Réflexion autour d’une citation de Steeve Jobs

Réflexion autour d’une citation de Steeve Jobs

« Votre vie est limitée, alors ne passez pas votre temps à vivre la vie d’une autre personne. Ne tombez pas dans le piège du dogme qui consiste à vivre suivant le résultat de la pensée des autres. Et pardessus tout, ayez le courage de suivre votre cœur et votre intuition. Ces deux savent déjà qui vous voulez réellement devenir. Tout le reste n’est qu’accessoire. » Steeve Jobs

 

Ce matin, en ouvrant mon ordinateur, je suis tombée sur cette phrase.

Je dis bien tombée… oui, nez-à-nez tombée sur ces mots, face contre eux…

Ils m’ont bousculée, chamboulée puis depuis quelques heures ils continuent de raisonner en moi. Ils font échos, ils rebondissent, s’éloignent, reviennent, entêtants, enivrants…

Alors à cœur ouvert, je vais poser sur le papier pourquoi ils me retournent tant.

 

D’abord parce que notre vie est limitée…

Oui, c’est un fait. Un jour, nous mourrons. Un jour, nous rendrons notre dernier souffle car nous ne sommes pas immortels. En écrivant cette phrase à côté de ma fille de 8 mois, mon cœur se met à tambouriner dans ma poitrine, ma gorge se serre, j’angoisse.  Non pas que j’ai particulièrement peur de mourir… Non, pas vraiment ! Certainement d’ailleurs parce que ma mort me paraît encore très loin. Elle n’est aujourd’hui (et heureusement) qu’un vague concept que je chasse de mon esprit dès qu’il s’invite à l’improviste. J’ai peur, en fait, de ne pas pouvoir protéger ma fille jusqu’à ce qu’elle soit en âge de se défendre ; je souffre à l’idée de l’immense peine qu’elle ressentira ainsi que mon mari et mes proches, je suis anéantie en imaginant ne pas voir grandir mon enfant… STOP j’arrête sinon je ne serai plus en mesure d’écrire la fin de cet article…

Nous sommes nombreux à ressentir cette angoisse pour nous, pour nos proches. La mort nous terrorise, nous fascine, nous bouleverse.

Mais si, nous changions d’angle de vue à son sujet ? Si au contraire, nous la considérions comme une chance de savourer la vie ? Une manière, assez dure je vous l’accorde, de prendre conscience que ce que nous vivons est unique, éphémère et donc si précieux.

En raisonnant ainsi, on a envie de savourer chaque instant, de vivre pleinement chaque moment, de faire des folies, d’oser, d’être soi tant qu’il est encore temps.

 

Et donc vivre SA vie. Ne pas passer son temps à vivre la vie d’une autre personne.

Vivre sa vie parce qu’on en a qu’une et qu’elle est limitée. Vivre entièrement, totalement en harmonie avec soi-même. Quel luxe ! Mais pourquoi est-ce si compliqué ? Pourquoi cherche-t-on souvent à vivre comme les autres ? Comme ces modèles que la Société choisit pour nous, en vantant leurs atouts, leur bonheur et nous faisant ainsi croire que si nous étions eux, nous serions plus heureux.

Un exemple me vient en tête pour illustrer ces propos : combien de mamans passent une bonne partie de leur journée à regarder sur Instagram la vie d’autres mamans en se figurant que ces dernières sont « mieux qu’elles » (plus jolies, plus jeunes, plus cools, plus organisées etc.) ? Pourquoi ?

Nous sommes toutes différentes. Nos aspirations n’appartiennent qu’à nous. Au lieu d’aller voir chez les autres, ce qui nous semble se faire de mieux, peut-être devrions-nous commencer par nous demander qui nous sommes vraiment.

Qui sommes-nous ? La réponse n’appartient qu’à nous. Nous sommes un tout. Nous sommes à nous seul un monde. La somme extraordinaire et merveilleuse d’un corps, d’un caractère qui se forge et se polit avec le temps, de choix, d’envies, de peurs, de blessures, de succès… nous sommes un nom, un prénom, des origines, un métier, une sexualité… la liste est longue !  Chacune de ces facettes compose notre être perpétuellement en mouvement. Parce que ce qui ne change plus, ce qui ne bouge pas est mort. Être vivant, nous sommes en transition permanente vers un autre MOI. Nous sommes quelqu’un, nous avons été quelqu’un d’autre et nous serons demain une personne différente. Notre fil conducteur est ce que certains pourraient appeler notre « âme ». Nous sommes les seuls capables de savoir ce que nous voulons. Ce sont nos actes qui nous fondent et il n’appartient qu’à nous de choisir notre vie. Encore faut-il regarder du bon côté, c’est-à-dire se regarder Soi et non les autres. La réponse est en chacun.

 

Ainsi, il ne faut pas tomber dans le piège du dogme qui consiste à vivre suivant le résultat de la pensée des autres.

Ce n’est pas parce que les autres font différemment de nous qu’ils ont raison. Nous ne sommes pas les autres. Leur vision du monde, leur opinion peuvent nous inspirer mais ne doivent pas s’imposer à nous.

« vivre suivant le résultat de la pensée des autres ». En relisant ces mots s’impose à moi la notion de liberté ou plutôt d’absence de liberté si l’on vit en suivant le résultat de la pensée des autres.

Or est-il possible être heureux si l’on n’est pas libre ? Libre dans sa tête et donc libre de décider en son âme et conscience (cette expression prend tout son sens).

Qu’on le veuille ou non, depuis que nous sommes enfants, nous sommes conditionnés par notre environnement, notre éducation, nos expériences passées, nos croyances, le regard que les autres portent sur nous… Il est important d’en prendre conscience, afin que quand survient un choix à faire, nous soyons en mesure de nous interroger sur ce que nous souhaitons réellement du plus profond de notre cœur et que cette petite voix intime, notre intuition, ne soit pas parasitée par nos biais cognitifs*.

[Les biais cognitifs (aussi appelés biais psychologiques) sont des formes de pensée qui dévient de la pensée logique ou rationnelle et qui ont tendance à être systématiquement utilisées dans diverses situations. Ils constituent des façons rapides et intuitives de porter des jugements ou de prendre des décisions qui sont moins laborieuses qu’un raisonnement analytique qui tiendrait compte de toutes les informations pertinentes. Ces jugements rapides sont souvent utiles mais sont aussi à la base de jugements erronés typiques.]

 

Et pardessus tout, il faut avoir le courage de suivre son cœur et son intuition. Ces deux savent déjà qui nous voulons réellement devenir.

Enfin débarque, évidente, dérangeante la notion de Courage.

Oui, il faut du courage pour écouter son cœur, son intuition et ce, souvent au mépris du jugement que les autres portent sur nos actes, sur nos désirs.

Oui il faut du courage, pour se réaliser, pour accoucher de qui on est.

Il faut du courage pour prendre du recul sur le passé, sur tout ce que l’on a appris.

Du courage, encore, pour remettre en question les vérités toutes faîtes, les règles imposées, les principes et les théories.

Du courage pour oser se lancer, oser se tromper et recommencer.

Du courage, toujours, pour se regarder tel que l’on est avec le beau et le moins beau.

Du courage pour tourner son regard vers l’avenir, du courage pour y croire encore et encore, du courage pour s’engager, du courage pour avancer.

Mais le courage rend libre et la liberté permet de s’épanouir alors…

Je crois que le jeu en vaut la chandelle et que… Tout le reste n’est qu’accessoire.

 

Ségolène TROUSSET