Club Mojo : Rencontre avec ces mamans entrepreneuses

Club Mojo : Rencontre avec ces mamans entrepreneuses

Pouvez-vous vous présenter en quelques lignes ?

Olga : Je suis née en Russie et je suis maman de 2 enfants de 5 et 3 ans. J’ai fondé deux entreprises : la première était une école de langues en Nouvelle-Calédonie, et Club Mojo est la seconde.

Flore : Je suis également maman d’une petite fille de 2 ans et demi. Après une formation initiale d’ingénieur, je me suis reconvertie à la diététique et me suis lancée dans l’aventure entrepreneuriale avec Olga.

Comment l’idée de créer Club Mojo vous est-elle venue ?

Olga : Ayant moi-même été confrontée aux problèmes de poids depuis l’adolescence, j’ai testé de nombreux régimes et toutes les solutions miracles pour essayer de se sentir bien dans son corps. J’ai fini par réaliser que cela ne faisait qu’empirer la situation, et grâce à des heures de recherche, j’ai fini par trouver une solution pour moi, qui n’est malheureusement pas répandue ni conventionnelle. Après m’être sortie de là, j’ai voulu aider d’autres femmes pour lesquelles le poids est une obsession.

 

Racontez-nous comment l’aventure a débuté et quel est votre parcours ? Que faisiez-vous avant ?

Olga : Après avoir fait mon master en finances à St Pétersbourg, j’ai poursuivi mes études en France et obtenu un master en marketing à HEC. Une première expérience dans une maison de maroquinerie m’a donné l’envie d’entreprendre, et à l’occasion d’une expatriation en Nouvelle-Calédonie, je me suis lancée en créant mon école de langues. De retour en métropole, j’étais gagnée par la fièvre d’entreprendre, et me suis lancée dans une nouvelle aventure !

Flore : J’ai rencontré Olga lorsqu’elle cherchait une diététicienne pour intervenir dans les programmes de Club Mojo ; son état d’esprit résonnait complètement avec ma pratique professionnelle, et le feeling est passé dès notre premier entretien !

 

Expliquez-nous le concept de Club Mojo ?

Olga : J’ai créé Club Mojo suite à mon expérience personnelle de la perte de poids. J’ai réalisé qu’énormément de femmes font des régimes sans succès. On présente les régimes comme étant la seule solution et cette solution ne fonctionne pas ! C’est quand même étonnant ! 

Le surpoids, c’est juste le symptôme d’un problème plus profond. Dans un régime, on ne cherche pas à comprendre ce qui ne va pas – on se dit juste : je suis grosse, alors j’arrête de manger et je vais faire du sport. Alors oui, le poids part… et revient aussitôt que vous revenez à votre vie normale ! C’est ce qui arrive à 90% des personnes qui cherchent à perdre du poids en faisant un régime. 

Pour ma part, j’ai testé des dizaines de programmes de perte de poids, et tous les programmes étaient pareils. Les détails varient, mais en gros il fallait manger moins et bouger plus. Si tu suis les instructions, ça marche. Dès que tu t’arrêtes, le poids revient.  Ça n’est pas durable.

Chez Club Mojo, nous nous occupons de la femme à 360°. Nous aidons chacune d’entre elles à trouver une solution personnelle. C’est elle qui travaille sur la connaissance de soi, sur ses problèmes profonds à l’origine de ses problèmes de poids. Avec l’aide de notre diététicienne formée à l’alimentation intuitive, de notre coach de vie, et de notre coach sportive, nous les accompagnons sur le chemin du changement. Un changement personnel, durable et profond. 

 

 

Quel type de clientèle ciblez-vous avec Club Mojo ?

Flore : Les femmes qui passent leur vie au régime. Les femmes qui sont insatisfaites de leur corps et luttent contre elles-mêmes. Celles qui, chaque année, se décident à perdre quelques kilos à l’approche de l’été, et les reprennent aussitôt. Celles pour qui être invitée chez des amis est source d’angoisse, parce qu’elles se disent qu’il va y avoir trop de trucs trop bons à manger et qu’elles ne devraient pas…

Bref, toutes les femmes pour qui manger génère du stress – car manger, ça fait grossir.

Parmi elles, certaines sont effectivement en surpoids ou obésité, et d’autres ont un IMC “standard”. Mais elles partagent un point commun : cette obsession du poids et de la nourriture.

 

Quelles valeurs souhaitez vous transmettre avec Club Mojo ?

Flore : La bienveillance, le respect, l’estime de soi sont au cœur de notre démarche. Ce sont à la fois les valeurs autour desquelles est construite notre approche, mais aussi ce vers quoi nous souhaitons faire avancer nos participantes.

