuplées.

Encore faut-il se connaître. Regarder ses démons en face. Ne pas se mentir. Même quand c’est moche. Même quand on a honte. De penser ça. D’être cette personne là.

Accepter de se remettre en question. Interroger l’éducation qu’on a reçue, les valeurs qu’on veut transmettre, qui on est. Oser partager ça avec l’autre. Prendre le risque de ne plus être surs de rien. Se laisser ébranler, ensemble.

Se faire confiance. S’écouter. Se respecter. Être honnête. Avec soi. Avec elle. Avouer que parfois, on n’a pas envie, on ne s’en sent pas capable, on aimerait être ailleurs, pouvoir prendre la sortie de secours. Ne pas s’y résoudre. Ou seulement quelques heures. Et revenir.

Se tromper. Sans culpabiliser. Lâcher prise. Relativiser. Ne pas réussir à le faire. Et se dire que c’est ok. Que ça viendra. Qu’on va apprendre, avec le temps. Que ça va se faire. Que ça va le faire.

Être fragile. S’abandonner. Vivre ses émotions à fond. Aussi contradictoires soient-elles. Accueillir les siennes. Aussi fortes soient-elles.

Ne pas lui en vouloir. De nous renvoyer malgré elle à nos blessures, à nos failles les plus intimes, les plus profondes, les plus douloureuses. A ces questionnements des plus existentiels. Se rappeler qu’elle n’y est pour rien. La remercier de nous mettre en position d’y faire face.

On ne nous dit pas que le plus dur, quand on devient parent, c’est qu’il n’y aura pas que son enfant à accompagner. On devra aussi, au milieu de tout ça, trouver son propre chemin. 

Apprendre à s’aimer. Tout court ou juste davantage. Pour l’aimer. Lui. Elle. Nos enfants. Dans tout ce qu’ils sont. De tout notre être.