Maman, je peux regarder un dessin animé ?

Maman, je peux regarder un dessin animé ?

Le dessin animé. L’écran de télé ou maintenant d’ordinateur, de tablette ou de smartphone. Il y a les anti et les mamans rompues à l’exercice, il y a celles qui se méfient des écrans mais qui autorisent quelques exceptions à leurs petits loups, en cas d’extrême urgence ( !).

On ne vous dira pas que planter son marmot devant un dessin animé est bon, loin de là, mais nous sommes toutes les mêmes et il y a des moments où l’on a bien envie de craquer et de choisir la facilité. L’écran, leur meilleur ennemi, un allié de choix pour les après-midi pluvieuses ou les voyages en train stressants.

Et si on faisait le point sur les conséquences réelles des écrans pour un enfant ? Quels sont les comportements vraiment dangereux à terme ? Peut-on s’autoriser quelques exceptions sans culpabiliser ? Comment et quand tolérer un petit dessin animé ? Maman Vogue a mené l’enquête et déchiffré les dernières études de pédopsychiatrie pour vous éclairer.

Que se passe-t-il quand l’enfant regarde un écran ?

Si l’écran est nocif pour nos têtes blondes, c’est qu’il capte l’attention immédiate [non-volontaire, sans effort, presque archaïque] de l’enfant, au détriment de l’attention soutenue, volontaire. Celle qui permet d’imaginer, de se concentrer. Solliciter l’une revient systématiquement à inhiber la seconde.

Un film ou dessin animé envoie des stimulus visuels et sonores ultra rapides et changeants qui épuisent l’attention et les ressources cognitives de l’enfant au bout de 15 minutes. Et de son attention soutenue, il en a fondamentalement besoin pour bien grandir. Sans oublier que le temps passé devant un écran est du temps qui n’est pas consacré au reste (échanges familiaux, franche discussion pendant un repas, activités en 3D etc.)

Ainsi planter son enfant devant un écran dépasse le simple spectre de la violence et de l’agressivité. Ce sont tous les champs de la concentration, du langage, de la réussite scolaire, du sommeil qui sont impactés.

Le petit enfant et l’écran, pourquoi faut-il être vigilant ?

  • Entre 0 et 8 ans, nous, parents, jouons un large rôle dans la détermination des habitudes futures de nos enfants.
  • Limiter les écrans, c’est d’abord favoriser les compétences essentielles des enfants ! Activités motrices, en 3D, dans le réel, graphisme etc.
  • C’est aussi une intense période d’activité et de plasticité cérébrale, au cours de laquelle toute expérience impacte décisivement le développement social, cognitif et émotionnel de nos enfants.

Quelques points clefs :

Attention à la fréquence

Le danger des écrans réside davantage dans la fréquence et la répétition que dans le temps de visionnage : aussi un petit dessin animé une fois par semaine de 10 minutes fait moins de dégâts qu’une mini séance 5 minutes par jour. Pour les plus petits, il existe des formats très courts de 3 minutes environ.

Pas d’écran au réveil

Pas le matin. Un dessin animé, pourquoi pas de temps en temps, mais pas à n’importe quel moment. Evitez le plus possible 2 moments sensibles que sont le matin au réveil et le soir avant le coucher. Le matin, puisque cela capte d’emblée les capacités de concentration des enfants, au moment même où ils devraient la réserver pour l’école, les activités. Ils arrivent à l’école avec une attention déjà fatiguée. Le travail scolaire est inévitablement impacté.

Pas d’écran avant de se coucher

Pas d’écran le soir, puisque la lumière bleue diffusée par les écrans inhibe la production de mélatonine, cette hormone régulatrice du sommeil (et cela vaut aussi pour les parents !).

Pas d’écran pendant les repas

Jamais pendant les repas ! D’une part, il est prouvé que regarder un écran limite la sensation de satiété et favorise l’obésité infantile, d’autre part les échanges familiaux sont plus pauvres.

Trop d’émotions non contrôlées

Surveillez bien ce que vous montrez à vos bouts de chou. Choc, le court métrage Mon ami Charly révèle les effets néfastes du zapping sur les enfants, encore trop jeunes pour gérer leurs émotions et encaisser ce qu’ils regardent. Et puis, l’enfant apprend en imitant. Une image violente manipule le cerveau émotionnel de l’enfant. Peu importe le discours rassurant/le recadrage des parents après-coup.

Les écrans, ennemis de la paix des familles ?

