Pourquoi elles arrivent à tomber enceinte et pas moi ?

Pourquoi elles arrivent à tomber enceinte et pas moi ?

« Je suis enceinte »
Cette fois tu craques. Déjà quand ta sœur t’avait annoncé sa grossesse tu avais senti un plus gros pincement au cœur que les autres fois. Alors cette fois, c’est trop. C’est la fois de trop.
Toi, tu essaies depuis 2 ans. Tu espères depuis 2 ans. Tu pleures depuis 2 ans.
Au début pourtant vous avez eu beaucoup d’espoir, il n’y avait pas de raison. Et puis petit à petit l’espoir s’est envolé. Alors à chaque fois tu te demandes : pourquoi elle et pas moi ?

Tu as conscience que 2 ans, ce n’est pas grand chose sur l’échelle d’une vie, que ni ton mari ni toi n’avez de problèmes physiologiques pour concevoir, que comparé à d’autres tu as de la chance. Mais quand même. Tu es dans la trentaine, toutes tes amies ont des enfants ou vont en avoir… « Pourquoi elles et pas moi ? »

Et tu en as marre du regard des autres, de leur maladresse, de leur gentillesse, de leur délicatesse. Tu n’en peux plus des « mais toi, tu veux des enfants ? », des regards compatissants, des « mais vous avez faits les tests ? ». Tu ne veux plus te justifier mais tu as besoin d’en parler, tu veux être écoutée mais tu ne veux pas qu’on te force à parler, tu veux être comprise mais tu ne veux pas faire pitié. Et tu te demandes sans cesse : «pourquoi elle et pas moi ? »

Tu vas les aimer les enfants des autres, tu les aimes déjà d’ailleurs, ceux déjà la et ceux à venir. Tu seras la meilleure des copines, la plus serviable, la plus disponible. Mais toi, qui est là pour toi quand tu craques ? A qui peux-tu confier ta peine ? Ce n’est pas évident de parler de ton mal être à celles qui ont déjà des enfants… peuvent-elles comprendre que tu te poses cette question : « pourquoi elles et pas moi ? »

J’aimerais être là pour toi, j’aimerais pouvoir te dire de garder espoir, que vous allez y arriver, qu’un jour tu auras la chance d’avoir ton bébé. J’aimerais pouvoir être une épaule pour toi. J’aimerais que tu gardes espoir, parce qu’un jour j’en suis sure, ce sera toi.

Marion T.