Nouvelle vie de maman : 9 mois de grossesse, 9 mois pour s’en remettre !

Nouvelle vie de maman : 9 mois de grossesse, 9 mois pour s’en remettre !

9 mois de grossesse, 9 mois pour s’en remettre. Et je dirais même plus ! Deux mots d’ordre, donc : patience et indulgence. Et ça, je l’ai appris à mes dépends. Parce que j’ai fait tout le contraire. Têtue que je suis.

Il y a bien évidemment eu quelques mots d’ordre glissés ça et là par les copines qui ont vécu le truc avant vous. Repose toi. Dors dès que bébé dort. Tu t’en fiches si l’appart est crade ou mal rangé. Quels kilos en trop ? T’es très bien comme ça. Tu verras ça après.

Et puis il y a moi, vous sûrement aussi. Qui insistons :« si, si, je peux le faire, c’est bon ». Pour tout. S’occuper de bébé. Faire à manger. Marcher des kilomètres. Se remettre au sport. Retrouver une vie sociale. Présenter bébé à toute la famille. La nôtre. Celle de nos conjoints. Aux amis. A la boulangère. Ben oui, en même temps, vous la voyez plus souvent que vos parents.

Petit retour d’expérience et grands conseils (que vous ne suivrez probablement pas, CQFD) pour protéger votre corps et garder l’esprit (le plus) sain (possible) :

  • Profitez de votre grossesse pour préparer votre corps à bien vivre ces bouleversements. Yoga, piscine, stretching, massage : tout ce qui permet de faire de la place à bébé en vous étirant, de protéger vos abdominaux et votre périnée en vous renforçant, et de lâcher prise en vous détendant, est bon à prendre. Avec accord médical et pratique adaptée, of course !
  • (Re)nouez avec l’ostéopathie, avant l’accouchement (pour prendre confiance en votre corps car vous le sentirez prêt à ce qui se prépare, et pour soulager les nerfs qui pincent et les ligaments qui tirent) et après l’accouchement (pour aider à gérer les douleurs du bassin, du sacrum, du coccyx et autres joyeusetés qu’on finira par oublier).
  • Essayez de rester couchée le plus possible dans les premières semaines, pour vous éviter de porter tout le poids de votre corps alors que votre sangle abdominale ne joue plus son rôle de gaine et que vous avez encore la sensation de porter bas votre utérus faute de (feu) périnée solide.
  • N’hésitez pas, quand vous êtes debout, à vous assurer un meilleur maintien en ayant recours à une ceinture de maternité. Comme toute technique de bandage qui aide à resserrer le bassin, soulagement immédiat. J’ai tellement regretté de ne pas l’avoir achetée avant d’accoucher pour l’avoir dès le jour j (modèle préféré – et non sponsorisé).
  • Prenez soin de votre alimentation. Mangez sain et diversifié, des produits riches en fer, des légumes et fruits frais, des fibres, et buvez beaucoup d’eau (ou de tisanes, c’est le moment d’innover). Mettez votre conjoint ou vos ami(e)s à contribution pour cuisiner. En amont, tant que vous êtes encore à la maternité – et zou au congélateur pour avoir moins à faire une fois tout le monde rentré à la maison. Également lors des visites des uns et des autres : demandez-leur de laisser tomber les fleurs (vous n’aurez plus de vase disponible de toute manière) pour leur préférer soupes et autres gratins !
  • Achetez des Boules Quies. Oui, les bébés, même quand ça dort, ça peut faire du bruit. Et non, vous ne risquez pas de ne pas l’entendre s’il pleure. Promis, juré, craché.

  • Continuez à bien hydrater votre peau – ça serait bête qu’elle craque alors que vous pensiez être (si on ne regarde pas de trop près) sauvée des vergetures. Les massages vous aideront à éliminer, le cas échéant, le surplus de rétention d’eau.
  • Acceptez ces derniers petits kilos de grossesse qui s’accrochent et prenez votre temps pour les perdre. Car promis, tout vient à point à qui sait attendre. J’ai repris le sport tôt (dès que j’ai eu finalisé ma rééducation du périnée), sans réel plaisir, par pure discipline personnelle, dans le seul but de retrouver mon corps (ma vie ?) d’avant. J’ai arrêté, déçue de moi, tellement c’était dur. J’ai repris seulement 6 mois après. J’étais cette fois prête physiquement et psychologiquement à respecter mes limites et progressivement les repousser. C’est tellement plus agréable et valorisant. 
  • Essayez de faire la part des choses entre les différentes injonctions personnelles que vous vous fixez. Est-ce que vous devez vraiment faire ceci ou cela maintenant ? En quoi est-ce inacceptable pour vous de ne pas le faire ? Qu’est-ce que vous vous dîtes de vous-même dans ces cas là ? Et promis, j’en mets ma main à couper, quoi qu’il arrive, quoi que vous fassiez : vous n’êtes ni nulle, ni fainéante, ni une mauvaise mère, ni la pire conjointe ever. Et même si on vous avait prédit qu’accoucher à cette période de l’année vous permettrait de profiter des terrasses au soleil, rien ne vous force à vous lancer dans ce qui vous semble être l’ascension de l’Himalaya, avec un bébé de trois semaines à nourrir et changer quand on s’y attend le moins. Ça viendra, les sorties en famille avec aisance et légèreté, celles où l’autodérision aide à faire face à (presque) tout. Rien ne presse.
  • Pleurez. Autant que de besoin. Passez du rire aux larmes. Vous en avez le droit. Vous êtes encore emplie d’hormones, qui vous font vivre (encore et encore) de véritables montagnes russes émotionnelles. Chacun doit trouver sa place au sein de cette nouvelle famille. Et comme tout changement, c’est anxiogène, bouleversant. Y compris quand l’attachement est là et que vous vous sentez chanceuse. Vous devenez mère. C’est exigeant, pour le corps et pour l’esprit.

Donc on souffle un bon coup. Et on dédramatise. Avec une bonne dose de recul et de confiance. Et beaucoup d’empathie pour soi-même. La maternité, c’est un marathon, un ultra trail même. Ménagez-vous des temps de respiration. C’est dans la longueur que tout se joue. Fixez-vous des objectifs raisonnables et révisez les timings au besoin. L’idée, c’est d’avancer. Un pas après l’autre. Vers le prochain enfant. (Blague)

Charline Darmaillacq

Après plusieurs années à sillonner le monde en tant qu'humanitaire, Charline s'est installée à Paris où elle est devenue récemment maman d'une petite fille. En cours de reconversion professionnelle dans la périnatalité (sophrologie et psychologie), elle allie plus que jamais métier et passion.

Ses mots d'ordre ? Témoignage et solidarité. Partager pour aider à son tour d'autres femmes à se sentir moins seules dans cette aventure (folle) qu'est la maternité.