À mes soeurs d’armes

À mes soeurs d’armes

Je me suis longtemps demandée pourquoi les médecins traînaient avec les médecins, les avocats avec les avocats et les femmes de milis avec les femmes de milis. J’ai longtemps considéré avec mépris ce que je prenais pour de la paresse sociale ou du confort de classe. Aujourd’hui, nous préparons notre troisième déménagement en 24 mois de mariage, et je comprends. Un peu.

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Je comprends qu’il est parfois, souvent, difficile de se sentir différente. Pas pareille. De se sentir obligée d’expliquer, de devoir justifier. Pourquoi je suis seule, pourquoi je ne peux pas prévoir, pourquoi mon job ne suit pas toujours et pourquoi je suis quand même occupée, pourquoi c’est compliqué de « répartir les tâches » et pourquoi ce n’est souvent pas moi la priorité, pourquoi on bouge, pourquoi je m’adapte, pourquoi je galère, pourquoi je suis, pourquoi c’est dur, pourquoi je dis oui. J’en arrive parfois à me sentir obligée de justifier tout cela auprès de…moi-même. Et, parfois, je n’y arrive pas.

C’est vrai ça, pourquoi ? J’ai un diplôme, j’ai des passions, j’ai des envies et des idées, j’ai de grands rêves et des projets. Alors pourquoi ? Sommes-nous niaises ? Sommes-nous soumises ? Sommes-nous maso ? Sommes-nous rangées ?

Non. La réponse, toutes mes « soeurs d’armes » vous la feront : nous aimons. Nous aimons un homme passionnément, et sans concessions. Nous l’aimons suffisamment pour savoir que, malgré tout cela, notre vie sera plus belle et plus libre ainsi. Alors nous acceptons, nous aussi, de servir.

Et même si je n’aime pas les étiquettes, même si j’aurai toujours besoin de mes amies « du dehors », parfois se rappeler qu’on est si nombreuses dans le même bateau (sic) réchauffe le coeur. Alors à Charlotte, Clotilde, Pauline, Anne-Cécile, Mélie, Mathilde, Hermine, Céline, Priscille, Aliénor, Claire, Quitterie, Marine, Aurélie, Delphine, Astrid et à toutes les autres, celles qui suivent, celles qui encaissent, celles qui gèrent et celles qui galèrent, celles qui accouchent celles qui cartonnent celles qui biberonnent celles qui élèvent celles qui créent celles qui bossent et surtout, surtout, celles qui aiment. Si fort. Et qui attendent.

Victoire

@victoire.eyraud

Crédit photo : @Priscilla Du Preez

Victoire Eyraud

Diplômée en affaires publiques après avoir touché au journalisme et à la diplomatie, Victoire est aujourd'hui mariée à un type génial et maman d'un petit garçon. Lectrice boulimique, passionnée de philosophie et écrivain dans ses rêves les plus fous, elle partage avec vous ses questionnements sur l’équilibre de vie des femmes, les défis de la parentalité moderne et la place laissée à la féminité dans notre société.