Les études montrent davantage de conflits parents-enfants quand l’attention des parents est régulièrement absorbée par leurs tablettes, ordinateurs ou portables. Tout comme la transmission de savoirs et la pédagogie parentale est moins efficace quand ces derniers sont interrompus au téléphone.

A partir de quel âge ?

Evidemment… le plus tard est le mieux. Dans une famille nombreuse, il est plus dur de cacher un écran aux petits derniers, quand ils jouent dans les pattes des plus grands. Globalement, il est recommandé d’éviter strictement tout écran avant 2 ans, de les limiter au maximum jusqu’à 3 ans. Aucune étude ne prouve les bienfaits des écrans dans le développement des tout-petits, mais 7 études ont prouvé les possibles retards de langage chez les enfants de moins de 2 ans exposés à la tv ou jeux vidéos. Lire l’article bébés, enfants et les écrans ?

La règle des 3-6-9-12, du psychiatre Serge Tisseron

  • Pas d’écran avant 3 ans, pas de console de jeu avant 6 ans, pas d’internet avant 9 ans, pas de réseaux sociaux avant 12 ans !
  • Avant 3 ans, l’enfant a besoin de construire ses repères spatio-temporels
  • De 3 à 6 ans, l’enfant a besoin de découvrir toutes ses possibilités sensorielles et manuelles
  • De 6 à 9 ans, l’enfant a besoin de découvrir les règles du jeu social
  • De 9 à 12 ans, l’enfant a besoin d’explorer la complexité du monde
  • Après 12 ans, l’enfant commence à s’affranchir des repères familiaux.

Contrairement aux idées reçues, l’influence négative d’un écran n’est pas uniquement liée aux contenus qu’il transmet.

Un documentaire sur les flamands roses en Ouzbékistan ou l’histoire de France n’est pas moins nocif qu’un jeu vidéo qui n’apprend rien. Le problème qui se pose dans ce cas reste celui de l’attention, et celui du « temps volé ».
Le mécanisme fonctionnel est alors assez simple : les écrans ont une influence délétère quand ils apportent à l’enfant des stimulations cognitives, physiques ou sociales plus pauvres que celles potentiellement contenues dans son environnement physique.

Cela est presque toujours le cas. Et cela impacte invariablement le sommeil, l’exercice physique ou le développement du langage.

 

 

Et, non, mauvaise nouvelle, contrairement aux idées reçues, il n’y a pas de contenu vraiment pédagogique pour les tout-petits. Jusqu’à 2 ans, pendant cette période sensible qualifiée de « sensori-moteur » par le psychologue Jean Piaget, leur compréhension d’un univers en 2-D est très limitée. Les tout-petits seront en mesure de reproduire des paroles ou des comportements de personnages virtuels mais en aucun cas d’acquérir de nouveaux savoirs (résoudre un puzzle sur une tablette, jouer au memory, apprendre les couleurs, etc.). « A cet âge, le contrôle de l’attention et la pensée symbolique des enfants sont trop immature pour que les enfants convertissent ce qu’ils voient sur un écran à la vie réelle en 3D ».

TV et langage. Entre 8 et 16 mois, chaque heure quotidienne de vidéos soit disant adaptées aux très jeunes enfants se traduit par un appauvrissement du lexique de l’ordre de 10 %. De même, chez des sujets de 2 à 4 ans, deux heures quotidiennes de télé commerciale (à peu près la consommation moyenne pour cette classe d’âge) aboutit à multiplier par trois les probabilités d’observer des retards de développement du langage. Si l’enfant est exposé quotidiennement avant un an, même à faible dose, le risque est multiplié par six.

 Lire l’article bébés, enfants et les écrans ?

 

 

Merci à M.-C. B., interne en psychiatrie et passionnée de pédopsychiatrie pour ses lumières.

Sources :

Increased Screen Time Implications for Early Childhood Development and Behavior – Jenny S. Radesky, MDa,*, Dimitri A. Christakis, MD, MPHb

Effets de l’exposition chronique aux écrans sur le développement cognitif de l’enfant B. Harlé, M. Desmurget

Serge Tisseron,  « Apprivoiser les écrans et grandir : La balise 3-6-9-12 »

Charlotte de B

Consultante et rédactrice pour la presse généraliste, la curiosité de Charlotte n'a d'égal que sa gourmandise. Toujours à l'affut de portraits ou lectures inspirantes, conseils déco, mode ou bien-être, elle vous régalera d'idées adaptées aux mums comme aux tout-petits. Heureuse maman de 3 loupiots.

 

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