Témoignage : J’ai accouché dans l’eau !

Témoignage : J’ai accouché dans l’eau !

Mon 1er accouchement en Allemagne

Pour mon premier bébé, j’ai rapidement eu envie de profiter de notre présence en Allemagne pour avoir un accouchement dit « naturel ». Les récits et documentaires sur le sujet venant de France me donnaient envie de vivre la naissance de mon enfant différemment, d’ailleurs j’essaye de ne plus aller en France pendant les dernières semaines de grossesse de peur de devoir y accoucher ! J’habitais à quelques dizaines de mètres de la maison des naissances de Francfort ce qui me semblait idéal, mais avec mon mari en réfléchissant nous avons choisi l’option classique de l’hôpital : pas envie d’un transfert de dernière minute en cas de souci, légère peur de l’inconnu (douillette comme je suis, supporterai-je les contractions?)… Choix plutôt raisonnable sachant que j’ai finalement dû être déclenchée. Ici en Allemagne, le gros avantage est que le fait d’accoucher à l’hôpital n’est pas incompatible avec l’accouchement naturel que je souhaitais ! J’ai pu prendre un bain aux huiles essentielles, on m’a fait de l’acupuncture pour m’aider à tolérer la douleur, on m’a proposé des antalgiques pour retarder la péridurale. Je précise sur ce point qu’étant assurée dans le public (gros sujet ici !)  je pars avec un gros inconvénient : personne ne me propose la péridurale ! Sauf que je sors toujours la carte « je suis infirmière » et là on me force presque à la prendre ! Mes amies traumatisées par leurs accouchements ici comprendront la chance que j’ai. Je l’ai finalement prise pour mon aîné car l’ocytocine a eu raison de mes résolutions. J’ai donc dû renoncer à mon accouchement dans l’eau ou accroupie appuyée à mon mari comme on le propose de préférence ici à tout le monde. J’ai en revanche pu profiter de calme, boire des tisanes à volonté et manger des cracottes, chocolat et saucisson rapportés de France. La rencontre avec mon bébé a été magique, j’étais détendue et j’ai pu le garder sur moi tout de suite.

Second acccouchement : « J’ai accouché dans l’eau »

Pour mon deuxième bébé, j’ai choisi l’option hôpital en réclamant dès le départ un accouchement dans l’eau mais en précisant bien à l’inscription que j’étais ouverte à la péridurale (et en glissant l’air de rien dans la conversation que je suis infirmière et que j’ai travaillé en anesthésie et consciente des effets indésirables).
En arrivant en salle à 18h, 12h après un décollement des membranes (et oui j’ai des bébés récalcitrants à sortir !), j’ai d’office refusé de m’allonger pour le monitoring.
La sage-femme hyper à l’écoute m’a laissée à quatre pattes comme je le souhaitais et s’est contorsionnée pour m’installer le monitoring dans MA position de confort. Ici j’apprécie tellement le fait d’être respectée et accompagnée !
Elle m’a rapidement proposé la péridurale que j’ai refusée en disant que je voulais aller dans l’eau et y rester. Elle a rempli la baignoire ultra moderne d’accouchement avec jets, bulles et compagnie. Le rêve absolu. J’ai vite enfilé mon haut de bikini et me suis ruée dans la baignoire. A ce moment là mon mari me dit « sors vite ça fuit ». Je l’ignore et réponds « non mais là tout de suite je veux aller dans le bain! » . Il insiste, je m’entête. La sage-femme arrive médusée : l’eau coulait jusque dans le couloir ! Le joint de la porte de la baignoire était cassé. Mon mari et elle vident la baignoire, épongent avec des serviettes en riant comme des baleines – tandis que la vraie baleine de l’histoire, elle, est franchement énervée et réclame son bain, non mais oh !
Je sens que les contractions se rapprochent, j’ai mal, je veux de l’eau ! On me remplit en riant une baignoire normale et je peste que si j’avais su je serais restée chez moi. La sage-femme me demande si la température me convient. C’est trop froid mais à ce stade je m’en fiche complètement, je veux de l’eau ! Au moment d’y entrer le choc, je ne ressens pas le soulagement attendu mais au contraire une douleur intense (vous connaissez, la douleur qui vous fait réclamer au plus vite le haricot). Je ne comprends pas. Je n’ai pas trop la notion du temps mais il fait encore jour et je suis déjà à 10 ! Mon bébé arrive bientôt ! La sage-femme me demande si je peux me tourner pour être sur le dos mais non, j’ai besoin que mon ventre soit le plus possible immergé donc je reste sur le côté. La pauvre, avec le recul, je me dis que je l’aurais embêtée jusqu’au bout ! Ma fille naît à 20h dans l’eau, un joli poupon tout rose qu’on me pose sur la poitrine. On me l’enlève juste pour m’aider à sortir du bain et je me mets à trembler de froid. L’eau n’était vraiment pas assez chaude ! Je m’allonge avec ma poupée sur moi pendant la délivrance, j’ai eu la chance de pouvoir la faire téter avant la pesée et les examens. Nous étions en pleine forme et la sage-femme nous a proposé une sortie au bout de 6h que j’ai malheureusement refusée pour des questions pratiques (sortir à 2h du matin, laisser à mon fils la surprise au réveil, ça ne m’enchantait pas). J’ai vite regretté, je suis sortie le lendemain après un examen gynécologique attendu pendant des heures.

Et le prochain ?

Pour le prochain dans quelques semaines je rêve de recommencer, avec cette fois une vraie baignoire adaptée et une sortie anticipée ! Je suis tellement heureuse de ces naissances où mon mari est impliqué aussi (il fait un boulot de dingue pour m’aider à gérer la douleur), et surtout où c’est MOI qui dirige car on a compris que c’est mon corps et qu’il faut me faire confiance. Même si je ne contrôle pas la nature, je sais mieux que les soignants ce dont j’ai besoin et on est assez à l’écoute pour m’accompagner à accueillir sereinement mon bébé !
Aurélie