Préparation à la naissance : recourir aux conseils d’une sage-femme à domicile

Préparation à la naissance : recourir aux conseils d’une sage-femme à domicile

Pendant la grossesse survient tout un tas de questions. Celles pour lesquelles les médecins n’ont pas toujours de réponse, ou qu’on n’ose pas toujours leur poser. Car il n’y a rien de médical là-dedans, au fond. Surtout quand tout se passe bien. Physiquement, j’entends. Mais qu’en est-il du reste ? Vous sentez bien que c’est d’un autre accompagnement dont vous avez besoin. Celui qui vous conduira sur les chemins de la parentalité en partant de votre histoire, de vos ressentis, de votre corps.

L’intuition vous pousse à chercher du côté des sages-femmes, gardiennes du temple de la féminité et de ses secrets. On espère alors tomber sur la bonne personne. Attirer à soi pile celle dont on a besoin. Pour se sentir comprise, vivre sa vulnérabilité, avancer, sans peur du jugement.

J’ai eu cette chance. J’ai rencontré MA sage-femme, celle qui est toujours là aujourd’hui dans nos vies, en la personne d’Hélène.  Hélène nourrit le désir de devenir sage-femme depuis l’âge de 5 ans. Elle a elle-même 5 enfants. Nous nous sommes rencontrées pour la première fois lors de mon 5ème mois de grossesse. Il tombait donc sous le sens de vous présenter les 5 raisons pour lesquelles Hélène a été LA sage-femme qui faisait sens. Et ainsi de lui rendre hommage – à elle, et à toutes celles qui changent cette expérience en mieux. En espérant que cela vous accompagne, vous aussi, si vous en ressentez le besoin, à trouver votre perle rare.

Le confort d’être à domicile

Hélène venait chez nous sur rendez-vous, y compris parfois soir et week-end. Quel confort et quelle invitation à la détente, au lâcher prise. C’est un moment pour vous, rien que pour vous et votre bébé. Vous êtes sur place, dans votre cocon, prêts à accueillir ce qui vient. Elle entre dans votre intimité sans jamais être intrusive. Elle vous accompagne en respectant vos limites, distille ses conseils lorsque vous les sollicitez. A notre retour de la maternité, c’était une évidence de la voir évoluer dans l’appartement pour vérifier que nous allions toutes les deux bien, passant naturellement de ma chambre à celle de ma fille. Elle faisait partie de cette aventure, à part entière. En toute confiance.

Le luxe de prendre le temps

Hélène restait parfois presque deux heures à la maison, tant que nous n’avions pas épuisé le sujet, tant que j’en ressentais le besoin. Les séances de préparation se suivaient, sans se ressembler. Elles étaient toujours sur mesure, personnalisées. Certaines parties sont incontournables – toutes ses patientes y ont droit ! Mais la plupart empruntent des chemins détournés, divergent jusqu’au point d’attention suivant, déminent les angoisses qui se présentent. Jusqu’à se sentir prêts. Jusqu’aux questions d’après. Celles qui arrivent en même temps que bébé. Et devinez quoi ? Hélène était toujours là.

L’opportunité d’inclure le (futur) papa

On ne va pas se mentir. Il s’agit avant tout d’une rencontre de femme à femme. Hélène demande d’ailleurs toujours à rencontrer ses patientes seules la première fois. Pour établir ce lien de confiance et cette alchimie qui durent dans le temps.

Pourtant, c’est bien notre couple qu’elle a accompagné. Venant à des horaires où mon conjoint pouvait se joindre à nous, elle l’a coaché aux massages, au bandage de bassin, au portage physiologique. Elle a semé des graines pour qu’il sache à quoi s’attendre, pour qu’il me fasse confiance le jour j – pour qu’il soit prêt, lui aussi, à sa manière. C’est également elle qui m’a rassurée, les premières semaines, quand l’épuisement me faisait dire qu’on n’y arriverait pas, à trouver ce nouveau rythme à trois. « J’en ai vu beaucoup des couples, vous vous aimez, ça ira ». Elle avait raison. Une fois de plus.

La chance de tirer profit de l’expérience

Hélène a accompagné des patientes en maternité une quinzaine d’années avant de choisir le libéral. Elle inspire confiance car elle connaît son métier – elle sait. En affirmant pourtant tout le contraire (« on ne sait jamais comment ça va se passer »), elle transpire la sérénité. Sûrement parce qu’elle l’a vécu dans son corps à cinq reprises en neuf ans. Elle ne parle pas maternité, elle l’incarne.

Elle a compris qu’il fallait faire confiance à l’intuition des femmes, tout en repérant les besoins inexprimés. Son objectif : que la femme, le couple, soit dans les meilleures dispositions possibles pour accueillir cet enfant, que le lien se fasse, que la rencontre ait lieu. Et quand ça met un peu de temps, comme ça a été le cas chez nous, elle continue d’être là pour dissiper les derniers doutes qui nous empêchent de tomber en amour de ce petit être si bouleversant.

Le bonheur d’une relation qui dure

Ma fille a treize mois aujourd’hui. On a été la chercher toutes les deux à la crèche cette semaine. On se donne des nouvelles régulièrement. Elle passe dire bonjour à la maison. On choisit de s’en dire un peu plus à chaque fois. Elle fait partie de notre histoire. Sa présence compte pour moi. Elle m’a invitée à devenir mère et m’a permis d’éclore en tant que telle. Elle a transmis un flambeau, une partie de l’histoire. Ça ne s’oublie pas. On évoque aujourd’hui des projets en commun. On rêve à une maternité mieux accompagnée, à une entrée dans la parentalité plus douce.

Pour être honnête, je ne me souviens plus du prénom de la sage-femme qui était présente (très brièvement, la maternité était bondée cette nuit-là) lors de mon accouchement (express). La place, dans mon cœur, était déjà prise.

 

NB : Notez qu’il est possible (ce fut notre cas) de trouver des sages-femmes en libéral qui ne pratiquent pas de dépassement d’honoraires. Cette modalité d’accompagnement personnalisé et de proximité devient donc un luxe abordable, un cadeau à s’offrir sans culpabiliser. Alors pourquoi s’en priver ?

Photo : @Sabrina Soave pour MAMAN VOGUE

Charline Darmaillacq

Après plusieurs années à sillonner le monde en tant qu'humanitaire, Charline s'est installée à Paris où elle est devenue récemment maman d'une petite fille. En cours de reconversion professionnelle dans la périnatalité (sophrologie et psychologie), elle allie plus que jamais métier et passion.

Ses mots d'ordre ? Témoignage et solidarité. Partager pour aider à son tour d'autres femmes à se sentir moins seules dans cette aventure (folle) qu'est la maternité.