Quand la grossesse devient interminable, j’ai accouché à terme +7 !

Quand la grossesse devient interminable, j’ai accouché à terme +7 !

Enceinte de mon premier enfant, ma grossesse s’était très bien passée malgré les premiers mois particulièrement éprouvant où des nausées épouvantables me clouaient au lit. J’avançais sereinement vers le terme et j’avais choisi d’être accompagnée par une sage-femme pour le suivi de grossesse qui devait être aussi présent le jour de l’accouchement à l’hôpital puisque je partais pour une naissance en plateau technique. Ma préparation était très axée sur  l’auto-hypnose et j’étais motivée pour accoucher sans péridurale avec l’aide de ma sage-femme. 

Un mois avant le terme, sachant que le bébé pouvait arriver à tout moment, tout était prêt.

La chambre, les valises, les papiers,… tout était en ordre. Ce dernier mois de grossesse souvent si long pour les femmes enceintes – avec son mélange étrange d’impatience, d’angoisse et d’excitation – avance et rien ne se passe. Pas un signe, pas une contraction, c’est le calme plat ! Pourtant je m’active et enchaîne séances de grand ménage et balades mais rien n’y fait. 

Et puis la date fatidique du terme, samedi 23 mai, arrive.

J’appelle l’hôpital qui me demande de venir me présenter le lendemain pour faire un point avec les sages-femmes. Ce rendez-vous, comme tous ceux qui suivront, se fait directement à l’espace naissance de la maternité. On m’explique la procédure en cas de dépassement de terme : rendez-vous deux jours plus tard pour faire un monitoring et vérifier que tout va bien avec une échographie (notamment que le bébé a assez de liquide amniotique), puis si je n’ai toujours pas accouché un déclenchement à terme +5. 

Mardi 26 mai, terme +3, je passe mes journées à attendre désespérément qu’il se passe quelque chose mais toujours rien. L’examen à la maternité est rassurant, tout va bien, le bébé est en pleine forme. Pour ma part la situation commence à pas mal m’angoisser. On m’indique tout d’abord que pour un déclenchement je ne peux pas accoucher avec ma sage-femme en plateau technique donc mon projet de naissance tombe à l’eau. Je commence par ailleurs à m’inquiéter quant au poids et au périmètre crânien d’un bébé après terme ( les échographies indiquaient un PC important et un beau bébé) mais la sage-femme qui fait l’échographie m’assure qu’il est tout à fait dans la norme. Enfin, les examens ont lieu à proximité immédiate de femmes dont le travail a commencé et la vision de leur souffrance ne me donne pas du tout envie de faire l’expérience des contractions… Malgré tout je suis à bout et je n’attends qu’une chose, accoucher enfin. 

Jeudi 28 mai, terme +5,  j’ai rendez-vous à 9H à la maternité pour être déclenchée. Avec mon mari et ma petite valise, nous allons attendre presque une heure dans la salle d’attente de l’espace naissance que l’on nous reçoive. Et quand enfin une sage-femme se présente la nouvelle tombe comme un couperet : la maternité est débordée je ne pourrai pas être déclenchée aujourd’hui. C’est la douche froide, j’étais préparée psychologiquement à ce que ce soit le jour J, mais malgré tout je me plie à nouveau aux examens de contrôle avant de pouvoir retourner chez moi. Tout va bien et on me certifie que le lendemain je serai déclenchée parce qu’ils ont l’obligation de ne pas laisser les grossesses se poursuivre au delà de 42 semaines d’aménorrhée à cause de l’accroissement des risques de morbidité périnatale. 

Vendredi 29 mai, terme +6, je me présente à nouveau de bon matin à l’espace naissance. Et après avoir encore pas mal attendu, une sage-femme vient nous dire que je ne peux à nouveau pas être déclenchée, la maternité est encore surchargée. Et là c’est vraiment le coup de trop, je m’effondre en larmes. Complètement à bout nerveusement, ulcérée de ne recevoir aucune considération de la part de l’équipe présente ce jour là ( pour qui je le comprends tout à fait j’étais un souci mineur un jour de grande affluence) je commence à m’énerver. Je leur rappelle ce qu’on m’avait dit la veille à propos de la limite de 42 SA et après consultation de mon dossier on vient m’informer que la sage-femme qui avait fait les échographies en libéral s’étant trompée d’un jour dans le calcul de la date de mon terme, le déclenchement peut être encore reculé d’un jour. Je n’y crois pas du tout, mais il n’y a rien à faire à part accepter la situation alors je me plie à nouveau à tous les examens nécessaires au bord des larmes avant de rentrer chez moi. 

Et puis cette nuit là, l’incroyable se produit, vers minuit je commence à avoir ce qui ressemble à des contractions. Je n’en reviens pas, moi qui avait fait complètement le deuil d’un déclenchement naturel ! Spasfon et bain histoire d’être sûre que ce n’est pas une fausse alerte mais cette fois c’est pour de bon nous allons enfin rencontrer notre bébé ! A la maternité à 3H du matin on m’a indiqué que le travail avait bel et bien commencé et à 9H nous avons accueilli notre petit garçon. Un accouchement qui aura finalement eu lieu sous péridurale, demandée après avoir perdu pied alors que nous étions livrés à nous-mêmes avec mon mari au cours du travail. Et un bébé très légèrement marqué par le dépassement du terme (ongles longs et petite desquamation de la peau), finalement pas si gros (3 kg 8) mais un périmètre crânien de 38 cm qui par miracle n’aura pas empêché le bon déroulement de la naissance. Mais le vrai miracle c’est que ce samedi 30 mai de la place s’est libérée à l’hébergement de la maternité et que j’ai même pu avoir une chambre individuelle pour savourer les premiers jours avec mon nouveau-né. 

Photo ©Sabrina Soave x Joséphine Family pour MAMAN VOGUE

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Héloïse Tertrais


Héloïse est maman de trois garçons rapprochés qu’elle élève à plein temps entre lac et montagne en Haute-Savoie.



Diplômée en littérature jeunesse, passionnée d’Histoire et de Lettres, elle aime aussi beaucoup  la mode enfantine et chiner.