 

En tant qu’auto-entrepreneuses et mamans, comment organisez-vous votre quotidien ?

Olga : Plus l’enfant est petit, plus c’est compliqué car le quotidien avec le bébé est imprévisible. Tu ne sais pas si tu vas passer une bonne nuit, si l’enfant tombe malade. Personnellement, mes enfants étaient malades tous les mois d’octobre à mars ! Pour moi, jusqu’à l’âge de 2 ans du petit, c’était très difficile d’avoir des journées organisées. Même si j’ai été aidée, les nuits ont été compliquées. Et si je ne dors pas, impossible d’être efficace. Je voulais avancer, ça m’embêtait de ne pas être à la hauteur. Mais en regardant la situation maintenant, je me dis qu’il fallait prendre le temps. Comme dans tout. Prendre le temps, s’écouter et profiter de l’instant présent. 

Maintenant, ils ont 5 et 3 ans, c’est beaucoup plus facile. Ils sont moins malades et ils dorment mieux. J’ai du temps dédié à mes enfants, le matin, le soir et le weekend. J’ai aussi un temps bloqué pour mes activités sportives – si je ne fais pas de sport, j’ai ni force, ni idées. Je me réserve aussi du temps pour moi-même, pour me poser, méditer, écrire, réfléchir… et pour mes hobbys (même s’ils sont très limités avec la covid). Je fais régulièrement des randonnées avec une copine ou je découvre la broderie ou le dessin. Et le reste du temps, je travaille. Mais mon travail c’est aussi un hobby :). 

Flore : A la naissance de ma fille, j’avais encore un pied dans mon ancien métier d’ingénieur. A l’issue de mon congé mat’, j’ai repris ma double activité d’ingénieur à 80% et de diététicienne à 30%. Et oui, ça faisait déjà plus de 100%, sans compter les temps de transports énormes en région parisienne… et mon nouveau job de maman ! C’était très (trop !) ambitieux, et j’ai vite compris que cela ne pourrait pas durer ! Un mois et demi après, j’ai posé ma démission, pour me recentrer sur ma fille et mon nouveau métier de diététicienne.

Aujourd’hui, mon activité en libéral Club Mojo m’offrent une souplesse très importante dans la gestion de mon emploi du temps. Cela me permet de réserver du temps pour ma fille en journée – la principale difficulté, c’est de ne pas s’oublier dans l’histoire et de faire passer à la trappe les moments pour soi et pour son couple. Heureusement, j’ai Olga qui me montre la voie !

 

Quelles sont vos plus belles satisfactions aujourd’hui ?

Olga : ma satisfaction c’est de voir les messages et les témoignages des filles qui font notre programme. Nous changeons carrément la vie de filles. Elles commencent à s’aimer dans le miroir, elles stressent moins vis-à-vis de la nourriture. Elles osent changer leur vie. Changer de boulot, partir à l’étranger, changer de partenaire ! Elles osent faire des projets qu’elles avaient peur de faire. Voir le bien-être des femmes qui font nos programmes, c’est ça la plus belle satisfaction. 

Flore : Olga a tout dit ! Quand j’ai entamé ma reconversion, une séance de coaching professionnel m’a permis de mettre en évidence qu’un de mes moteurs, c’était “d’aider les gens” – ce que ma maman a confirmé plus tard, en disant que j’étais comme ça “depuis toute petite”. Avec Club Mojo, je suis servie ! A chaque programme, on reçoit énormément de témoignages qui montrent à quel point nos participantes progressent et sont heureuses des changements qu’on les aide à mettre en place.

 

Un adjectif positif pour vous définir chacunes ?

Olga : Flore est structurée. Elle arrive à mettre dans des tableaux mes idées et mes mots qui partent dans tous les sens.

Flore : Olga est audacieuse. Elle a l’énergie pour faire face à tout, et se donne les moyens d’atteindre la vision ambitieuse qu’elle a de tous ses projets.

 

Un petit défaut ?

Olga : Flore n’aime pas le kaki. C’est un fruit que j’adore et elle ne partage pas ça avec moi.

Flore : Olga est parfois énervante, par sa capacité à trouver du temps pour faire du sport, se pomponner, s’occuper de ses deux enfants, et gérer son entreprise en même temps ! Mais en réalité, c’est une qualité, et j’essaye de m’en inspirer… Par contre, elle ne partage pas ma passion pour Excel, et ça, je ne sais pas si je pourrai le lui pardonner un jour.

 

Comment gérez-vous le fait de travailler ensemble ? Si vous avez des désaccords sur la prise de décision par exemple ?

