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Témoignages – Comment je vis mon congé parental

Témoignages – Comment je vis mon congé parental

Délibérément choisi, pris pour palier un manque de mode de garde ou encore pour ralentir le rythme, le congé parental est vécu différemment selon les femmes. Quatre mamans en congé parental complet ou partiel répondent aux questions de Maman Vogue.

Qu’est-ce qui a motivé votre choix de prendre un congé parental ?

France : La question ne s’était pas posée pour l’aînée. J’ai pris un mois de congé parental pour faire la jonction avec les congés d’été. Dans ma tête il « fallait » reprendre le boulot. Pour bébé 2, la question s’est vite posée (réflexion menée dès la grossesse). Je ne voulais pas renouveler l’horreur de ma reprise du boulot (transports, pression au boulot, état de fatigue morale et physique au maximum) et la frustration de ne pas voir mon enfant grandir.

Astrid (en congé parental le mercredi uniquement) : L’angoisse de ne pas résister au rythme soutenu du boulot ajoutée à 3 enfants et à l’entretien de la maison. L’envie aussi d’avoir un temps spécial avec chacun des enfants : j’avais l’ambition de n’en garder qu’un chaque semaine, chacun son tour…

Élise : Maman de 2 jeunes enfants rapprochés, la question du congé parental ne s’est pas posée longtemps. Elle s’est présentée à nous comme une évidence à l’arrivée de notre petite deuxième. Je dis « nous » parce qu’il s’agit réellement d’une décision de couple ! Infirmière en milieu hospitalier, je ne pouvais imaginer passer mon temps à l’hôpital (avec les horaires décalés que mon métier impose) sans voir grandir les enfants et confier leur éducation et leurs premiers moments de vie à un tiers. Pour mon mari et moi, il s’agissait d’un vrai choix de vie ! Nos doutes portaient plus sur notre équilibre financier que sur le congé lui-même. Et nous avons vite fait pencher la balance vers cette option pour notre famille. C’est un équilibre de vie de famille à trouver.

Véronique : Enceinte de ma première, j’ai annoncé très vite à mon chef que je ne reviendrai qu’au bout de 6 mois. Je voulais prendre le temps de découvrir mon bébé et je voulais vivre pleinement cette nouvelle étape de ma vie (et pas des moindres !). Mais lorsqu’il a fallu chercher un moyen de garde alors qu’elle était encore allaitée et tellement souvent dans mes bras, j’ai craqué et j’ai prolongé de 3 mois puis j’ai repris 3 jours par semaine. Pour ma 2e, encore en 2 temps. J’ai pris 9 mois directement pour lui consacrer le même temps qu’à sa sœur. Puis j’ai prolongé encore car cette année, avec mes filles à la maison, est un challenge et un temps de découvertes que j’ai souhaité allonger pour ne pas casser le rythme enfin trouvé.

Qu’avez-vous apprécié pendant votre congé parental ?

France : Avec le congé parental, je me sens enfin « maman ». J’ai repris confiance en moi et je n’ai plus le sentiment que la nounou ou la crèche élèvent mes enfants à ma place. Il y a une vraie connivence avec mes enfants, établie depuis que je prends vraiment soin d’eux (et de moi). Là où j’étais éreintée et vidée de mon énergie (travail à temps complet pour mon aînée), je suis présente à mes enfants pour les moments de qualité. J’apprécie de pouvoir prendre le temps d’allaiter sans avoir à sevrer en catastrophe avant la reprise du travail.

Astrid : J’apprécie cette coupure du mercredi, qui permet réellement de rattraper tout ce qu’on n’a pas le temps de faire quand on travaille. Ce temps supplémentaire permet de libérer du temps en famille le week-end : je fais tout ce qui n’est pas intéressant le mercredi pour être tranquille le week-end. La satisfaction que j’en retire c’est de me dire que grâce à ce jour off, je peux faire des choses qui rendent la vie de ma famille plus agréable, même si ces choses ne sont pas agréables à faire. Le linge sale ne s’accumule pas, les cadeaux d’anniversaire sont achetés en temps et en heure, les valises sont prêtes le mercredi pour le vendredi (plus de stress le jour du départ)…

Élise : Ce que j’apprécie pendant mon congé parental c’est de voir grandir, évoluer chacune de mes filles individuellement et ensemble. D’apprendre à mieux les connaître, leurs besoins, leurs goûts, leurs caractères… Mais c’est aussi les partages entre mamans de la même situation avec qui je passe un peu de temps. En tant que maman, le respect de leur rythme m’importe beaucoup même si parfois cela paraît difficile à réaliser parce que les journées sont des courses folles !

