Témoignage : mon bébé a contracté une infection materno-foetale

Témoignage : mon bébé a contracté une infection materno-foetale

Des débuts compliqués

Mon second enfant, mon fils, est né le 11 novembre dernier. Après une grossesse sereine et un accouchement plutôt réussi, nous avons roucoulé quelques jours à la maternité avant de rejoindre le domicile familial.
Tous les signaux étaient au vert. Malgré un début d’allaitement un peu compliqué, nous sommes repartis confiants à la maison, notre fils semblait en bonne santé.

Pourtant , à peine rentrés, nous avons déchanté. Habitués aux nuits difficiles avec notre aînée, nous ne nous en sortions pourtant pas avec lui !
Il semblait épuisé mais ne dormait jamais, seulement quelques minutes avant de commencer une longue litanie de gémissements et de grognements qui avaient tous la même issue : son réveil.

Durant la journée, il ne présentait pas de symptômes particuliers, n’avait jamais eu de fièvre et étrangement, c’était un bébé assez calme qui ne pleurait pas beaucoup. De plus, la sage-femme qui m’avait rendu visite à domicile les jours suivants notre retour l’avait trouvé bien, malgré une prise de poids un peu limite.

Nous ne nous sommes donc pas inquiété outre mesure, jusqu’à que la situation et les nuits blanches deviennent intenables.
J’ai donc consulté mon pédiatre qui a eu le même diagnostic que la sage-femme, son comportement était probablement dû à des coliques.

Une situation d’urgence

Le lendemain de cette visite, mon fils a commencé à pleurer pour ne plus s’arrêter. Il refusait obstinément de téter. Les heures passaient et il ne se calmait pas. Je l’ai trouvé plus chaud qu’à son habitude, j’ai donc pris sa température et j’ai découvert stupéfaite que le thermomètre frôlait les 40° !

Prise de panique j’ai immédiatement téléphoné à mon pédiatre qui m’a dit qu’une telle fièvre était anormale et que je devais me rendre immédiatement aux urgences.
Mon mari travaillant dans une autre ville durant la semaine, j’étais seule, j’ai donc contacté ma mère afin qu’elle aille chercher ma fille à la crèche et je me suis précipitée à l’hôpital.

Là-bas nous avons très rapidement été pris en charge. Devant la fièvre de mon fils, on m’a annoncé immédiatement qu’il allait être hospitalisé et subir différents examens : une ponction lombaire, une prise de sang pour réaliser des hémocultures ainsi que la pose d’un cathéter qui servirait à administrer des médicaments et une sonde urinaire afin de réaliser un test.

Comme vous pouvez l’imaginer c’est très difficile de voir son nouveau-né âgé d’à peine quelques jours devoir supporter tout cela…Je crois que le pire a été la pose du cathéter puisque les veines d’un si jeune bébé sont aussi fines qu’un cheveux et rendent donc l’opération très difficile. les infirmières ont dû s’y reprendre à plusieurs fois, en sachant que durant les 10 jours qu’ont duré son hospitalisation le cathéter a dû être repositionné 3 fois avec chaque fois la même difficulté…Il a finalement été perfusé sur le crâne ce qui visuellement parlant est très impressionnant mais n’est pas plus douloureux ou gênant pour l’enfant.

Une fois les examens d’urgence réalisés il a ensuite été traité par un combiné d’antibiotiques, en attendant les premiers résultats qui permettraient par la suite d’ajuster le traitement.

Une prise en charge efficace et bienveillante

Mon fils a été pris en charge par une équipe du service de néonatale très compétente et très pédagogue. En effet, j’ai eu la chance que les différents  pédiatres auxquels nous avons eu à faire prennent le temps d’expliquer en détail en quoi consistaient les différents tests qu’ils effectuaient et surtout pourquoi.

Bien qu’il n’en présentait pas les symptômes, la ponction lombaire visait à éliminer la méningite du tableau de diagnostic, et les hémocultures et le test urinaire à chercher une possible infection et les germes présents.

Nous avons très rapidement su qu’ils s’agissait d’une pyélonéphrite. Un germe s’était propagé dans ses reins créant une infection.

Face aux différents symptômes présentés par mon fils et suite à plusieurs discussions, l’équipe médicale s’est accordée sur le fait que cette infection avait été contractée probablement lors de l’accouchement ou bien durant les derniers jours de grossesse. Une infection dite materno-foetale.

J’ai été très surprise car je n’avais jamais entendu parler de ça, hormis dans le cas du streptocoque B pour lequel toutes les futures mamans se font dépister durant le dernier trimestre.

Rester vigilante sans s’inquiéter outre mesure

Les infections materno-foetales constituent une véritable urgence chez le nouveau-né et doivent être traitées très rapidement par une antibiothérapie adaptée.

L’enfant présente généralement de la fièvre, mais dans certains cas, comme dans celui de mon fils, l’infection peut rester latente quelques jours avant le pic fébrile et les signes peuvent être confondus avec d’autres troubles tels que les coliques du nourrisson ou différentes maladies infantiles.

Dans tous les cas il est essentiel de suivre son instinct maternel et de ne pas hésiter à consulter si l’on a le sentiment que son enfant n’est pas bien. Et en cas de fièvre, il faut se rendre à l’hôpital très rapidement afin que des investigations puissent être pratiquées pour en déterminer la cause et la soigner au plus vite.

Nous avons eu beaucoup de chance que sa maladie soit prise à temps. Nous sommes restés tous les deux 10 jours à l’hôpital, le temps de son traitement par intraveineuse. Si cela m’a paru long je dois avouer que j’étais également rassurée de le savoir entre de bonnes mains et surveillé.

Cette expérience a été éprouvante mais il est aujourd’hui en pleine forme et je reste vigilante sur les signaux qui pourraient m’alerter d’une rechute sans tomber non plus dans la paranoïa car je suis consciente que cela a peu de chances de se produire et qu’il est parfaitement guéri à l’heure qu’il est.

 

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Marie Cauquil O'Kelly

La rédactrice M.OC