Pourquoi j’accomplis tellement plus de choses depuis que bébé est né

Pourquoi j’accomplis tellement plus de choses depuis que bébé est né

On parlait récemment du temps d’avant, du temps sans bébé dont j’avouais de mon côté ne pas avoir fait grand chose. Au sens où depuis que ma fille est là, j’ai le sentiment de faire deux journées en une et de n’avoir que peu de répit. Entendre ici : espace de pure liberté qui peut consister à ne rien faire. Sauf quand arrive le moment où elle s’est (enfin) endormie. Et que j’ai moi-même envie de sombrer. Oups, il n’est que 21h35, et comme d’hab, je ne verrais pas la moitié du film. Bon ça, c’était déjà un peu vrai avant…

Et si je suis (non étonnamment) fatiguée, c’est que j’accomplis tellement plus de choses depuis que ma fille est née.

Déjà, parce que je n’ai jamais été levée aussi tôt. Elle vient d’avoir un an, et on commence tout juste à (re)découvrir les réveils à 8h – ceux où on se demande si c’est nous qui ne l’avons pas entendue (parents indignes), ou si on ne va pas la trouver inerte dans son lit (parents flippés). Jusqu’il y a peu, c’était plutôt du 5h45, et croyez-moi, ça pique. Même quand on prend plaisir à aller lui faire des bisous dans son cou tout chaud, ça reste contraire à la plupart des rythmes biologiques. Oui, hein ? Rassurez-moi.

Ensuite, parce quiconque, comme nous, vit en appartement avec un enfant, a souffert dans sa chair de découvrir l’expression « tourner comme un lion en cage ». Depuis sa naissance, pour apaiser tout le monde, il est nécessaire de sortir prendre l’air au moins deux fois par jour (une le matin, une l’après-midi). Ça peut-être une simple balade en écharpe ou en poussette, un musée ou, depuis qu’elle se déplace à 4 pattes, un petit tour aux jeux pour enfants dans le parc à côté de chez nous. Parce que vous alliez au parc pour le plaisir vous avant ? Plutôt que d’enchaîner les épisodes de série en vous disant qu’il n’y a pas meilleur endroit sur terre que votre lit et pas meilleure compagne dans tout l’univers que votre couette ? Honnêtement, pas moi. 

Également, parce qu’on a davantage le souci de bien faire et moins le cran de se trouver des excuses. Parce que ça n’implique plus uniquement notre petite personne, mais bien un être qui n’a pas demandé à être là et à qui on a le sentiment de devoir le meilleur. Exemple typique : la préparation des repas. On a toujours cuisiné à la maison, mon conjoint comme moi adorons ce moment. Mais malgré toutes nos bonnes résolutions (celles de rentrée, celles du nouvel an, toutes vous dis-je), on n’a jamais réussi à sortir toutes les semaines (qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il neige) pour aller au marché. C’est désormais notre petit rituel du samedi matin, qui sert tout à la fois de balade, d’atelier pédagogique (si, ma fille, même citadine, saura ce que sont les blettes et les panais, j’y mets un point d’honneur), de moment de partage en famille, et d’opportunité d’échanges avec notre super producteur local (pas peu fier de voir grandir notre fille grâce à l’apport de ses fruits et légumes).

Je crois que c’est la chose qui m’a le plus étonnée en devenant mère : cette capacité à déployer de manière insoupçonnée une énergie que je ne me connaissais pas. Car oui, quand on a peu dormi, que la fatigue s’accumule, faire de chaque moment un jeu, une opportunité de découverte, un temps de partage, ça relève du défi permanent. Que la plupart du temps, on gagne. Pas tout le temps – on n’est pas parfaite, on n’est pas des machines. Mais souvent, régulièrement, quelques fois. Parce qu’on le fait de bon cœur. Avec amour. Beaucoup d’amour.

Alors merci, ma fille, de m’avoir fait découvrir que je pouvais être, je crois, une meilleure version de moi-même. Plus enjouée. Plus dynamique. Plus disponible aux autres. Et plus fatiguée aussi. Mais ça, je crois que je l’ai déjà dit.

Photo : @Blue Cicada Photography pour MAMAN VOGUE

Charline Darmaillacq

Après plusieurs années à sillonner le monde en tant qu'humanitaire, Charline s'est installée à Paris où elle est devenue récemment maman d'une petite fille. En cours de reconversion professionnelle dans la périnatalité (sophrologie et psychologie), elle allie plus que jamais métier et passion.

Ses mots d'ordre ? Témoignage et solidarité. Partager pour aider à son tour d'autres femmes à se sentir moins seules dans cette aventure (folle) qu'est la maternité.