En devenant parent, on revit sa propre histoire

En devenant parent, on revit sa propre histoire

Devenir parent : Quelques jours après la naissance de mon aîné, alors que des émotions fortes et contradictoires m’envahissaient, une sage-femme bienveillante m’a dit ces mots : « Quand on donne la vie, on revit sa propre naissance ». En y réfléchissant, ma naissance ne s’était pas bien passée. Ma mère a failli me perdre plusieurs fois avant que je vienne au monde, et mon père était absent. Bref, une naissance angoissante pour ma mère, et donc pour moi.

De fait, bien que la naissance de mon fils se soit bien déroulée, j’ai certainement dû y revivre tout un tas d’émotions ancrées en moi depuis toutes ces années. C’est vrai pour la naissance de ses enfants, mais je pense sincèrement que tout au long de notre parcours de parents, nous revivons notre propre histoire.

Des blessures qui marquent notre vie de parent

Tout ce que nous pouvons vivre pendant notre enfance, va marquer notre personne de manière très profonde. Personnellement, j’ai vécu énormément d’angoisses au cours de mon enfance et de mon adolescence. J’ai donc développé un grand sentiment d’insécurité, et un manque de confiance en moi certain. Ce manque me suit partout où je vais, et particulièrement dans ma vie de maman. Je passe mon temps à me demander si je suis une bonne mère, si mes enfants ont tout ce qu’il leur faut pour affronter la vie. Est-ce qu’ils vont bien, ou au contraire subissent-ils mes propres blessures ? Ce n’est donc pas avec sérénité que je me suis lancée dans la vie de maman. J’allais devoir faire face à ces blessures, les assumer et surtout les dépasser. 

Devenir parent : Nous avons tous notre propre bagage émotionnel

Chacun de nous, homme ou femme, débarquons de manière différente dans la vie de parent. J’oserais presque dire que nous ne sommes pas tous égaux face à cette étape de la vie. Nous portons avec nous le bagage émotionnel construit au fur et à mesure de l’enfance. Ce bagage est fait de plusieurs choses, de nos blessures, mais aussi (et heureusement !) de nos forces. Il est fait des relations avec nos parents et avec nos frères et sœurs, de notre rapport au monde, de notre construction affective… Chaque élément de ce bagage va influencer fortement notre rapport à la parentalité. Et même si l’on semble avoir fait la paix avec certaines blessures, elles demeurent ancrées en nous, parfois inconsciemment.Une femme dont l’enfance a été plutôt sereine, avec un modèle parental uni, ne va pas forcément développer les mêmes craintes qu’une autre, dont l’enfance aurait été plus chaotique, avec des parents en conflit, par exemple. 

Devenir parent : Comprendre cela pour arrêter de se comparer

C’est pour cela qu’on semble parfois passer son temps à se comparer aux autres parents. Il y a toujours ce voisin pour qui tout semble si facile, et qui n’a pas l’air de se poser les mêmes questions existentielles que nous. Ou au contraire, nous ne comprenons pas pourquoi ces copains ont l’air de galérer sur des sujets qui nous traversent à peine l’esprit. Prenons conscience de nos propres forces et de nos propres limites. Chaque parcours parental est différent, et c’est ce qui fait, finalement, le caractère unique de la famille que l’on construit. 

S’inspirer de notre propre éducation

Bien sûr, on emporte avec soi l’éducation que l’on a reçue. Il y a ce que l’on souhaiterait transmettre, et ce que nous voudrions surtout éviter. Il existe une peur de reproduire les mêmes erreurs que nos parents. Heureusement, nous sommes deux dans cette aventure. Ensemble, face à la vie de parent, nous apportons chacun notre bagage. Il nous faut ainsi en faire l’état des lieux, et définir ce qui est à garder, à écarter, mais aussi à guérir. Pour cela, quelle chance que la complémentarité dans un couple, à tous les niveaux ! Mon mari, bien qu’ayant ses propres blessures, a vécu une enfance plus sereine que la mienne, et est capable d’apaiser ainsi mes angoisses. C’est cette complémentarité qui va pouvoir aussi transformer nos blessures en force pour l’avenir. 

Devenir parent : Faire de ce bagage une force

Pendant ma première grossesse, je craignais de transmettre toutes mes angoisses passées à mon enfant. J’ai donc travaillé à comprendre d’où venait ces angoisses. Et aujourd’hui, je découvre avec bonheur que mon petit garçon est de nature calme et sereine. Et je vis cela comme une victoire.

En effet, la bonne nouvelle, c’est que rien n’est irréversible. Parfois, le bagage que nous portons peut nous sembler lourd, mais nos enfants nous tournent heureusement vers l’avenir. Ils nous donnent la possibilité de changer, de dépasser nos craintes pour leur offrir leur propre enfance. Il faut pouvoir prendre conscience de son bagage, pour aller de l’avant. Et se dire que nos enfants nous prennent tel que nous sommes. L’important, c’est de faire de son mieux. Ces enfants nous sont donnés à nous, et pas à d’autres. Nous sommes les meilleurs parents qu’il faut pour nos enfants. Les marques heureuses et malheureuses de notre vie font de nous des pères et des mères uniques. Cessons de nous comparer, cessons d’avoir peur de l’avenir. Allons de l’avant, et nos enfants ne pourront que nous remercier. 

 

Crédit photo : @Caroline Cuinet pour Maman Vogue

Tiphaine Leuba

Mariée depuis 3 ans et maman d’un petit garçon, je suis passionnée depuis toujours par l’écriture et j’ai décidé d’en faire mon métier. J’aime partager dans mes articles mon quotidien mouvementé et passionnant de jeune femme et de jeune maman.