« Qu’il m’est difficile de me réjouir en cette période de Noël chargée de souvenirs douloureux… »

« Qu’il m’est difficile de me réjouir en cette période de Noël chargée de souvenirs douloureux… »

Un Noël pas comme les autres…

« C’était un mardi de décembre, les vacances de Noël venaient de débuter et nous allions pouvoir profiter en famille de la magie des fêtes de fin d’année. Enceinte depuis le mois d’août, nous avions attendu une année avant de savoir qu’enfin nous allions accueillir un enfant. Nous étions heureux et je savais à quel point nous étions chanceux.

Ce mardi soir, nous allions connaître le sexe de notre bébé, nous n’avions pas de préférence mais chacun notre petite idée.
La salle d’échographie est sombre et malgré tout ce soir-là nous ne voyons pas très bien notre enfant sur l’écran.

Mon mari assis à quelques centimètres de moi reste silencieux, lui qui lors des échographies précédentes s’amusait à deviner ses petits membres…
Moi je me concentre pour tenter de l’apercevoir, je ne comprends pas. Nous ne réalisons pas les premiers instants mais il y a un problème.

Le gynécologue nous annonce que l’échographie est difficile dû au manque de liquide amniotique ! Mais comment le liquide a-t-il pu s’évacuer ? Pourquoi n’ai-je rien senti ? Et surtout comment va mon bébé !
Nous étions venus heureux et insouciants, nous ressortions bouleversés et complètement paumés. Des examens complémentaires étaient prévus deux jours après.
Deux longues journées à se poser des questions, à se rassurer mutuellement, à culpabiliser, à attendre, à vouloir comprendre sans vouloir véritablement savoir.

1h de contrôle et puis une toute petite phrase que nous relirons 100 fois sur le compte rendu médical « malplacentation sévère faisant craindre une mort in utero imminente »… Nous étions à deux jours de Noël et nous allions perdre notre tout petit.

Noël – Chaque minute est une victoire

Les médecins ne nous laissaient pas d’espoir : le placenta ne jouait pas son rôle ! Les échanges se faisaient mal et notre enfant ne pouvait plus grandir !
Nous étions en sursis ! Chaque journée, chaque minute, chaque instant qui passeraient seraient une victoire. Un petit moment arraché dont il fallait profiter…

Le soutien de notre entourage fut sans faille : amis, famille, tous se sont relayés pour nous offrir un peu de réconfort pendant ces fêtes de Noël qui nous semblaient douloureusement longues. La neige, les cadeaux et les petits morceaux de bûches ne pouvaient pas rassurer mon petit cœur de maman. Ce Noël 2016, je n’ai demandé qu’une seule chose : que les médecins se soient trompés !

Le 2 janvier, notre bébé avait gagné quelques grammes, nous donnant le droit de faire un caryotype. Notre enfant se battait. L’examen n’a révélé aucune anomalie génétique et nous avons continué d’y croire.
Malgré tous nos espoirs et le combat que nous avons mené à 3 et même à bien plus, 15 jours après et en l’espace de quelques instants, nous avons appris que nous attendions une petite fille… et qu’elle était morte in utero.

Pendant ces deux jours qui m’ont séparé de l’accouchement, je voulais profiter d’elle, graver dans mon esprit cet unique moment qui nous était offert avant d’être séparées l’une de l’autre. Madeleine est mort-née un après-midi ensoleillé de janvier.
L’équipe médicale de l’hôpital a multiplié les attentions pour tenter d’atténuer la douleur et nous orienter dans nos décisions.

Choisir de ne pas la « rencontrer » et de ne pas la serrer dans nos bras a été l’une des plus difficiles décisions à prendre dans notre courte vie de parents.

Une nouvelle épreuve

Six mois sont passés et j’ai eu le bonheur de retomber enceinte, nous étions ravis que cette nouvelle grossesse arrive aussi rapidement. Malgré toutes les précautions, ce fût une fausse couche. Si cette seconde perte n’avait rien de médicalement comparable à la première, ce nuage obscurcissait de nouveau le chemin de notre parentalité.
Les semaines qui suivirent furent difficiles, après l’épreuve du décès de Madeleine nous espérions secrètement être épargnés par les soucis d’une nouvelle grossesse compliquée.

Dans quelques jours nous fêterons Noël, nous avons mis comme chaque année de jolies décorations au sapin et pensons déjà aux cadeaux qui rempliront de joie nos proches… et pourtant ce sera le Noël d’après, le premier Noël sans elle notre petite étoile et sans notre nuage, entourés des nôtres et chargés d’espoir pour l’avenir…

Agathe

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