Noël – Que faire quand l’entourage est très (trop) généreux ?

Noël – Que faire quand l’entourage est très (trop) généreux ?

Les décorations de Noël commencent à fleurir dans les vitrines. Les catalogues de jouet s’amoncellent dans les boîtes aux lettres. Et vous voyez déjà arriver le truc gros comme une maison. L’accumulation de paquets au nom de votre enfant au pied du sapin. Votre progéniture couverte de cadeaux. Une course folle à l’achat démultiplié. Comme à son anniversaire, à sa fête, à la rentrée scolaire, à Pâques, ou à chaque réunion de famille. Vos proches ne peuvent pas s’en empêcher. Ils offrent.

Vous, vous êtes plutôt dans une démarche minimaliste. Mettre en place une rotation des (mêmes) jeux (qu’on redécouvre sous une nouvelle facette selon l’âge). Acheter au fur et à mesure pour coller au mieux aux capacités et aux envies du moment. Miser sur la qualité plutôt que la quantité. Privilégier l’occasion en bon état.

Alors ça peut paraître gonfler de râler parce que son enfant est trop gâté par ses proches. Bien sûr que vous le savez, que tout le monde n’a pas cette chance. Même si ça n’est même pas une question d’argent, au fond. Ils veulent juste faire plaisir, quels que soient leurs moyens. Mais pas de la manière dont vous, vous l’envisagez. Pour au final, donc, obtenir le résultat contraire.

Quand ça contrevient à vos valeurs et à vos principes d’éducation, osez poser des limites. Même si c’est plus facile à dire qu’à faire. Sans vexer, sans offenser, sans passer pour les rabats-joies de service. Voici quelques petites astuces pour faire bouger les choses en toute diplomatie.

Expliquez les motivations de vos réticences

Parlez de vos inquiétudes. Que c’est important pour vous que votre enfant apprenne la valeur des choses, d’éviter de l’engager dès le plus jeune âge dans une démarche (sur)consumériste. Que vous ne souhaitez pas encombrer un espace déjà limité, afin qu’il puisse en profiter pleinement et se déplacer librement dans sa chambre.

Expliquez-leur où en est votre enfant dans son développement, qu’ils comprennent que l’achat, à ce stade, n’est pas forcément utile. Vous le savez, vous, que ce qu’il préfère par dessus tout, cet enfant, c’est fouiller dans la poubelles des recyclables, dérouler l’essuie-tout et vider entièrement le sac de couches… Pas du tout s’atteler avec attention à ce nouveau jeu de construction ou à ce super puzzle (dont vous ne feriez bien, vous par contre, qu’une bouchée – en souvenir du bon vieux temps, la maturité et la rapidité en plus).

Proposez des alternatives matérielles

Trouvez l’achat qui ferait sens pour votre famille. Une contribution à un cadeau groupé de valeur ? Un équipement d’extérieur (portique, balançoire, panier de basket), un jeu d’imitation (garage, marchande, bébé et poussette), du matériel d’éveil (busy board, tour d’observation, chariot de marche, planche d’équilibre) – des investissement durables dont votre enfant profitera longtemps. Un abonnement à un magazine ou à une box de littérature jeunesse ? Les livres sont bien les rares objets que vous acceptez d’accumuler ! Orientez vos proches vers des choses qui ont leur place dans votre foyer.

Introduisez l’idée de l’immatériel

Insistez sur le fait qu’un temps de qualité passé avec votre enfant est le plus beau cadeau qu’ils pourront lui faire. Cela peut prendre la forme de tickets d’entrée dans des parcs d’attraction ou de musées auxquels ils s’engagent à l’emmener. Ou de bons d’achat transport pour vous permettre de financer un trajet jusqu’à chez eux, le temps d’un week-end ou lors de vacances. Ou d’une liste d’activités à faire ensemble avec un système de jetons – votre enfant pourra, quand il le souhaite, solliciter auprès d’eux une chasse aux trésors, un atelier pâte à sel, ou un cours de cuisine – ou juste un câlin.

Rencontrez-les à mi-chemin

Laissez-vous surprendre. Oui, vous ne lui auriez JAMAIS acheté ce jouet qui fait plein de bruit et plein de lumière. Mais qu’est-ce que ça l’intrigue quand même… Et vous offre ces dix minutes de répit où votre enfant joue SEUL et où vous pouvez prendre votre café (tiède – et c’est déjà mieux que froid).

Si vous leur demandez de vous comprendre, faites également un pas vers eux. Il n’y a, dans la plupart des cas, aucune volonté de nuire dans leur démarche. Sûrement un peu de maladresse. Beaucoup de différence d’appréciation. Rien qui ne mette vraiment en péril votre projet d’éducation. Car votre enfant tirera profit de cette diversité de réactions, de comportements, de valeurs. Il se construira grâce à ça. Grâce à vous, en grande partie grâce aux autres.

En conclusion : pédagogie, communication non violente, prise de recul, cohérence cardiaque. Et joyeux noël 😉 

Photo : @allthebeautifulthingsblog

Charline Darmaillacq

Après plusieurs années à sillonner le monde en tant qu'humanitaire, Charline s'est installée à Paris où elle est devenue récemment maman d'une petite fille. En cours de reconversion professionnelle dans la périnatalité (sophrologie et psychologie), elle allie plus que jamais métier et passion.

Ses mots d'ordre ? Témoignage et solidarité. Partager pour aider à son tour d'autres femmes à se sentir moins seules dans cette aventure (folle) qu'est la maternité.