Tétine, pouce, biberon, quand arrêter et pourquoi ?

Tétine, pouce, biberon, quand arrêter et pourquoi ?

Chères mamans,

Vous culpabilisez quand vous donnez une tétine trop rapidement dès que bébé pousse un cri ? Ou votre enfant n’arrive pas à perdre ses mauvaises habitudes de succion ? Quelques repères …

Dans ses premiers mois de vie l’alimentation du bébé se fait uniquement par succion. Une succion réflexe, déclenchée dès que la sphère orale est stimulée : par de la nourriture, c’est la succion nutritive, ou par autre chose, c’est la succion non-nutritive. La langue du bébé opère des mouvements rapides avant-arrière, le « suckling ». C’est le schéma de déglutition communément appelé « primaire », maintenant vous connaissez le mot savant pour en parler !

Avec le passage à la cuiller, vers 6 mois, le bébé met en place une nouvelle stratégie d’alimentation, la mastication, qui permet la maturation neuronale du cortex. La langue monte au palais, fait des mouvements haut-bas et non plus avant-arrière, et la mandibule travaille : c’est le « sucking ». L’enfant contrôle de mieux en mieux les mouvements de sa bouche. On ne parle plus de déglutition réflexe et, par conséquent, la succion non nutritive disparaît peu à peu.

Entre 6 et 12 mois les deux stratégies se combinent : suckling et sucking. Après 12 mois, seul le sucking existe. La maturation des aires neuronales commandant la sphère orale s’achève vers 6 ou 7 ans. Le schéma moteur de succion-déglutition est donc amené à disparaître pour laisser la place à un schéma d’alimentation plus mature.

A partir d’un an, le développement neuronal de l’enfant demande donc de limiter les épisodes de succion : la succion nutritive comme la succion non nutritive. Il est bon ensuite d’arrêter toute succion à 18 mois. Fini, le biberon du soir en s’endormant !

Mon enfant est âgé et ne se sépare pas de son biberon, pouce, tétine : quelles sont les conséquences ?

Sur le plan morphologique, la tétine, comme le pouce ou les autres doigts, creuse le palais, fait avancer les dents, empêche la langue de monter au palais.

Sur le plan neurologique, elle ralentit la maturation neuronale de la sphère oro-faciale.

Quels sont les risques ?

Des troubles de la déglutition, qui entrainent presque toujours des troubles orthodontiques. Inutile de faire poser un appareil orthodontique à un enfant qui laisse sa langue en bas pour avaler ! Une fois l’appareil retiré, la langue continuera à taper contre les dents, et les fera à nouveau avancer. Beaucoup de troubles orthodontiques devraient être réglés par une rééducation orthophonique.

Des troubles de la respiration : l’enfant respire bouche ouverte. Cela empêche une bonne aération des sinus et occasionne donc plus d’infections respiratoires. Cela le fatigue et peut avoir des conséquences sur ses capacités attentionnelles.

Des troubles de l’articulation, enfin : par exemple, sigmatisme interdental quand la langue de l’enfant avance entre les dents, schlintement quand le milieu de la langue prend appui sur le palais et non la pointe.

 

Alarmiste, l’orthophoniste ?

Allez, ne m’en veuillez pas, c’est mon travail ! Et il est vrai que je ne parle pas ici en tant que parent. Avant tout, écoutez votre enfant et ses besoins. Evidemment, il est mieux d’éviter qu’il ne devienne dépendant d’une tétine ou de son pouce. Peut-être une habitude à remplacer par autre chose ?

Sources : Orthophonie et oralité : La sphère oro-faciale de l’enfant, Catherine Thibault, Editions Masson, 2007

Thérèse Reichert

Orthophoniste exerçant en libéral à Paris.
Spécialisée dans la prise en charge des troubles de l’oralité et du langage dans le cadre du handicap du jeune enfant, en particulier de la Trisomie 21.

Son dada ? La prise en charge précoce et le travail avec les familles.

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