Véronique : J’ai surtout apprécié de vivre au rythme de mes filles, de prendre le temps pour tout, d’apprendre à adapter mon rythme au leur pour que chacune de nous y trouve son compte. J’ai aussi beaucoup aimé pouvoir improviser des sorties et des retrouvailles avec familles et amis. Cela permet toujours de passer un temps de qualité avec ses proches et les enfants en profitent tout autant. On multiplie ces occasions, hors du temps, quand on est en congé.

prendre un conge parental - maman vogue

Qu’avez-vous moins aimé pour le coup ?

France : Recevoir ma feuille de salaire à 000,000 euros. Mais rien à regretter du côté de ce choix.

Astrid : Le regard des gens au bureau et le blocage que cela crée pour espérer évoluer dans l’entreprise. Un 4/5eme = « paresseuse et pas investie dans l’entreprise, sa priorité sont ses enfants ». À la maison, le fait que je ne travaille pas rend évident le fait que je doive m’occuper des autres et de la maison. « Mercredi t’auras le temps d’emporter mon pantalon au pressing? », « le réfrigérateur est vide, mercredi t’auras le temps d’aller faire les courses? ». Le congé parental rend le partage des tâches moins évident. Mon mercredi n’est donc pas une journée 100 % plaisir.

Élise : LA chose la plus pesante c’est de ne faire que ça… S’occuper des enfants peut être parfois USANT ! On pense enfants, repas, changes, rangements… Tout tourne autour de nos chères petites têtes blondes ! Et il y a des journées où l’on n’a qu’une seule envie, c’est de SORTIR de tout cela, de faire autre chose, de réfléchir et penser à autre chose !

Véronique : On ne va pas se mentir, c’est très difficile de répondre aux besoins de ses enfants en bas âge tout en prenant soin de soi-même. Les premiers temps ont été très sportifs et souvent frustrants, épuisants parce que je n’avais pas encore trouvé d’organisation me permettant de ne pas courir non-stop et d’aménager des temps de vraie pause. Parfois, je me couchais le soir en ayant l’impression d’avoir réalisé un exploit sportif sans les bons côtés. Aucune reconnaissance, un grand épuisement physique et l’impression que tout m’échappait, que je subissais la situation. Ce qui me pèse également c’est le fait d’avoir peu de temps seule. Et quand je le suis enfin lors d’une sieste, je panique parfois à l’idée de ne pas rentabiliser ce précieux moment. J’hésite entre l’efficacité qui me servira à leur réveil, ou la détente qui me fera peut-être regretter 1h plus tard de ne rien avoir fait mais pourrait améliorer mon état de nerfs pour le reste de ma journée ! Un dilemme qui revient beaucoup !

Comment profiter au maximum de ses enfants pendant son congé parental ?

France : J’ai mis le pied dans toutes les initiatives gratuites proposées par la ville (ludothèque, médiathèque,  lieux d’échange entre mamans, relais petite enfance, matinée contes…) et me suis lancée dans des activités manuelles à la maison (pour L. 2 ans et demi).

Astrid : Franchement, je n’en profite pas trop. J’ai toujours une « bonne » raison de les laisser à l’école ou à la crèche : une course importante à faire, la paperasse, le ménage… Quand je peux, je ne garde qu’H., mon aîné, et j’apprécie de l’avoir seul. Les moments partagés sont différents de ceux en famille. C’est une occasion de faire des activités que nous ne pouvons pas faire avec les plus petits : bricolage, musée, balade plus longue.

Élise : Je pense que pour profiter un maximum de son congé parental, il faut rythmer sa journée pour éviter de se laisser déborder et accorder à chaque chose le temps qui lui est nécessaire. J’ai la chance d’avoir obtenu trois matinées par semaine à la halte-garderie pour mon aînée de 2 ans ce qui me permet de passer du temps seule avec ma dernière de 10 mois, temps précieux dont j’avais bien profité quand ma « grande » était encore toute seule à la maison ! Et puis j’essaye de faire le maximum de choses avec les filles, comme faire le marché, des activités manuelles, sortir au parc …

Véronique : Il est important de ne pas chercher à tout faire en même temps. Il est inévitable de cuisiner en laissant ses enfants jouer à côté de temps en temps mais cela doit rester exceptionnel pour privilégier des moments pleinement avec eux, sans son portable, sans un truc à faire qui nous trotte dans la tête. Il faut vraiment planifier les moments avec eux, sinon on peut vite passer à côté pour de l’utile. Et cela passe par une organisation, peut-être pas militaire mais réfléchie en fonction des besoins de chacun. Par exemple, j’ai appris d’une amie à préparer mon repas du midi pendant que mes filles petit-déjeunent. Chaque fois qu’elles sont occupées à quelque chose, je m’avance pour avoir ensuite des moments détendus avec elles. Évidemment ça tombe parfois à l’eau, surtout quand on a de la visite ou que je suis malade ou fatiguée… Mais l’objectif est fixé !

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Comment s’épanouir personnellement pendant son congé parental ?

