Toussaint : peut-on emmener ses enfants au cimetière ?

Toussaint : peut-on emmener ses enfants au cimetière ?

La Toussaint est généralement l’occasion de fleurir les tombes et de prier pour les morts de sa famille. Si le passage au cimetière est un incontournable pour un nombre important d’adultes, la question se pose pour les enfants : doivent-il accompagner leurs parents ?
Seront-ils impressionnés par la vue de toutes ces croix et ces pierres tombales ? Vont-ils être sages ? Comment préparer leur recueillement ?

Une perception de la mort différente selon l’âge

Le rapport à la mort des enfants n’est pas le même que celui des adultes. Il varie en fonction de l’âge. Ainsi, jusqu’à l’âge de quatre ans, l’enfant n’a pas la maturité suffisante pour comprendre qu’il s’agit d’un phénomène définitif.

À partir de 5 ans et jusqu’à l’âge de raison, il comprend que la mort est quelque chose d’inévitable et irréversible. Néanmoins, il n’est pas encore capable d’intégrer son aspect universel et peut être amené à imaginer qu’il ne peut pas mourir car il est trop petit.

Vers 8-9 ans l’enfant développe un sentiment d’injustice et éprouve des difficultés à accepter que la mort concerne chacun de nous quel que soit son âge. Sur le plan émotionnel, il est capable d’exprimer ses sentiments et de montrer de l’empathie envers une personne endeuillée.

C’est entre 10 et 12 ans que l’enfant réalise le caractère universel de la mort et considère la sienne comme relevant de l’ordre du possible. Ce phénomène qui lui apparait à la fois effrayant et fascinant explique l’attirance à cet âge, pour les histoires à caractère macabre.

Les enfants peuvent avoir des réactions surprenantes

Si le rapport à la mort est différent en fonction de l’âge, il n’y a néanmoins pas d’âge particulier pour pouvoir se rendre au cimetière. Cependant, il est nécessaire que les personnes qui l’accompagnent se sentent à l’aise avec cette démarche et s’attendent à devoir répondre à des questions qui les forceront à dépasser leur pudeur ou à aller au-delà du tabou que représente la mort dans notre société moderne.

Attendez-vous à ressentir de la gêne ou à être surpris ! Votre enfant risque en effet de ne pas se comporter de la même façon que vous. Il aura probablement envie d’arroser toutes les fleurs et vous demandera peut-être de faire le tour du cimetière en s’arrêtant devant chaque tombe.

Il est aussi possible que votre enfant soit submergé par les émotions : soit parce qu’il ressent votre tristesse soit parce qu’il est lui-même touché par ce sentiment. S’il vous voit pleurer, veillez à le rassurer et à lui expliquer que ce n’est pas lui qui est responsable de vos larmes.

La visite au cimetière présente un réel intérêt pour les enfants et leurs parents. Elle permet non seulement de renforcer les liens au moment du recueillement sur la tombe où à l’évocation du souvenir de l’être cher mais elle est aussi l’occasion d’aborder le cycle de la vie. L’enfant comprend qu’il appartient à une famille, qu’il est le maillon indispensable d’une chaîne.

Proposer mais ne pas imposer une visite au cimetière

Malgré le caractère bénéfique de la visite au cimetière il n’est pas toujours utile d’y emmener son enfant. C’est pourquoi, s’il ne manifeste pas le désir de vous accompagner, ne le forcez pas et évitez de le faire culpabiliser.

Par ailleurs, s’il est convenu qu’il vous accompagne, anticipez la visite. Prévenez-le en lui expliquant que vous risquez d’être triste mais qu’il ne doit pas s’inquiéter. Précisez-lui qu’il devra faire preuve d’un minimum de recueillement et de respect. Sans pour autant l’empêcher de bouger il doit en effet se tenir calmement afin de ne pas choquer les autres visiteurs qui seront présents.

Dernier détail pratique : les fleurs doivent rester à leur place sous peine d’un rappel à la loi. Par conséquent, vous devrez expliquer à votre enfant qu’il ne doit pas se servir sur les tombes voisines pour fleurir celle de son arrière-grand-mère ! Rien ne vous empêche en revanche, de lui faire ramasser au préalable des fleurs sauvages afin de réaliser un bouquet qu’il pourra déposer. Et pourquoi pas faire un dessin ? Ces gestes symboliques sont importants aux yeux des enfants et ont aussi l’avantage de les préparer à leur visite.

 

Perrine de Robien

Rédactrice web, maman de 4 enfants et épouse d'un mari kaki !

Après avoir été professeur des écoles, elle a repris des études de journalisme pour pouvoir faire ce qu'elle aime par dessus tout : écrire et si possible vous faire sourire.

Ses sujets de prédilection ? L'éducation et l'organisation.