Familles nombreuses, familles plus heureuses ?

Familles nombreuses, familles plus heureuses ?

L’adage dit souvent « famille nombreuse, famille heureuse », mais c’est évidemment bien plus complexe que cela, et pas forcément vrai.

Pour commencer, à partir de combien de personnes une famille est-elle considérée comme nombreuse ? Certains disent à partir de trois enfants, d’autres en ont quatre et ne se sentent pas particulièrement nombreux. Parfois avec deux on se sent déjà dépassés et très nombreux. Certains couplent qui ont ou ont eu des difficultés à avoir des enfants peuvent se sentir déjà très chanceux d’en avoir un ou deux. Cette notion de famille nombreuse dépend également des normes sociologiques et culturelles de notre pays, donc autant dire que cette jauge est totalement subjective, même si en France la question semble tranchée par la carte « famille nombreuse » de la SNCF.

Mais alors, une famille nombreuse procure-t-elle plus de bonheur ou est-ce au contraire plus galère ? En réalité, cette question n’a pas vraiment de sens. On peut supposer que si gérer 2 enfants est compliqué, en gérer 4 serait deux fois plus difficile ? Pas forcément. Qu’être heureux à 10 est plus simple qu’a 2 ? Pas du tout !

Tomber en panne quand on est 3 dans une voiture, c’est galère. Tomber en panne quand on est 8 peut être un peu plus compliqué puisqu’il faudra trouver deux voitures de dépannage, sécuriser plus d’enfants, etc, mais en soi le problème est plus ou moins le même. Fêter la remise de diplôme de son fils est une joie, que l’on soit quatre ou sept, mais l’évènement peut potentiellement se répéter plus de fois si l’on a plus d’enfants susceptibles de faire des études.

La question de bonheur ou de difficulté ne dépend pas uniquement du nombre de personnes dans une famille. Le bonheur est aussi un état d’esprit, influencé par les évènements qui nous touchent : maladies, décès, difficultés financières ou matérielles, entente entre les différents membres, maltraitance, accident, etc. Que l’on soit deux ou huit ces difficultés peuvent nous arriver. A l’inverse on peut vivre de très belles choses dans une famille nombreuse comme dans une famille moins nombreuse. Certains enfants peuvent adorer être enfant unique quand d’autres détesteront ; certains adoreront avoir de nombreux frères et sœurs quand d’autres auront un peu plus de mal. Certains parents géreront très bien quelques enfants, mais pas forcément le double… Au fond qu’importe ?

Nous n’avons pas tous le même modèle familial, et chacun agit aussi selon ses moyens.

En revanche on peut bien admettre une chose, c’est que la vie d’une famille nombreuse est (la plupart du temps !) plus mouvementée que celle d’une famille plus petite : plus d’anniversaires à fêter, d’idées de bêtises, de bruit à table, de manteaux à enfiler avant de sortir, d’enfants à tartiner de crème solaire avant d’aller se baigner, plus de voix pour chanter en famille, plus de cris autour du même jouet que tous les enfants se disputent, plus de bruit dans les fou-rires. Une voiture plus grosse à garer, une organisation plus compliquée pour les sorties en famille, plus de partenaires de jeu pour s’occuper…

Il est impossible de comparer deux familles, quelles qu’elles soient, nombreuses ou non, et encore plus de définir si l’une des deux est plus heureuse que l’autre, ou au contraire plus en difficulté. On peut en revanche constater que dans une famille plus nombreuse, tout est souvent décuplé, joies et peines.

 

Photo : @loeildelaphotographie.com