Rencontre avec Violaine Roger, fondatrice de la Maison des plus petits

Rencontre avec Violaine Roger, fondatrice de la Maison des plus petits

Peux-tu te présenter en quelques lignes ?

Je suis une jeune femme célibataire convaincue par la valeur inestimable de la vie et prête à tout pour que les plus fragiles soient protégés. J’ai aussi un caractère spontané, je suis douce, enjouée mais aussi têtue !

Quel est ton parcours professionnel ?

En 2005 j’ai eu mon diplôme d’assistante sociale puis en 2008 celui d’infirmière. J’ai effectué une mission au Burkina Faso durant trois mois en tant qu’infirmière puis j’ai exercé aux Urgences pendant deux ans. J’ai ensuite été infirmière polyvalente sur un pôle médecine avant de travailler pendant trois ans comme infirmière en HAD (hospitalisation à domicile) spécialisée en soins palliatifs. Enfin, j’ai fait un an en pouponnière médicalisée et depuis un an j’exerce en tant qu’assistante sociale en consultation spécialisée pour des personnes ayant une déficience intellectuelle.

Comment l’idée de créer la Maison des plus petits t’est-elle venue ?

Par mon expérience professionnelle en pouponnière où j’ai découvert la réalité des enfants de l’aide sociale à l’enfance (ASE) et particulièrement ceux porteurs de handicap. Certains enfants très lourdement handicapés peuvent rester des années dans la même pièce…

A qui s’adresse cette maison ?

La maison des plus petits a pour but de créer un lieu de vie pour offrir un environnement de type familial pour 7 enfants entre 0 et 6 ans ayant un handicap et dont la situation sociale ne permet pas à ce jour un retour à domicile.

Cette maison s’adresse donc à des enfants ayant un lourd handicap, retirés de la garde de leurs parents ou confiés par les parents ou encore nés sous le secret. Deux places sont réservées à des enfants qui sont chez eux ou qui sont placés en famille d’accueil mais dont les parents souhaitent avoir un séjour de répit (séjour de répit signifie que les enfants disposent d’un lieu pour venir en vacances ou que  l’on offre aux parents ou aux familles d’accueil un temps de prise en charge de l’enfant afin qu’ils puissent se reposer).

Pourquoi ce nom ?

Car selon moi ce sont les plus fragiles de notre société. Ils ne peuvent se défendre de par leur jeune âge et leur handicap et ni les parents ni la société ne les défendent non plus.http://www.mamanvogue.fr/wp-content/uploads/2019/02/alt-mamanvogue-maison-petits.jpg

Comment as-tu fait pour te lancer ?

J’ai eu la chance d’être entourée de gens compétents qui avaient une expérience ou une connaissance du monde associatif, du monde du handicap et de la petite enfance. Après une étude de terrain, j’ai créé l’association et ai été accompagnée par un cabinet de conseil.

Sur quelles aides as-tu pu compter ?

Sur celles d’amis, de l’église et de réseaux d’associations.

Quels sont les atouts majeurs de cette maison ?

La maison offre à ces enfants un lieu de vie familial très proche de ce qu’ils auraient eu chez leurs parents, une chambre, des amis et surtout une équipe de professionnelles pour assurer la continuité des soins et leur prise en charge. Mais chez nous pas de blouse blanche, on vit ensemble, on prend son petit dej en pyjama….Pour les familles c’est un lieu de vie et non une institution hospitalière froide et sans âme.

Ayant une double formation professionnelle, je suis aussi sur le terrain. Je suis pleine d’audace et j’aime ce que je fais. En outre, il n’y a personne d’autre sur le créneau. Nous sommes les seules à proposer ce genre de service.

Quel est le poids des réseaux sociaux et d’internet pour faire vivre la MDPP ?

Je ne maîtrise pas du tout le sujet mais une vidéo que l’on peut voir sur notre site internet a été beaucoup vue.ALT-mamanvogue-maison-petits

 Quelles sont les choses les plus difficiles pour toi ?

L’inertie administrative, la gestion des hommes, l’écriture de documents mais aussi prioriser les actions.

Quelle est ta plus belle rencontre ?

Un homme qui  a passé sa vie à défendre la cause des personnes les plus fragiles de notre société. Il m’a donné l’envie de me lancer.

Ce qui te rend la plus fière dans cette aventure ?

C’est difficile à dire pour le moment mais ce qui me rend fière c’est d’avoir pu faire prendre conscience à beaucoup de monde de la réalité de la vie de ses enfants en France.

Que veux-tu dire de plus sur la MDPP ?

Ces enfants sont des prophètes et peuvent révolutionner le monde si on accepte de les regarder, de se mettre à leur hauteur, de les écouter, de leur donner une place.

Je reste persuadée que les prendre en charge dans un environnement familial dès leur plus jeune âge permettra de leur donner une base solide pour l’avenir, de garantir le socle de ce qui est nécessaire pour grandir avec une bonne sécurité affective.

La maison des plus petits est un projet en cours de réalisation. Pour plus d’informations, inscrivez-vous à la newsletter.

Adresse : La maison des plus petits, 305 rue de Vaugirard 75015 Paris

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Amélie de Garsignies



Juriste de formation et maman d'une famille XL, Amélie, dotée d'un réel sens de l'organisation familiale, ne se lasse pas d'évoquer ces sujets pleins d'amour que sont la maternité et l'enfance de nos chères têtes blondes.