Témoignage d’une expat – « Les premiers temps sont durs… »

Témoignage d’une expat –  « Les premiers temps sont durs… »

Métro, boulot, dodo. Le temps passe et cela devient, dans un peu de douleur et beaucoup de bonheur, bébé, métro, boulot, bébé, dodo, bébé. Le temps passe à nouveau et vous avez trouvé votre rythme, le sien, celui de votre couple et de votre nouvelle petite famille. C’est à ce moment que la nouvelle tombe : « Chérie, on part vivre à l’étranger ! Ça te dit ? C’est maintenant qu’il faut le faire, tant qu’on est jeunes ! »
L’argument semble assez irréfutable. Et puis, cela faisait déjà longtemps qu’on en avait marre de Paris. On râlait. Mais était-ce plus par principe et parce que nous sommes français que parce que Paris nous énervait réellement ?!

Comment prendre une telle décision ? Bébé 2 est en route en plus. Pimprenelle trotte tranquillement vers le temps où elle soufflera sa première bougie. Mais l’opportunité de carrière que cela représente pour Chérichou ne laisse pas longtemps place à l’hésitation. Vous voilà dans l’avion.

Les premiers temps sont durs. Tout d’abord le rythme change drastiquement. Vous étiez une femme élégante (enfin vous l’espérez !) hyperactive, vous gériez à la fois votre enfant, votre mari, vos sorties et votre boulot et vos lessives d’une main de maître. Soudainement, vous êtes dans un chez vous qui ne l’est pas vraiment encore, avec un extérieur qui avoisine les 50°C et pas grand monde de connu autour de vous pour vous distraire. En plus, Chérichou travaille beaucoup, ce qui est logique pour une prise de poste.

Celle qui a l’air de mieux le vivre, c’est Pimprenelle. Elle gambade partout désormais, s’est adaptée à la circulation routière, parle une langue inconnue, doux mélange, avec les autres bébés de son âge tandis que vous hochez poliment la tête en direction des mamans, la barrière de la langue n’en permettant pas davantage.

En plus, enceinte, il faut se créer un climat de sécurité : trouver la clinique, le médecin, les copines qui sont elles aussi enceintes. Le fait que vous soyez enceinte du deuxième vous aidera cependant à relativiser. Vous savez ce qui vous attend et vous savez ce que vous voulez. Il suffit de rencontrer une autre expat qui a accouché récemment pour avoir tous les tuyaux. La principale angoisse à l’étranger est la césarienne qui semble obligatoire, mais les médecins sont compréhensifs, dans les grandes villes où plein d’expats leur demandent des accouchements naturels mais aussi dans les petites villes où les expats sont rares.

Evidemment la période d’adaptation n’est pas facile. Il faut sortir de soi-même, aller chercher les autres. Les autres qui, eux, sont déjà dans leur routine d’expatriés et qui ne vous accueillent pas forcément directement et joyeusement. Il y aura des coups de spleen au début. Peut-être souvent. Et il sera légitime dans ces instants, de vous demander pourquoi vous avez tout quitté, boulot adoré, copains chéris, famille bénie… Mais vous avez la grande chance d’avoir un enfant et un autre à venir pour vous occuper. Vous passez du temps avec Pimprenelle, plus de temps que vous n’en avez jamais passé avec elle. A Paris, vous vous en rendez compte maintenant, vous lui accordiez le temps « nécessaire », les besoins vitaux, et puis ce qui vous considériez comme les besoins vitaux de sentiments ; cinq minutes par-ci par-là de jeux et de câlins. Mais après, il fallait que la vie reprenne son cours, la cuisine attendait et il fallait terminer un truc pour le boulot. Mais ici, sous les cocotiers, vous avez tout le temps.
 
Vous avez tellement de temps qu’au début c’est angoissant. La recherche de boulot n’étant pas d’actualité à cause de (grâce à ?) bébé qui va arriver, vous avez des journées entières à meubler. Pendant votre premier congé mat, à Paris, vous n’aviez pas vu le temps passer car au moins dix-huit copines étaient enceintes/ avaient accouché en même temps que vous du coup, ça se prenait des cafés, ça se rendait visite et ça papotait tout en comparant les babychous. Mais ici, le temps est lent, les journées souvent solitaires.

Et puis voilà, les premiers mois sont passés. Bébé est né sans encombre, et même facilement, avec un staff d’hôpital qui ne parlait pas français ni même anglais mais au final, un accouchement se passe de mots (si tout va bien, cela va de soi). C’est à ce moment-là, assise sur un transat à côté de la poussette de bébé, alors que Pimprenelle est gaiement à la crèche locale, que vous vous permettez un bilan. Avez-vous bien fait de partir ?

Et la réponse est oui. Vous avez appris à prendre le temps, à ralentir votre vie et à savourer pouvoir regarder le temps qui passe. Vous avez mis votre carrière entre parenthèses mais c’est avec vous que Pimprenelle a fait ses premiers pas, et non pas avec la dame de la crèche. Vous avez rencontré des gens avec qui vous n’aurez probablement jamais parlé en France mais qui, ici, sont vos meilleurs copains. Lorsque vous n’aviez pas trop d’amis au début, vous avez passé des semaines entières à dîner en amoureux avec Chérichou, à prendre du temps à deux et c’était bien. A Paris, il fallait prendre rendez-vous pour avoir une soirée à deux. Vous vous sentez apaisée et recentrée. Pimprenelle et bébé 2 ont la chance de grandir à la plage, entourées de différences qui vont les rendre plus fortes. C’est un bon début d’éducation.

Elisabeth

©Orlane Boisard photo

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