Témoignage – Donner la vie c’est accepter de perdre un peu la sienne

Témoignage – Donner la vie c’est accepter de perdre un peu la sienne

Voici le témoignage d’Adeline, maman de deux enfants qui s’est sentie démunie face aux premiers pleurs de son nourrison… Comment faire pour qu’il arrête de pleurer? Comment être une bonne mère? Serais-je à la hauteur? 

Mon mari et moi avons eu la joie d’attendre notre premier enfant sans la moindre difficulté. Ma grossesse s’était passée à merveille, une petite fille déjà dynamique qui bougeait beaucoup, l’accouchement s’est également bien passé. Puis, l’adrénaline redescend et voilà que je me retrouve seule dans ma chambre de maternité avec ce poupon qui hurle de toutes ses forces, sans savoir quoi faire, quoi ne pas faire ou même comment faire. J’étais pourtant l’aînée d’une famille nombreuse, avec une ribambelle de petits cousins derrière moi et des heures incalculables de baby-sitting au compteur.

Sauf que… face à ce petit nourrisson, je me suis sentie démunie et soudain, j’ai eu l’impression qu’un poids énorme venait m’écraser. J’avais la responsabilité de ce bébé, étant sa mère, c’était officiellement mon devoir de m’occuper d’elle, de comprendre ses pleurs et de répondre à ses besoins… et ce, pour toujours! Je me souviens avoir eu la sensation qu’on m’avait volé ma vie, celle d’avant où le temps m’appartenait!

 Curieusement, je n’en ai pas voulu à ma fille, c’était plutôt contre moi-même que j’étais en colère, d’avoir eu ce bébé trop tôt, d’avoir pensé que j’étais prête!

Mon mari m’a aidée du mieux qu’il a pu, en m’écoutant parler pendant des heures et des heures, en essayant de m’inciter à prendre du temps pour moi, ce qui était difficile avec l’allaitement!

Ce qui m’a aidée, c’est accepter ce sentiment sans culpabiliser et en parler avec amies, famille et mes sœurs…

Et entendre que ce que je ressentais était normal m’a fait un bien fou. Ça m’a aidée à passer le cap difficile des premiers mois pour me concentrer progressivement sur le positif et l’amour infini que je ressens pour ma fille !

C’est finalement ma maman qui a eu la parole libératrice, celle qui m’a fait le plus de bien. Elle m’a dit que, selon elle, c’était le premier enfant qui était de loin le plus difficile à accueillir et à gérer, car il provoquait un changement total de vie, de rythme, de perception, que c’était une année difficile mais que ce sentiment de responsabilité écrasante allait passer !

Finalement, les premiers mois sont passés vite et aujourd’hui c’est une petite fille pleine de vie, d’énergie et nous avons une relation très forte! Elle a même eu un petit frère récemment ! Et curieusement, je n’ai pas du tout ressenti cette même sensation !

Aujourd’hui, je préfère dire à mes amies ce qui les attend car, moi même, j’aurai préféré être prévenue de ce sentiment qui vous submerge ! Donner la vie c’est aussi accepter de perdre un peu la sienne.

Le seul conseil que je puisse donner, c’est de ne pas culpabiliser ! Ce n’est pas parce qu’on ne ressent pas une joie euphorique qu’on est une mauvaise maman et c’est normal de regretter une soirée film tranquille, roulée en boule sur le canapé dans un appartement bien propre! Dans quelques années, ça sera à nouveau possible !

Adeline

Maman de Clothilde, 2 ans et demi

Et Grégoire, 2 mois et demi

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