« Alors, t’as un amoureux à l’école ? »

« Alors, t’as un amoureux à l’école ? »

« C’est qui ta meilleure copine à l’école ? », « C’est Nicolas ! », « Oh un garçon, c‘est ton amoureux alors ? ». Incompréhension pour l’enfant qui ne voit pas très bien pourquoi nous sommes soudainement passé de la « copine » à « l’amoureux ».

 

Combien de fois avons-nous entendu cette phrase dans notre entourage, à la sortie de l’école, de la part de tantes bien intentionnées ? Même plus tard, dans certaines histoires de rencontre, : « c’était mon amoureux en maternelle ». Quel sens mettons-nous derrière ce mot d’ « amoureux » ? Un sens inévitablement adulte ?

 

Le sentiment amoureux, s’il peut exister dès le plus jeune âge, a si peu à voir avec celui que nous ressentons une fois grand. Il s’agit d’avantage d’un attachement passager à un autre que votre enfant trouve joli ou gentil. Ils jouent ensemble, se tiennent la main dans le rang, s’assoient à côté et se font des coucous à la sortie d’école. Ils peuvent être tristes si l’autre est absent. Mais le sentiment amoureux de l’enfant n’atteint pas la même profondeur que le nôtre.

 

Le problème viendrait alors du vocabulaire, « amoureux » ne semblant pas correctement désigner la réalité légère et enfantine de cette préférence. Elle est très sérieuse évidemment ! Mais à hauteur d’enfant. Il convient alors que nous nous employons à de ne pas y appliquer les règles du jeu amoureux adulte. « Ils ne sont plus ensemble. », « ils ont cassé », « elle l’a trompé ». Tant de vocabulaire qui ne trouve pas leur réalité dans l’univers d’un enfant ou que nous leur avons imprudemment suggéré.

 

S’il ne faut pas sous-estimer les sentiments d’un enfant, il ne faut pas les surestimer non plus. Faisons attention à utiliser les mots appropriés à ce sentiment, sans minimiser ni surinterpréter, et à adapter notre comportement.

 

L’enfance a des manières de voir, de penser, de sentir qui lui sont propres ; rien n’est moins sensé que d’y vouloir substituer les nôtres.” Jean Jacques Rousseau

 

Crédit photo : @silviaferrer.com

Marie-Amélie Clément

Maman de deux petits gars, épouse de militaire, mais surtout femme passionnée d'écriture, de littérature et de voyages. Marie-Amélie prend sa plume pour chercher la justesse et la vérité en toutes choses. Elle aime s'interroger, observer et découvrir sans cesse sur les autres et soi-même.

Elle s'interroge également sur une autre manière de vivre sa féminité et sa maternité : plus simple, plus instinctive et plus écologique.

Pistes, anecdotes, conseils et réflexions en tout genre pour avancer simplement dans la vie de tous les jours et apprendre à déculpabiliser !