La joie des repas avec nos jeunes enfants

La joie des repas avec nos jeunes enfants

Avant d’avoir des enfants, passer à table était plutôt un plaisir. On préparait le repas tranquillement, sans trop de prise de tête, l’horaire n’était pas si important, au pire on prenait un petit apéritif pour patienter. Si on voulait passer deux heures à cuisiner ce n’était généralement pas très compliqué. Sans être un excellent cordon-bleu, on était capable de réaliser des petits plats un peu recherchés, de nous appliquer, de travailler un peu les goûts, de soigner la présentation. On pouvait cuisiner à deux tout en discutant, au calme.

Publicités

Mais ça, c’était avant. Avant d’avoir des enfants. Qu’on adore, bien sûr, mais qui ont changé notre vision des repas. Aujourd’hui, chaque repas est comme un nouveau challenge qu’on doit relever.

Pour commencer, nous devons préparer ce-dit repas, avant que l’estomac de nos petits anges ne crie famine, sinon, gare à nos oreilles ! Il nous faut donc anticiper l’heure des déjeuners, malgré les mille sollicitations de la maison. Evidemment, on peut tous essayer (je dis bien « essayer », il semblerait qu’il y ait souvent des imprévus dans nos quotidiens) de s’organiser en amont pour préparer un plat un peu plus digne de Paul Bocuse que de notre dernier séjour à l’hôpital, mais parfois, mettre un pied dans la cuisine ressemble à un appel à table pour nos enfants chéris.

  • Alors pour soigner un peu nos repas il nous faut :

1) Aller très vite,

2) Éventuellement accepter de cuisiner avec un enfant dans les bras,

3) Avoir un morceau de pain ou quelconque aliment comestible à portée de main pour faire patienter ce petit monde,

4) Avoir les yeux partout et de bonnes chaussures de course ; être capable de ramasser une cuillère, de refermer la porte d’un placard, de reprendre le couteau des mains du plus petit et de rattraper le paquet de farine prêt à valser, avant même d’avoir commencé à lire la recette.

N’ayant pas toujours la capacité de faire preuve de toutes ces qualifications à la fois, forcément, nos jolis petits plats se transforment de temps en temps (souvent?) en restes de soupe-pâtes-jambon, à peine réchauffés, car le repas, ça n’attend pas !

Alors oui, nos repas sont moins sophistiqués, mais on fait chacun au mieux, et c’est déjà un bon début ! Et si en plus nous arrivons à ajouter une petite purée pour le petit dernier dont la dentition n’est pas encore aboutie, nous pouvons être fiers de nous !

Deuxième problématique avec nos enfants : le repas en lui-même. Admettons que nous ayons réussi à préparer un déjeuner digne de ce nom (on peut déjà se féliciter pour ce point), voilà le moment d’installer chacun à sa place. Entre les petits affamés, qui ne nous ont pas lâché d’une semelle, voire qui sont déjà assis et prêts à manger, et les plus grands, trop occupés à jouer, écouter de la musique, prendre une douche ou courir dans le jardin, cette étape peut s’avérer plus longue et plus ardue qu’on ne le pense.

Ensuite il reste à mettre les bavoirs/serviettes, échanger l’assiette bleue avec la verte et le verre du plus grand avec celui du plus petit…. le tout en limitant au maximum les cris. Puis à servir chacun, couper la viande en petits morceaux, mélanger la sauce avec le riz… et c’est parti ! Entre les verres d’eau renversés, les grains de riz (ou les petits pois, même combat) disséminés un peu partout dans la cuisine, l’enfant qui chante, celui qui pleure, celui qui rêve, celui qui n’ouvre pas la bouche, celui qui n’est pas satisfait du menu, celui qui a déjà fini et en redemande, celui qui glisse de sa chaise, celui qui pioche dans l’assiette de son voisin, celui qui recrache sa purée, celui qui est toujours sous sa douche (…) et qu’on appelle pour la dixième fois…. Les repas se suivent mais ne se ressemblent pas !

Au bout d’un moment arrive le dessert puis la délivrance ! Mais c’est sans compter sur le rangement de la cuisine qui reste à faire. Une fois les couverts enlevés de la table, les serviettes pliées, l’éponge et le balai passés, les plats rangés…. on peut enfin cocher une case « repas » sur la to-do list de notre journée. Et espérer avoir perdu au moins 500g dans cette épreuve sportive (si seulement c’était un régime efficace!).

Alors parfois, un repas sans enfant nous fait rêver, un restaurant en amoureux encore plus ! Allez, voyons le bon coté des choses, au moins notre café et notre moment calme (s’il y en a un) sont vraiment mérités et savourés!

Alice de Champs

Crédit photo : @annalandstedt