Olga : Avant de nous associer, nous avons travaillé ensemble pendant 1 an. Notre force est que nous sommes très complémentaires, nous ne faisons pas du tout le même travail dans l’entreprise. Nous avons l’avantage de pouvoir travailler à distance, c’est aussi un inconvénient parfois, parce qu’on ne se voit pas beaucoup en réel mais nous passons beaucoup de temps sur zoom. Et aucune d’entre nous n’aime le conflit, donc en cas de désaccord, on discute longtemps, on réfléchit pour trouver une solution qui nous convient à toutes les deux. Nous n’avons pas encore eu de désaccords importants, on vous tiendra au courant si ça arrive !

Flore : Le fait que les rôles soient bien répartis et qu’on se fasse confiance mutuellement sur nos missions respectives permet un fonctionnement fluide. Après, Olga est l’associée majoritaire, donc en cas de désaccord, c’est à elle qu’il revient de prendre la décision finale. Je la sais suffisamment à l’écoute et conciliante pour que cela ne me pose pas de problème !

 

Quelles ont été ou sont encore les choses les plus difficiles pour vous en tant qu’entrepreneuses ?

Olga : Pour moi la chose la plus difficile c’est d’avancer dans un brouillard. Tu ne sais pas si ce que tu fais va marcher ou si tu vas dans le mur. Tu y crois. Mais tu ne sais pas. Chaque jour c’est des hauts et des bas. Des mauvaises et des bonnes nouvelles. 

Une autre chose c’est la responsabilité. Tu es responsable de ton produit, de tes clients, de ton équipe, de tes revenus. C’est à la fois super, mais pour moi, qui n’aime pas trop les responsabilités, c’est parfois trop. 

Flore : En me lançant dans cette nouvelle vie d’entrepreneuse, j’ai fait une croix sur mes revenus – au moins provisoirement ! C’est une situation que j’ai acceptée en connaissance de cause, et qui a été décidée avec mon conjoint – il subvient pour l’instant seul aux besoins du foyer. Mais une partie de moi n’aime vraiment pas l’idée d’avoir perdu mon indépendance financière ! 

 

Quelles sont vos astuces pour souffler ? Décrocher un peu du travail ?

Olga : C’est de couper le portable. C’est dur. Mais ça marche. C’est aussi de faire des activités le weekend qui changent de ton quotidien. Être dans la nature, pour moi c’est hyper ressourçant. Je conseille aussi de faire en sorte que dans vos journées, vous décrochiez régulièrement. Un jogging au milieu de la journée, de la méditation, une séance de sport, une pause lecture, un appel téléphonique avec une copine…

Flore : Je crois que je ne suis pas un très bon exemple là-dessus… Mon astuce, c’est d’essayer de faire comme Olga ! 

 

Des rêves ou ambitions pour Club Mojo dans les années à venir ?

Olga : je rêve d’aider un maximum de femmes pour lesquelles la nourriture est un stress. Je rêve que Club Mojo devienne la référence pour ces femmes-là. Faire de Club Mojo une vraie communauté avec de vraies rencontres et des grands événements pour montrer à ces femmes qu’elles ne sont pas seules, qu’elles sont belles et qu’elles peuvent faire de leur rêve la réalité.

Flore : A plus court terme, nous avons le projet de créer une version en ligne de notre programme : les ateliers de groupe y seront remplacés par des vidéos pré-enregistrées. Il y aura moins d’interactivité, mais plus de flexibilité, et le prix sera aussi moins important. Tout cela devrait nous permettre de toucher encore plus de femmes.  

 

Un conseil pour les mamans qui souhaitent entreprendre ?

Olga :

Entourez-vous de personnes qui sont positives et qui croient en vous, qui vous donnent envie d’avancer. 

Travaillez sur votre confiance en vous, parce que c’est grâce à votre for intérieur que vous allez avancer et pas abandonner.

Soyez bienveillantes avec vous-même, écoutez-vous et votre corps, donnez vous du temps. C’est un marathon et pas un sprint.

N’abandonnez pas trop tôt. Peu de projets peuvent être rentables rapidement. Il faut minimum 3 ans pour vraiment voir si cela marche ou pas. Écoutez le marché, travaillez votre offre, mais n’abandonnez pas trop tôt.

Si moi j’y arrive, toi aussi tu peux y arriver !!!

Flore : Je pense qu’il est indispensable de bien se connaître : prendre le temps d’évaluer ses propres forces, ses compétences, ses faiblesses, ses lacunes… pour mieux s’entourer ou se faire accompagner sur les points qui nous font défaut, et se faire confiance sur nos points forts ! Ensuite… ne pas avoir peur de se lancer !

Retrouvez leur podcast ci-dessous : 

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