Polémique sur les tampons : et si le moment était venu de réagir ?

Polémique sur les tampons : et si le moment était venu de réagir ?

Une nouvelle fois, un reportage sème le trouble dans notre vie quotidienne. Après les OGM présents dans les mangeoires d’animaux, les pesticides dans les pommes, les sels d’aluminium dans les déodorants, le bisphénol A dans les biberons, nous apprenons que les tampons abriteraient des composants toxiques et mauvais pour notre santé.

Des tampons nocifs – plusieurs alertes

Cela faisait pourtant plusieurs années que nous préférions l’ignorer… Balayant d’un revers de main les déclarations des lanceurs d’alerte. Nous avions bien sûr déjà entendu parler de Lauren Wasser, ce mannequin américain, victime du Syndrome du Choc Toxique (SCT), amputée en 2012 à cause d’un tampon et qui pose depuis avec sa jambe amputée pour sensibiliser les jeunes filles à ce risque. Sans oublier cette étudiante française, Mélanie Doerflinger, qui a lancé une pétition en août 2015 sur le site change.org pour « rendre visible les compositions des tampons de la marque Tampax» recueillant à ce jour 266 646 soutiens. Forçant ainsi la célèbre marque à réagir début 2017 en indiquant succinctement sur son site Internet : « coton et/ou rayonne », démontrant sa réelle volonté de transparence.

Un reportage édifiant

Mais cette fois-ci, l’enquête « Tampon, notre ennemi intime » diffusée, il y a un mois, sur France 5, nous surprend à une heure de grande écoute et nous met au pied du mur. La journaliste Audrey Gloaguen va très loin dans ses recherches et nous emmène voyager depuis la France jusqu’aux portes du parlement européen en passant par les Etats-Unis. Elle nous fait rencontrer des jeunes victimes encore abasourdies, plusieurs années après avoir frôlé la mort, des députées européennes désabusées par l’absence de mesures prises et des scientifiques ultra-spécialisés en microbiologie, toxicologie ou épidémiologie, qui, mis en relation les uns avec les autres, tirent des conclusions glaçantes de leurs années d’études.

Une composition secrète

Ce qui frappe le plus dans ce reportage, c’est l’omerta qui existe encore aujourd’hui autour des questions intimes féminines et qui favorise l’absence de transparence des multinationales sur ce sujet. En effet, les publicités véhiculent une telle image idéale des règles (période pendant laquelle la femme, tout de blanc vêtue, saute et danse de joie dans la rue, c’est bien connu !) que nous acceptons d’y laisser planer le voile du tabou. Mais ce dernier sert la cause du syndicat des fabricants de tampons qui refuse de communiquer sur leur composition, sans qu’aucune autorité ne s’en offusque. Rien n’est inscrit sur les boîtes. Et il faut avoir une excellente vue et être très motivée pour déceler, sur la notice, les informations recherchées : coton, rayonne, polyester, polypropylène, polyéthylène. Sans aucun pourcentage indiqué, on peut s’interroger : cette liste est-elle exhaustive ?

De fortes suspicions

Pourtant, des prélèvements scientifiques avérés montrent la présence de résidus de chlore (servant à transformer la couleur naturellement marron du tampon en blanc éclatant). A cela s’ajoutent des traces de dioxine, un des dix produits chimiques les plus dangereux au monde selon l’OMS, qui pourraient ensuite s’accumuler dans le corps et favoriser l’endométriose. Encore plus effrayant : pour les besoins du reportage, le laboratoire d’analyses indépendant Analytika a étudié les six plus grandes marques utilisées par les femmes et a trouvé dans chaque tampon des perturbateurs endocriniens, les phtalates, pouvant provoquer des cancers. Quand on sait qu’une femme utilise 11.000 tampons en moyenne dans sa vie et que le vagin est très perméable, il y a de quoi s’inquiéter !

Des mesures de prévention

Heureusement, malgré ce sombre tableau, il existe quelques solutions simples pour limiter les risques du SCT. D’après les scientifiques interviewés dans le reportage, la prolifération du staphylocoque doré est plus importante lorsque l’on porte des tampons en matière synthétique et super absorbants. Si l’on ne peut vraiment pas s’en passer, une solution serait de se tourner vers les marques  bio qui affichent une composition 100% coton organique naturel et qui sont à peine plus chères que leurs concurrents. Tout en gardant en tête qu’il faut choisir le tampon le moins absorbant, en changer tous les 4 heures et ne pas en porter la nuit.

cup_menstruelle

La solution alternative

Il est toutefois préférable de se tourner vers la nouvelle star des jeunes en la matière : la coupe menstruelle, surnommée « cup » par ses nombreuses adeptes. En effet, elle se démocratise de plus en plus et on voit fleurir sur la toile nombre de tutos à l’adresse des adolescentes pour apprendre à s’en servir. Elle se trouve facilement dans les magasins bio, sur Internet, mais aussi maintenant en pharmacie et parapharmacie. Et ne présente que des avantages. En silicone médical, elle est hypoallergénique, économique, écologique et ne laisse échapper aucune odeur, alors qu’on peut la porter 12h d’affilée. Sa seule contre-indication est de ne pas l’utiliser pendant la période du post-partum…

Est-ce le futur de la protection féminine ? Désormais, bien informée, chacune est libre de choisir !

Laetitia d’H.

Pour aller plus loin, quelques liens intéressants :

Laetitia d'Hérouville

Mère de quatre adorables diablotins, passionnée de littérature ayant cohabité avec Oui-Oui, Tchoupi & co, Laetitia part à la rencontre des "héroïnes du quotidien", ces femmes qui élèvent leurs enfants avec une bonne dose d'humour, de patience, de courage, d'amour, de cris, de larmes et de joies indescriptibles !