Première année de bébé : comment ma vie a changé

Première année de bébé : comment ma vie a changé

Ça y est, mon bébé, aujourd’hui tu as un an ! Cette année fut tout à la fois longue et brève. Quand je pense au temps où je n’étais pas encore ta maman, cela me semble une autre vie, à des années lumières d’aujourd’hui. Et pourtant c’est comme si c’était hier le jour où je suis rentrée de la maternité avec, dans les bras, ce tout petit bébé que tu étais.

En seulement un an, toute ma vie a basculé, j’ai cette impression d’être véritablement rentrée dans le monde des adultes, des grandes personnes, comme disent les enfants. Car si l’on célèbre aujourd’hui ta première année de vie, on célèbre également la mienne en tant que maman. Et quelle année !

Il y a eu les débuts, où le monde semblait tourner à l’envers. Avec ton papa, il a fallu s’adapter à cette toute nouvelle vie : vivre la nuit, compter les tétées ou les biberons, attendre les rots, survivre aux crises de coliques, etc.… Et au milieu de tout cela, apprendre à nous émerveiller devant toi, cette toute petite chose, qui ne demandait que notre amour.

Il y a eu ensuite des mois un peu plus faciles, où le rythme a peu à peu été adopté. On a pu ressortir avec nos amis, retourner à une vie extérieure. On s’est étonné de te voir grandir jour après jour, t’éveiller de plus en plus, sourire à toute nouveauté. J’avais le sentiment d’avoir les choses un peu plus en main. Je gérais le quotidien avec plus ou moins de facilité, mais je gérais. Dans mon esprit, c’était acquis : j’étais une maman. Une maman qui en apprenait tous les jours, mais toujours plus sûre d’elle-même. J’avais accepté que tu fasses partie intégrante de notre vie.

Et puis les choses se sont accélérées, tu as grandi de plus en plus vite, et tu ne seras bientôt plus un bébé. Le premier anniversaire est là et j’hallucine devant le chemin parcouru, devant tes progrès et devant les nôtres.

Aujourd’hui, je ne compte plus les rots, les biberons ou les couches, mais plutôt tes grimaces, tes babillages, tes petits pas, et tes bêtises aussi. Je cours sans cesse derrière toi, encore si petit, mais qui pourtant ne tiens plus en place et veux aller toujours plus loin. Je passe mon temps à ramasser tes jouets qui traînent dans des endroits improbables, et à surélever toute notre maison.

En un an, tu auras complètement bouleversé mon quotidien. Avant de devenir maman, je ne me doutais pas du tout de ce qu’était cette vie. Je réalise aujourd’hui qu’être une maman, c’est bosser 24h/24, 7j/7. Les vacances telles qu’on les connaissaient n’existent plus. Les grasses matinées se sont envolées. D’ailleurs avant d’être maman, je me croyais souvent fatiguée, comme j’en ris maintenant ! J’ignorais tout de la fatigue ! Mais cela veut aussi dire que je me suis découvert des forces insoupçonnées. Je ne pensais pas pouvoir être malade et m’occuper d’un enfant (lui-même malade) en même temps.

Sortir de chez moi relève presque d’une discipline sportive, car il ne faut rien oublier ; ni le goûter, ni la tétine, ni la playlist de comptines pour la voiture. Il faut anticiper chaque déplacement, prendre en compte les siestes, les repas, la poussette…. D’ailleurs quand je sors seule, avec juste mon sac à main, je me sens presque nue.

Les départs en vacances sont passés à un tout autre niveau. J’ai même commencé à faire des listes de tout ce que je dois emporter. Car il faut surtout ne rien oublier : le lit parapluie, le porte bébé, les couches, le sérum physiologique, la turbulette, et j’en passe. A chaque départ se pose la fameuse question : « Est ce que tout va rentrer dans le coffre cette fois ci ? ».

Certains sujets n’ont plus de secrets pour moi et les conversations ont pris une toute autre tournure, surtout avec mes copines qui sont aussi mamans. On débat sur les différentes marques de couches, sur la motricité libre, le baby-signe ou encore la dernière trouvaille Montessori. Quand on évoque nos problèmes, que ce soit les nuits difficiles, les reflux ou la sempiternelle culpabilité, on se regarde les unes les autres avec un regard de compassion qui veut dire : « Oh mais je te comprends tellement, je suis passée par là aussi ! ».

En un an, je ne suis jamais autant allée chez le médecin, et les pharmaciennes semblent toujours me reconnaître. Dans la rue, les gens s’arrêtent pour me parler et me demander ton âge, parce que tu es si mignon, évidemment, que tous les regards se posent sur toi dès que tu passes quelque part ! Moi qui aimais passer inaperçu, entre la poussette, le sac à langer et un bébé qui papote, on peut dire que c’est loupé.

Bref, un an après ta naissance, j’ai le sentiment de vraiment faire partie du club des mamans. Je regarde désormais les toutes jeunes mamans avec la sagesse de celle qui a de l’expérience (et un brin de nostalgie, il faut bien l’avouer). Ma vie a fait un tour à 180°, et est désormais tournée vers un autre, vers toi. Mon bébé, même si tu me déroutes bien des fois, même s’il m’arrive d’envier de temps en temps les gens qui n’ont pas encore d’enfant, depuis un an, je consacre, avec joie, chaque jour que Dieu fait, à ton bonheur, en veillant à ce que tu ne manques de rien.

En définitive, je crois que je suis la même personne qu’il y a un an, mais avec une valeur ajoutée.

Crédit photo : @DAKOTA CORBIN

Tiphaine Crozon

Maman d’un petit garçon, passionnée par l’écriture et la littérature. Tiphaine échanger sur sa vie de jeune femme et de maman.