« Je suis fils de militaire »

« Je suis fils de militaire »

Voilà 104 jours que mon papa est parti. Soit 2496 heures que je ne partagerais jamais avec lui.

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Une heure pour jouer au petit train.

Une heure pour me raconter des histoires.

Une heure pour faire du vélo.

Une heure pour bricoler ensemble.

J’ai l’habitude. Je suis fils de militaire et j’ai passé la moitié de ma vie sans lui.

 

Je suis fils de militaire et, si un jour je pourrais dire que c’est ma force, j’ai le droit aujourd’hui de trouver que ce n’est pas juste et de me sentir délaissé. Il parait qu’il se bat contre des méchants. Moi, tout ce que je veux, c’est qu’il soit là.

Je suis fier de parler de mon papa à mes copains et j’adore les vidéos d’hélicoptères qu’il m’envoie. C’est sa manière de me dire qu’il pense à moi. Pourtant quand il veut me parler au téléphone, mon cœur se serre et je refuse. Je lui en veux. Je suis triste.

 

Je suis fils de militaire. Qui pense à moi et à mes sacrifices ? Qui pense à ma manière de grandir et à mon développement ? Qui pense à me donner plus de temps quand je ne veux pas ? Qui pense à toutes ces heures que je ne récupèrerai pas ?

Aujourd’hui, quelqu’un a sonné et a donné des fleurs à ma maman. « C’est papa qui me les a offertes ». Mon cœur a bondi. Je l’ai vite cherché dans les escaliers mais maman m’a parlé de La Poste. Je ne comprends pas pourquoi il ne peut pas s’envoyer lui aussi ?

Souvent, j’oublie son absence et c’est comme si c’était un jour normal. Puis, je vois un autre papa et je me souviens. Je ne trouve pas les mots pour dire que cela me rend triste. Alors, souvent, je crie, je suis en colère ou j’ai encore besoin d’un câlin.

 

Je suis fils de militaire. Donnez-moi le droit d’être un peu plus sensible que les autres, de ne pas avoir envie de grandir, de mettre certaines choses sur pause en attendant le retour de mon papa.

Je n’ai pas très bien compris quand il rentrait. Il y a encore beaucoup de cases sur le calendrier. De toutes façons, je ne sais compter que jusqu’à 4 et je vois bien que c’est plus grand que tous mes doigts.

Mon petit papa, je voulais quand même te dire que j’essaie d’être fort et gentil avec maman comme tu me l’as demandé. Mais j’ai souvent envie de craquer alors dépêche-toi de rentrer !

 

Marie-Amélie Clement

@bonjour.melie

Marie-Amélie Clément

Maman de deux petits gars, épouse de militaire, mais surtout femme passionnée d'écriture, de littérature et de voyages. Marie-Amélie prend sa plume pour chercher la justesse et la vérité en toutes choses. Elle aime s'interroger, observer et découvrir sans cesse sur les autres et soi-même. 
 
Elle s'interroge également sur une autre manière de vivre sa féminité et sa maternité : plus simple, plus instinctive et plus écologique.
 
Pistes, anecdotes, conseils et réflexions en tout genre pour avancer simplement dans la vie de tous les jours et apprendre à déculpabiliser !