Ma mère est toxique, comment j’ai fait pour trouver mon identité de mère

Ma mère est toxique, comment j’ai fait pour trouver mon identité de mère

Pour planter le décor, j’ai une mère toxique. C’est déjà très particulier …

Il m’a donc fallu apprendre à me détacher d’elle et de ses jugements sympathiques pour pouvoir construire ma propre histoire puis ma maternité. Il ne s’agit donc pas de tout nier en bloc comme une adolescente rebelle !

Au début de notre mariage, je me disais que, c’était derrière moi.

Erreur car rien que le nom de jeune fille me rattache à mes parents !

Trouver mon identité de mère

Il m’a été très difficile de trouver mon identité de mère alors que pourtant je savais très bien m’occuper des enfants, mais dans l’intime avec l’affect et le lien de sang qui entre en jeu c’est tout autre chose.

Pour ma mère, il fallait que ça tourne, on s’attardait pas pour les sensibleries et je me suis toujours dit que je devais déranger le moins possible ; jusqu’à camoufler les bêtises de mes frères.

Aussi, j’ai commencé par reproduire ce schéma finalement en étant dure mais petit à petit j’ai revécu et je revis, par mes enfants, toutes ces fois où j’aurais aimé qu’on lâche tout pour moi, juste deux minutes. Qu’on lâche les packs de lait sortis du coffre, et qu’on me prenne dans les bras parce que j’avais été vexée d’une taquinerie de mon frère … et tant pis si on déjeune en retard.

Ma relation avec mes enfants

La rentrée en sixième de ma seconde a été éprouvante. Pour elle d’abord, bien sûr : stress, doute, adaptation difficile au changement de rythme et de trajet …

Puis pour moi, j’ai vécu de nouveau mon entrée en 6ème !! A 40 ans ! : « Mais ma fille qu’est ce que ce sera quand tu passeras le bac?  Tu vas quand même pas dormir avec nous à 11 ans !! » alors que je me présentais devant leur chambre, désemparée et angoissée en pleine nuit. Je n’ai pas dormi de la nuit.

Ma fille s’est présentée devant notre lit (je suis sortie de la maternité le jour de la rentrée; et je profitais du dernier né dès toute la tribu couchée, donc tôt) pour échanger avec moi et y trouver le réconfort dans cette pièce où l’on n’entre pas comme dans un moulin. Elle s’est plusieurs fois endormie à côté de son frère et moi, ma main dans la sienne, rassurée. Bien apaisée je pense, car même les biberons nocturnes ne l’ont pas réveillée !

Cette chambre est ce cocon, que moi j’aurais aimé avoir et dont j’ai besoin.

Souffler à l’oreille, à certains de mes enfants qui doutent d’eux, au moment du départ à l’école : « bonne journée ! Je crois en toi et je t’aime » me bouleverse. Ça sort naturellement de ma bouche,  c’est mon job mais je suis au bord des larmes : mère mais encore fille …

Pour mes parents, on est une bonne mère quand on ne travaille pas, qu’on allaite et qu’on accouche sans péri !

Rien qu’à écrire c’est drôle !! Mais à vivre beaucoup moins !!

« Mais tu n’allaites pas ? » « bah si, je lui donne du lait !! Si on regarde bien la définition ! Mais au biberon !! »

Même mon père !!

Au fur et à mesure, j’ai adopté ma nouvelle carte d’identité de mère. Les naissances successives aidant.

Et j’ai assumé pleinement ce que je suis.

Oui, je pleure comme une madeleine quand je reprends le travail que, pourtant, j’aime et que je dois confier mon tout petit à une femme qui a forcément plein de défauts (rhoo !! ces théories de crèche franchement, et l’objet transitionnel, et … !!)

Oui, je m’agenouille devant mon enfant pour le prendre dans les bras quand il a un chagrin parce que c’est un élan du cœur, parce que c’est tellement dur de manquer de tendresse. Et que ça ne se rattrape pas !

Chaque grand moment de la vie pour mes enfants (rentrée scolaire, choix des fournitures, premier maillot de bain une pièce, premier trajet seul …) me ramène systématiquement à mon enfance. Et m’interroge : si moi j’y parviens alors que je ne suis pas extraordinaire, pourquoi ma mère n’a pas su ? Je ne veux pas lui ressembler.

C’est parfois très angoissant car j’ai tout à inventer mais c’est aussi l’occasion pour moi de me bonifier, de grandir encore. Et c’est ici et maintenant que cet enfant qui m’est confié a besoin de moi.

De tous ces manques, j’ai choisi d’en faire une force, un avantage à offrir à chacun de mes enfants (et à moi même finalement) plutôt que de ruminer ce que je n’ai pas.

Et cette phrase, un jour née en moi « des paroles qui font grandir ou le silence » me guide quand c’est dur. Pour mes enfants, pour mes élèves, même parfois dans des échanges avec mes pairs.

Choisis la vie, ouvre ton cœur !

 

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