Miroir, miroir : dis moi que je suis une bonne maman !

Miroir, miroir : dis moi que je suis une bonne maman !

Liberté, liberté chérie ! En 2018, dans nos sociétés, nous pensons être libres…

Nous pensons avoir acquis notre liberté vitale : de penser, de vivre, d’être et d’éduquer nos enfants comme bon nous semble.  Cependant, nombreuses sont les mamans qui témoignent de la pression au quotidien qu’elles subissent ou qu’elles se mettent quant à nos chères têtes blondes. Le matin, quand nous nous regardons dans le miroir ou le soir après le coucher des enfants, la sempiternelle question revient nous hanter : est-ce que je suis une bonne maman ? Question perverse car encore faut-il savoir pour qui nous nous posons cette question, viscéralement bonne pour autant.
Pour qui ? La société, les autres mamans, nos enfants, pour moi ?
Et face à cette question, souvent le miroir semble nous répondre : non pas assez ou alors non, il y a ton amie Caroline qui est meilleure que toi. Cette question peut donc être prise sous le mauvais angle, celui de la sacro-sainte performance.
En effet, le diktat de la performance dans lequel nous baignions quotidiennement vient, visiblement, s’inviter dans nos cœurs de maman : est-ce que mon enfant correspond aux critères de la normalité et du bien-être définis par les médias, les écoles & Co ?
En réalité, à la fin de la journée on se demande si son enfant a été « performant » : combien de choses a-t-il apprises, combien d’amis et d’invitations a-t-il, combien d’activités extra-scolaires a-t-il, combien mesure-t-il, combien pèse-t-il, combien de crises et de colères ai-je du gérer, combien de fruits et légumes bio a-t-il mangé ? Ainsi l’image que nous renvoie nos enfants, peut devenir impitoyable et carrément désespérante !

Le juste regard sur soi-même : clé de la confiance

Face à ces pressions d’avoir des enfants qui vont font bien : instruits, sages et propres, nous avons perdu probablement notre première liberté : notre liberté intérieure. Méconnue  car elle ne se manifeste pas par des réussites et performances visibles chaque jour et sur chacun de nos enfants, elle est pourtant notre première force vive !

Cela demande de se placer chaque jour devant son miroir sous le regard ajusté de notre conscience et de notre cœur. À la question : « Miroir, miroir, suis-je une bonne maman », la question serait donc : « Miroir, miroir, malgré mes limites et avec toutes mes forces, me suis-je donnée de mon mieux aujourd’hui pour mes enfants ? Dans cette question, deux mots sont importants : « limites », « donner ».  Deux termes devenus bien incongrus !

Accepter ses limites : c’est reconnaître que nous ne sommes pas parfaits et ça tombe bien parce que, ton amie Caroline, non plus, ne l’est pas. C’est accepter de ne pas souhaiter des enfants parfaits.  C’est aussi donner un sens à la performance, qui demande de faire de son mieux avant de vouloir voir la réussite. Enfin c’est aussi une ouverture à la tolérance et au pardon. Se pardonner ses propres limites, c’est aussi pardonner les limites de nos enfants, de nos amies, de nos voisines, de nos familles, de nos maitresses et de notre société.
Se donner : La tendance du « j’ai besoin de » pour mon équilibre est aussi probablement faussée dans le sens où l’on peut oublier ce qui nous rend fondamentalement heureux : le don de nous même aux autres et en particulier à nos enfants. Ces besoins personnels, profondément légitimes pourtant, peuvent perdre de leur finalité et s’auto-centrer sur notre bien-être oubliant ainsi l’inévitable lien de dépendance que nos enfants ont envers nous. Dépendance, qui nous force à sortir de nous-mêmes, à pouvoir nous oublier parfois et surtout à recevoir notre bonheur et notre bien-être du don de nous-mêmes à nos enfants.

Alors peut-être que la vraie révolution de 2018 sera de gagner cette liberté intérieure ! Libérées, délivrées !
Vive les enfants, qui ne savent pas tout – qui ne sont pas toujours sages – qui sont souvent sales – qui sont profondément heureux, aimés dans leurs limites  et qui ont appris à aimer leurs parents dans leurs limites aussi.

Et ils eurent beaucoup d’enfants et ils vécurent longtemps heureux ….

Marie-Gabrielle Gerard
maman de deux petites filles et consultante en communication

© photo Orlane-photos.com