France : Je bénéficie de deux jours de garde en crèche. Cela me permet de prévoir mes temps de pause. Je m’appuie beaucoup sur mon mari qui prend le relais lors de mes activités le week-end ou en soirée. Formation à la discipline  positive, rencontres de la Leche League, conférences professionnelles, et mon temps de repos et de sieste sont des facteurs de ressourcement.

Le congé parental ne m’a pas reléguée au rang de ménagère, je ne passe pas plus de temps avec un tablier à la cuisine ou un aspirateur à la main. Mon mari aide autant que lorsque je travaillais et cela est important pour bien vivre mon congé parental.

Astrid : J’apprécie dans le 4/5e d’avoir retrouvé une vie professionnelle qui contribue réellement à mon épanouissement.

Élise : Je pense qu’il faut trouver un juste équilibre entre la vie avec les enfants, la vie de la maison et la vie de femme et d’épouse ! Une fois que les choses se sont bien calées, tout roule pour chacun et la VIE EST BELLE ! Mes demi-journées à la halte-garderie sont un bien précieux également parce qu’elles me permettent d’avancer sur d’autres sujets. Et j’ai également la chance d’avoir un mari formidable qui prend le relais certains soirs de semaine pour que je puisse sortir, voir des amies, faire autre chose sans mes 2 « pots de colle adorées » ! Personnellement ces temps personnels sont un véritable bol d’air et me permettent de tenir et d’être au mieux avec mes enfants !

Véronique : Il faut trouver le moyen de les confier de temps à autre et, à défaut, d’aménager un temps calme où chacun se repose pour mieux retrouver les autres. Pendant leur sieste je commence toujours par un café jambes allongées suivi de mon temps de prière et après, seulement, je fais de l’utile comme du rangement ou une vaisselle…

Surtout si on ne peut pas les faire garder, il faut impérativement programmer des moments pour soi ! Par exemple en ayant son cours de sport toutes les semaines, ou en allant voir des amis le soir, sans mari ni enfants. J’essaye en ce moment de me lever plus tôt le matin pour faire des étirements tranquillement par exemple. Ça change tout !
Il faut trouver l’occupation qui nous détend en profondeur et la caler impérativement dans sa semaine. De mon côté, j’aime écrire et j’ai repris mon blog dès le début de mon congé. Ça m’a fait un bien fou et permis de prendre du recul sur les situations les plus abracadabrantes du quotidien. Ce qui m’aide aussi à bien vivre cette période si intense de ma vie, c’est d’être entourée de femmes étant aussi en congé parental et qui savent ce que je vis, ou qui ont connu cela aussi. On se retrouve régulièrement autour d’un déjeuner ou d’un café, les enfants jouent ensemble (ou se tapent dessus…) et nous décompressons ! Et quand la journée devient trop longue, on se retrouve au pied levé pour partager la garde de tous ces enfants surexcités. Tout devient soudain plus léger ! Être comprise dans ce qu’on vit est tellement important.

Qu’en retirez-vous ?

France : Le besoin de trouver un équilibre où la vie professionnelle n’empiète pas sur la vie de famille. Je vois une vraie différence depuis que je suis en congé parental : plus de sérénité et moins de stress chez moi comme chez mes enfants et mon mari. L’atmosphère familiale y a gagné en qualité, en rires.

Astrid : Je suis contente d’avoir fait cette expérience pour ne pas avoir de regret. Ca m’a permis de prendre conscience que femme au foyer n’était pas mon truc et que j’apprécie la vie professionnelle. J’apprécie de savoir que, grâce à ce temps libre, je contribue au bien-être de ma famille mais je regrette de ne pas arriver à consacrer ce jour off à 100 % aux enfants.

Elise : Même si financièrement ce n’est pas toujours facile mais je le répète, ça reste un choix, même si l’on demande parfois à Mère Patience de mettre les bouchées doubles, je ne regrette ABSOLUMENT rien ! Je pense que c’est un véritable bénéfice pour les filles qui grandissent à leur rythme et s’épanouissent dans un environnement stable, qu’elles connaissent bien ! Elles ont leurs repères et évoluent avec ! Tout est une question d’équilibre à trouver !

Véronique : De graaaaaandes leçons d’humilité ! On touche nos limites humaines chaque jour, on crie sur nos enfants quand on voudrait leur faire un câlin… Ça m’a appris à relativiser les situations, à remettre la prière au centre de ma journée pour ne pas m’appuyer sur mes propres forces tellement limitées, à savourer des moments tout simples comme de rire avec mes filles. Ça m’a appris la gratitude : certaines rêvent d’être mère, d’autres le sont mais ne passent pas assez de temps avec leurs enfants. J’ai la chance d’avoir les deux. La joie est à portée de main. Chaque jour je dois refaire le choix de me réjouir pour ma vie quotidienne si simple et si intense !

 

Propos recueillis par Apolline Boyer Chammard
photos Virginie Hamon
photo Clarisse de Lauriston

 

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