Un conseil conjugal pour mieux vivre la grossesse – 1er trimestre

Un conseil conjugal régulier pour mieux vivre l’évolution vécue au sein de votre couple, lors d’une grossesse

1er mois :

Enceinte ? Quel choc ! On a beau l’avoir voulu, cherché, désiré, avoir tout fait pour, c’est toujours une nouvelle qui a des répercussions émotionnelles considérables, et souvent très ambivalentes :
joie intense mêlée de déni, de doute, d’incompréhension sur ce qui nous arrive ; angoisse de ne pas « être à la hauteur », de ne pas assumer, peur de ne pas y arriver ; difficulté à intégrer cette nouvelle, qui, même attendue, bouleverse tout un équilibre personnel et conjugal.

La fille va devenir mère, le fils, souvent un peu « ado », va devenir adulte en devenant père, le couple fusionnel des débuts va devoir accueillir un tiers, dont il rêve souvent, mais qui va bousculer l’idylle passionnelle du jeune couple.

2e mois

Cà y est : la nouvelle commence à être intégrée. La jeune Maman ressent des effets dans son corps, sous l’effet des hormones, qui lui font réaliser « que c’est vrai » ! Fatigue, envie de dormir, nausées, dégoût pour certaines odeurs.

Un décalage peut se produire entre l’homme et la femme :
l’homme apprend qu’il va être père sur la parole de sa femme, c’est elle qui le désigne comme étant le père de l’enfant à venir. Il est « second », même s’il a participé avec elle à la conception de cet enfant, et il gardera toujours un « temps de retard » sur la femme pour réaliser le bouleversement de l’arrivée de ce petit être.

Son rôle d’écoute, de protection, de soutien, de réassurance est très important, mais pas facile puisqu’il ne ressent pas les choses comme elle. Il a tendance à se réfugier dans le matériel, pour fuir l’émotionnel.

3e mois

La grossesse est confirmée. Le secret entre les conjoints, jusque-là jalousement gardé, commence à être partagé avec les familles proches. Joie, étonnement, inquiétudes, ingérence ?
La position des « futures grands-mères » peut être difficile à gérer, en fonction de leur âge, de leur propre rapport à la vie, à la maternité, et au lien affectif qu’elles ont créé avec leur propre fille. Celle-ci « les poussent vers le troisième âge », en les faisant accéder au statut de grand-mère. Elles peuvent refuser de vieillir en s’appropriant le futur enfant, comme le leur, surtout s’il y a des problèmes dans leur couple, ou qu’elles n’ont pas été jusqu’au bout de leur désir de maternité.

L’homme, futur père, peut se sentir exclu de ces « subtilités féminines » : il est juste fier de se savoir bientôt père, avec l’appréhension de la future responsabilité qu’il va endosser. C’est beaucoup plus compliqué à la « gente masculine » d’échanger sur leurs émotions devant la paternité : donc il se retrouve assez seul, ou va en discuter avec ses amis.

B. Lucereau

Bénédicte Lucereau

Conseillère conjugale et familiale
Agréée par l'Etat
Thérapeute de couples et de familles.