Post-allaitement : « tout le monde doit dire adieu à sa jolie poitrine ?»

Post-allaitement : « tout le monde doit dire adieu à sa jolie poitrine ?»

J’avais pourtant une belle poitrine, ferme et haute, avant ma grossesse. Enceinte, j’ai découvert que mes seins pouvaient naturellement doubler de volume et au cours de l’allaitement, ils étaient tout simplement magnifiques. C’est après que les choses se corsent…

Je reste persuadée des bienfaits de l’allaitement

Tout le monde nous vante les bienfaits de l’allaitement avant de devenir maman. Je suis moi-même convaincue de mon choix d’allaiter mon enfant, je me suis lancée dans cette course folle avec l’envie de donner le meilleur de moi-même pour sa santé, son bien-être et pour connaitre ce rapport si naturel que procure le fait d’allaiter son enfant. Evidemment, je ne comptais pas les tétées.

Je nourrissais ma fille à la demaine, mais elle réclamait également le sein pour s’endormir, j’allaitais aussi pour la calmer en cas d’angoisse ou par exemple lorsque nous avons pris l’avion pour la première et que j’ai senti que c’était la seule chose qui la rassurait vraiment. Nous avons vécu dans cette bulle de bonheur, elle et moi, pendant 15 mois. Elle réclamait le sein la nuit, j’avais déjà repris le travail depuis plusieurs mois quand j’ai senti que j’étais vraiment très (trop) fatiguée et que le rythme des tétées y était peut être pour quelque chose. J’ai eu énormément de mal à me décider à la sevrer (même ce mot ne me plait pas). Tout le monde nous parle des bienfaits de l’allaitement, du bonheur qui en découle dans la relation mère-enfant, mais personne nous parle vraiment de ce qu’il se passe une fois que l’on arrête…

Attention engorgement

Tout d’abord il y a l’engorgement. Les premiers jours où l’enfant tête un peu moins, mieux vaut être munie d’un tire-lait pour soulager votre poitrine prête à exploser. Pour ma part, j’ai vécu une période où les sentiments se mélangeaient. J’étais triste de ne plus pouvoir offrir cela à mon enfant, je culpabilisais aussi en me disant « tu aurais pu faire un effort encore quelques temps » et d’un autre côté j’étais soulagée de me dire que peut être nous allions tous faire à la maison des nuits complètes une fois que l’on passera au biberon et j’étais aussi bien heureuse de quitter soutien-gorges et vêtements d’allaitement « youpi à moi les cols roulés ! ».

Bye, bye mon ex-poitrine

J’ai mis un peu plus d’un mois à ne plus avoir de lait. J’ai attendu que les choses se fassent naturellement. Ma fille l’a très rapidement accepté, elle adore d’ailleurs le biberon maintenant, mais pour moi c’était une autre affaire qui débutait. La découverte d’un corps non allaitant. De jour en jour ma poitrine changeait. Mes seins sont devenus plus petits qu’avant ma grossesse (ancien soutien-gorges à l’appui) et surtout ils ne sont plus aussi fermes et hauts. Mon mari se moque en les comparant à des gants de toilette, mais c’est un fait !

J’avoue que j’étais un peu désemparée en découvrant ce nouveau corps et cette poitrine que je ne reconnaissais pas. Certes c’est mon nouveau corps de maman, celui qui garde quelques traces de la grossesse mais aussi de l’allaitement, c’est presque poétique dit comme cela… Mais moi ça m’a mis un sacré coup au moral en réalité. J’ai dû faire le deuil de mon ancienne poitrine. C’est peut être un détail pour certaines ou encore un sujet un peu intime, mais moi j’avoue que j’ai du mal à l’accepter…

Aujourd’hui je relativise et j’y pense de moins en moins (on s’habitue à tout), mais à travers ce témoignage je veux aussi montrer qu’un corps de maman est capable de faire des choses exceptionnelles. L’allaitement en fait partie et pour ma part je suis heureuse d’avoir vécu cette expérience. Mais si c’était à refaire je prendrais peut être un peu plus soin de ma poitrine… Je l’ai, je pense, négligé en ne pensant qu’à ma priorité absolue, celle de m’occuper correctement de ma fille. Mais il doit bien exister un juste milieu qui permet aussi de penser (au moins un peu) à son corps, non ?

 

photo Anaïs Marti

Gianina Plesca

Journaliste et maman d'une petite fille. Gianina a beaucoup travaillé dans la presse féminine, c'est un secteur qui la passionne, forcément il y a tant à dire ! Elle est sportive aussi, enfin elle essaye !

Elle adore échanger avec d'autres mamans, découvrir les univers de chacune et partager toutes ces expériences enrichissantes et bienveillantes sur Maman Vogue.