Mères de famille: quand la société nous juge sur nos choix

Mères de famille: quand la société nous juge sur nos choix

Mères de famille: quand la société nous juge sur nos choix

La vie est faite de décisions

La vie est faite de décisions et dès l’adolescence, nous devons prendre les nôtres : choix d’une filière pour le baccalauréat, puis choix d’une faculté ou d’une école, choix d’un futur métier… Quels qu’ils soient, excepté nos propres parents, nul n’a vraiment son mot à dire et nos choix sont bien souvent favorablement envisagés.

« Il n’y a pas de sot métier », « Il faut de tout pour faire un monde », ou encore « Un métier manuel qui rend heureux vaut mieux qu’un métier intellectuel -bien payé- qui fait mourir d’ennui ». Tout est fait pour encourager les jeunes dans leur avenir !

Et puis un jour, l’on choisit l’homme avec qui l’on construira sa vie d’adulte. Et, quelques mois ou années après, naît notre premier enfant…

La société est-elle aussi conciliante avec les mères de familles qu’avec les jeunes filles qu’elles étaient quelques années plus tôt ?

Pendant la grossesse

Dès l’annonce de la grossesse, l’on entre dans un système de questionnement binaire qui n’aura de cesse de faire rentrer la future mère dans des cases. Aux questions ouvertes du passé : « Que voudrais-tu faire plus tard ? » succèderont des interrogations beaucoup plus précises, qui n’accepteront que deux types de réponses : « oui », ou « non »; un terme, ou son inverse. Des questions telles que:

« Demanderas-tu le sexe ou garderez-vous le secret ? »

« Choisiras-tu une péridurale ou un accouchement naturel ? »

« Allaiteras-tu ton bébé ou donneras-tu le biberon ? »

bebe maman vogue

De chacun de nos choix naîtra un jugement, directement assumé ou plus implicite, de notre interlocuteur. Et à chacune de ces questions (que nous entendrons parfois des centaines de fois) un jugement sera énoncé. Chacun de ces jugements forgera des statistiques implicites sur ce qu’il convient de faire de nos jours, sur les comportements en vogue et ceux en marge, et en fonction, nous serons jugés comme une mère au « bon » comportement, ou non. Les mères d’hier compareront nos méthodes avec les leurs et ne manqueront pas de nous abreuver de conseils ou recommandations, non pas dans le but de nous aider à bien faire, mais davantage dans celui de légitimer le comportement différent qu’elles ont pu, elles, adopter à une autre époque… 

« Quand ma belle-mère m’a demandé si je couchais mon bébé sur le ventre ou sur le dos, elle n’a pas bien pris le fait que je respecte les préconisations du médecin. Pour elle, coucher son enfant sur le ventre est une solution meilleure et j’ai senti, sans exagérer, que je baissais dans son estime. »

Et après la naissance?

Malheureusement, la naissance ne met pas fin à ce système malsain; seules les questions changent, avec toujours pour effet inconscient de nous culpabiliser : il y aura les mères-poules, qui ne sauront pas couper le cordon, les mères castratrices, qui frustreront trop leurs enfants, et les mères trop indépendantes, qui les abandonneront pour reprendre le travail ou du temps « pour elles » …

« Le faites-vous dormir dans votre chambre ou dans la sienne ? »

« Le laisses-tu un peu pleurer ou te précipites-tu au moindre chouinement ? »

« Prendras-tu un congé parental ou retournes-tu tout de suite au travail ? »

« Crèche ou nourrice ? »

« Pouce ou tétine ? »

« Echarpe ou porte-bébé ? »

mamanEvidemment, le père prendra part aux décisions parentales, mais ce n’est pas à lui que seront posées les questions, et les jugements des autres lui paraîtront souvent bien peu dignes d’intérêt, contrairement à la mère qui prendra toujours les choses trop « à coeur », de la même manière que c’est elle qui aura porté l’enfant en son sein et non son mari…

Puis, quelques années plus tard, l’on entendra :

« Ecole publique ou école privée ? »

« Déjeuner à la cantine ou à la maison ? »

« Centre de loisirs ou vacances en famille ? »

Sans compter les questions autour des activités de l’enfant : cours de sport, musique, langue, catéchisme, théâtre, en fera-t-il trop ou pas assez ? Comment se situera-t-il par rapport à sa catégorie d’âge et par rapport aux courbes et normes que l’on voudra bien nous présenter ? Fera-t-il ses trajets seul ou accompagné ?

« Maman de quatre enfants, j’ai toujours eu l’impression qu’à chacun de mes choix, je faisais une erreur. Je travaillais trop, puis quand j’étais à la maison je les couvais trop. Je les gâtais trop, mais je les frustrais aussi, et puis je ne les ai pas allaités, ce qui a suscité de vives réactions autour de moi… »

La bonne attitude

Il est important de se convaincre que les comportements des mamans ne regardent en rien les gens qui s’en mêlent, même parmi nos proches (ne dit-on pas que l’enfer est pavé de bonnes intentions?), et nos choix doivent être assumés quels qu’il soit. La fragilité des mères prend suffisamment de place (à cause des hormones, de la fatigue, ainsi que des nombreuses contraintes temporaires et matérielles du quotidien) pour que des personnes extérieures viennent apporter leurs jugements, à l’exception des spécialistes de l’enfance soigneusement consultées et en état légitime de nous conseiller.

La personne la plus à même de savoir ce qui est bon pour son enfant et pour elle sera toujours la mère, vous-même.

Alors, en devenant maman, vous ferez-vous confiance ou faiblirez-vous ?

 

Maëlle Margail

©Virginie Hamon

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Avant d’être maman je ne pensais pas que je serais capable de faire tout ça