Travailler debout enceinte : un risque ?

Travailler debout enceinte : un risque ?

Toutes les grossesses peuvent se suivre mais ne pas se ressembler. Chaque femme est différente et vit cette aventure intense à sa manière. Il est donc difficile de faire des généralités sur le thème aussi vaste que celui de la grossesse mais chacune s’y retrouve souvent et finalement, le plus important, c’est de savoir s’écouter…

Dès lors de votre premier contact concernant votre grossesse avec votre professionnel de santé, celui-ci constituera votre dossier et prendra soin de vous demander quelle est votre profession et dans quelles conditions exercez-vous celle-ci. Il pourra donc, tout au long de votre grossesse, vous informer et vous donner les conseils nécessaires à votre bien être.

Quels sont les risques à travailler debout ?

Certaines situations de travail peuvent augmenter le nombre de fausses couches, le risque de prématurité ou les naissances de bébés de petit poids. C’est le cas des femmes qui travaillent sur des machines induisant des vibrations, qui sont amenées à porter des choses lourdes ou qui restent debout longtemps.

Le risque serait bien présent lorsque la station debout est prolongée. Les études démontrent un impact négatif de la station debout prolongée induisant un retard de croissance significatif chez les nouveaux-nés. Les femmes concernées par ce retard sont en majorité vendeuses, nourrices ou enseignantes, des métiers impliquant de rester debout une grande partie de la journée. D’autre part, la position debout pourrait augmenter la pression intra-abdominale, augmentant le risque d’accouchement prématuré.

La grossesse peut parfois induire des situations de fragilité. Pendant ces 9 mois, le dos d’une femme enceinte est soumis à rude épreuve, d’autant plus à la fin quand le poids de l’utérus combiné au poids du bébé se fait sentir. La station debout peut être alors à l’origine de sciatiques.

Que faire pour minimiser les risques ?

Le problème le plus courant rencontré au travail pour une femme enceinte est la fatigue. En effet, la femme ceinte a besoin de dormir environ une heure de plus par jour. Si elle occupe un emploi particulièrement fatigant physiquement ou même nerveusement, elle risque de ne pas tenir le choc. Dans certaines professions, les futures mamans peuvent demander à diminuer leur temps de travail.

En cas de travail debout, quelques conseils pourront être appliqués :

  • Si possible, évitez de rester debout en position statique pendant plusieurs heures d’affilées.
  • Faites plusieurs petites promenades durant la journée afin de vous dégourdir les jambes
  • Reposez-vous de temps à autre, les jambes surélevées de préférence.
  • Alternez vos taches le plus souvent possible (position assise/debout)
  • Portez des chaussures confortables et bien ajustées
  • Demandez à ce que l’on vous prescrive des bas de contention et portez les au travail.
  • Demandez que l’on place une chaise ou un tabouret à votre poste de travail.
  • En rentrant, le soir, n’hésitez pas à vous passer les jambes plusieurs minutes sous l’eau froide avant de vous coucher.

A quel moment de la grossesse dois-je m’arrêter ?

Votre arrêt de travail est fonction de votre grossesse (grossesse simple, grossesse gémellaire) et de votre nombre d’enfant à charge.

En cas de grossesse sans complication et si vous vous sentez en forme à continuer à travailler, votre médecin pourra estimer que votre arrêt se fera à la date prévue.

En cas de fatigue maternelle ou de pathologie débutante, un arrêt pathologique de deux semaines pourra vous être prescrit. Votre congé classique sera donc avancé de deux semaines.

En cas de travail pénible (travail de nuit par exemple) ou de tout autre complication durant la grossesse, on préférera vous prescrire un congé précoce dans le but de vous préserver en pleine forme pour les mois restants.

Avoir conscience de son périnée

 Autre que la station debout, le port de charges lourdes ou certains mouvements doivent vous faire prendre conscience de votre périnée.

La rééducation du périnée reste une étape nécessaire après votre accouchement mais il est important de garder  en tête que ce périnée peut être travaillé bien avant cette étape d’après accouchement.

Il peut vous être utile d’aller consulter une sage-femme ou un kiné qui saura vous apprendre les bons mouvements à adopter afin de préserver cette région si importante et qui saura vous éviter les fuites urinaires prénatales par exemple.

Photo : @Sabrina Soave pour MAMAN VOGUE

Marie Péché

Master de maïeutique à l’université de Metz
Sage-femme à la maternité catholique Ste Felicité depuis 4 ans
Sage-femme libérale remplaçante dans divers cabinets, préparation à la naissance, suivi de grossesse, rééducation du périnée, suivi gynécologique

Aime faire du sport entre ses gardes et dès que l’emploi du temps le permet. Adore flâner dans Paris mais les montagnes manque vite ! Retour au vert le plus souvent possible
Partage sa vie entre trois villes différentes et distantes, première mécène de la SNCF :)