À toi mon fils

À toi mon fils

A L’ECOLE DE LA FAIBLESSE

Aujourd’hui mon tout-petit, mon bébé, mon chéri tu as neuf mois. Neuf mois, c’est le temps que tu as passé au creux de moi. C’est en cela que cette date est encore plus forte à mes yeux que celle de ton premier anniversaire à venir. Car ce jour marque la fin d’un cycle. 

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Neuf mois durant, mon corps a tissé le tien, ton âme a habité la mienne, nos cœurs ont battu à l’unisson. Durant neuf mois ensuite je t’ai apprivoisé, je t’ai rassuré, je t’ai consolé, je t’ai câliné, je t’ai chuchoté à l’oreille que oui ce monde était fou, fou d’orgueil et d’envie, mais que toi et moi, mon tout-petit, allions vivre d’amour. Protégés par ton papa, entourés par ceux que nous aimions, nous nous sommes un (tout) petit peu coupés du monde, de ses exigences et de ses violences, pour un temps. Et nous avons vécu lentement, gratuitement, doucement, au rythme de tes nuits, de tes sourires et de tes angoisses, de tes grands yeux et de tes caresses.

Ce refuge que nous avons construit pour toi, mon petit garçon chéri, un jour tu en feras tomber les murs à grands coups de « pourquoi ». Il le faudra. Ta curiosité et ton énergie en bandoulière, tu remettras en question tous nos choix et tu iras la tête haute découvrir ceux des autres. Puissions-nous alors rester confiants, en nous et en toi, en les graines que nous auront semées toutes ces années. Car nous t’élevons pour ce monde, pour que tu y apportes la lumière et la justice, et pour que ceux qui croisent ton chemin le voient plus beau.

Neuf mois d’accueil ; neuf mois de séparations. Grâce à toi mon tout-petit, je n’ai jamais été aussi faible ni aussi forte. Je suis allée au-delà de mes limites, et j’y ai trouvé une paix immense. Tu m’as donné la plus grande des leçons. Alors, pour toutes les années à venir, « j’accepte de grand cœur (…) les faiblesses, les contraintes, et les situations angoissantes. Car, lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort. »* 

*(Paul 12, 10)

VICTOIRE EYRAUD